Simone Veil, il y a quelques mois, expliquait à un public de gynécologues que son combat pour l’émancipation de la femme n’était pas terminé et quelle devait le continuer même à la maison, son mari n’ayant pas encore complètement perdu l’habitude, en rentrant le soir, de lui demander ce qu’il y avait à dîner.

 
Eve (Van Eyck) Au même moment, une certaine Fanny Truchelut était condamnée par un tribunal à quatre mois de prison avec sursis et à verser plus de huit mille euros pour avoir demandé à une cliente (en réalité, une militante islamiste en service commandé) de bien vouloir ôter son hijab dans les parties communes de sa maison dhôte (le « Gîte des Vosges »). Dans cette histoire, Fanny se voyait par la même occasion contrainte de dire adieu à sa maison d’hôte ainsi quà sa vie de couple. Enfin, depuis le début de l’affaire, elle avait été et continuait d’être insultée et traînée dans la boue, en salle daudience comme dans la presse, par toute une meute d’aboyeurs pétris de bonne conscience militante « de gauche », « antiraciste », etc.
 
Dès la prononciation du verdict, une certaine Caroline Fourest publiait un article pour approuver la décision du tribunal. Par la suite, sur un plateau de télévision, elle sen est justifiée en expliquant quil importait davoir une jurisprudence interdisant aux propriétaires de gîtes, maisons d’hôte et autres lieux daccueil de refuser une cliente voilée, faute de quoi certains pourraient tout aussi bien refuser, demain, daccueillir un couple d’homosexuel(le)s.
 
Je suis un peu perplexe de voir présenter un peu partout comme « militante féministe » un garçon manqué qui, dans le souci de pouvoir en tout lieu afficher ostensiblement sa préférence sexuelle (une préférence pas vraiment typique dune femme), cautionne le lynchage verbal d’une femme (seule) par les tenants d’une idéologie hyper-sexiste et leurs étranges séides (en majorité des hommes). Voilà qui ne correspond pas à lidée que je me fais dune militante de la cause féminine.

Caroline Fourest est une militante homosexuelle. Une militante féministe, ce serait plutôt Simone Veil, dont la contribution à lémancipation des femmes est autrement plus tangible. Même si elle porte un manteau de fourrure (beurk !) et même si elle a un homme d’affaires de mari qui aime mettre les pieds sous la table.
 
 

Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire

Le 14 juillet dernier, me rendant aux festivités organisées par ma municipalité, j’avais eu une mauvaise surprise : le parc verdoyant choisi pour la circonstance résonnait tout entier du vacarme d’une sono. Ayant rencontré le plus haut responsable politique de la ville, je lui avais demandé s’il était vraiment nécessaire de remplir ainsi l’espace de décibels et de vibrations. J’avais alors obtenu cette réponse :
« Il en faut pour tous les goûts ! » Ma compagne ayant cru devoir lui préciser que j’étais féru de musique classique, il avait ajouté : « Vous n’allez jamais au conservatoire ? »

Essayons de comprendre : le brillant énarque tenait-il pour acquis que deux heures de vacarme en prélude aux feux d’artifice étaient ce qu’exigeait le public ? Se souciait-il de satisfaire « tous les goûts » sauf le mien ? Partageait-il lui-même le « goût » qu’il supposait être celui de ses administrés ? Considérait-il que l’espace public appartient aux sourds, et qu’un mélomane aux oreilles sensibles est censé rester cloîtré chez lui cette nuit-là, faute d’un conservatoire ouvert en cette période de l’année ?

(J’ai vérifié, il n’y avait aucun concert au conservatoire ce soir-là : mince alors !)

Bosch (l'Enfer, détail) Il m’avait paru vain d’essayer d’expliquer à notre technocrate que je remettais en cause non pas le style de musique - e
n l’occurrence, le répertoire du groupe était plutôt de bon goût - mais l’amplification outrancière. Même Mozart, à ce degré de distorsion, ne serait plus de la musique mais du bruit. Je crois aussi qu’un sondage auprès du public concerné aurait réservé à ce monsieur quelques surprises.
 
Quant aux « goûts » pour lesquels « il en faut », il me semble que le grand public accepte généralement ce qu’on lui donne, la plus belle musique comme la plus mauvaise. Quoi qu’il en soit, il serait certainement plus digne, de la part d’un responsable politique, de préjuger en faveur de la première que de la seconde.
 
En 1749, à Londres, près de 12 000 personnes avaient suivi la répétition en plein air de la musique de Haendel pour les feux d'artifice royaux...
 
...Combien de watts, la sono ?
 
 

Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire

L’ouvrage de Charles Patterson Eternal Treblinka (2002) est enfin paru en français (Un Éternel Treblinka, Calmann-Lévy, 2008). L’historien américain traite d'une question extrêmement polémique : le rapport qu’entretient l’être humain avec les autres espèces vivantes, conscientes et sensibles. Comme l’a écrit Milan Kundera, c’est là la question morale fondamentale, si fondamentale que tout le reste en découle.
 
Un Éternel Treblinka est un hommage à Isaac Bashevis Singer (le titre est tiré d’une de ses nouvelles).
 
Pour ces créatures, tous les humains sont des nazis ; pour les animaux, c'est un éternel Treblinka. Isaac Bashevis Singer (The Letter Writer)

Le rapprochement entre notre façon de traiter les animaux et la Shoah – un tabou que l’écrivain de langue yiddish et prix Nobel de littérature lui-même a été le premier à briser – n’a pas fini de faire hurler un certain nombre d’esprits rigides qui tiennent absolument à maintenir, au mépris des évidences scientifiques les plus criantes, une frontière bien nette entre l’espèce « des Seigneurs » (la leur) et l’ensemble des autres espèces animales, toujours considérées comme inférieures.

"À Auschwitz, nous étions comme des animaux", déclarait Simone Veil dans les années soixante-dix. En vertu de quelle logique cette comparaison entre les déportés et les animaux vaudrait-elle uniquement lorsqu’elle est formulée de gauche à droite ? Autrement dit, comment peut-on trouver naturel de comparer les camps de concentration aux abattoirs ou aux élevages en batterie, et scandaleux de comparer les derniers aux premiers ?
 
Auschwitz commence lorsque quelqu'un regarde un abattoir et se dit : ce ne sont que des animaux. Theodor Adorno

Patterson nous montre que la Shoah est historiquement et techniquement liée à l’industrialisation des élevages. Nous découvrons par exemple qu’Henry Ford, responsable d’une propagande antisémite sans précédent, avait conçu l’idée du travail à la chaîne après avoir visité un abattoir ; que les massacres de Katyn ont eu lieu pour partie dans des abattoirs ; et qu’Hitler avait confié la responsabilité de la "Solution finale" à un éleveur de poulets.
 
Au passage, l’auteur tord le cou une fois pour toutes à certains mythes encore entretenus de nos jours par une certaine presse, notamment les prétendues lois nazies en faveur des animaux et le prétendu végétarisme d’Hitler.
 
Ce que les nazis ont fait aux Juifs, l'Homme le fait à l'animal.  Isaac B. Singer (Ennemies) 

Il serait temps que nous comprenions que, lorsque nous pratiquons une discrimination morale entre notre espèce et les autres, la logique qui est à l’œuvre est très précisément celle qui a si souvent conduit les hommes à pratiquer une discrimination entre leur propre groupe d’appartenance et d’autres groupes ethniques, avec les conséquences que l’on sait. Certes, une telle remise en question de notre conception anthropocentrique du monde n’est pas une petite affaire, car elle va à contre-courant de toute l’Histoire humaine (comme le montre l’auteur, l’asservissement des animaux a servi de modèle à l’asservissement d’autrui). Elle n’en est pas moins indispensable. Rappelons encore cette parole de Tolstoï : « Tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille. »
 
Clair, sérieux, bien documenté, original et sans équivalent, ce remarquable essai de Charles Patterson ne saurait être ignoré de quiconque se refuse à penser le monde avec des œillères.





Voir les 5 commentaires - Ecrire un commentaire

... ou comment (ne pas) se faire avoir par les banques dans les deux sens

Si jamais vous envisagez de recourir prochainement à un prêt immobilier, il ne serait point sage que, pour obtenir votre crédit, vous fonciez… tête baissée – même si l’organisme prêteur est réputé dans ce domaine, et même si c’est sur la recommandation de votre banquier, de votre assureur, de votre curé ou de votre meilleur ami.

Ne faites pas confiance au « conseiller » (tiens, pourquoi appellent-ils ainsi leurs commerciaux ?) qui vous vante – donc vous vend – le contrat. Surtout s’il s’agit d’un prêt à taux révisable. Vous risqueriez de faire bientôt partie des cohortes qui rejoignent le « Collectif des clients trompés par XX XXXXXX XXXXXXXXX ».

En général, dès le contrat signé, fini le contact personnalisé. Désormais, votre contact s’appelle "service clientèle" et il est purement téléphonique (et à 0,XX euros la minute).

CF-22D.jpg Si vous avez de l’argent à placer, soyez prudent aussi. On se souvient d’un certain produit d’épargne, il y a quelques années, proposé à grand renfort de publicité très alléchante par une institution qui inspirait d’autant plus confiance qu’elle était censée être, de par sa nature même, au service du public. Le moins qu’on puisse dire est que les épargnants n’ont pas été épargnés ; ou si l’on préfère, que l’opération ne leur a pas été aussi… bénéfique que ce qu’on leur avait fait miroiter.

Dans ces deux affaires, ce qui me frappe, c’est surtout le cynisme avec lequel, face à de simples particuliers, un organisme privé ou même public peut exploiter un rapport de forces qui lui est extrêmement avantageux. Je ne veux pas parler seulement de la tromperie initiale, mais aussi de l’attitude de ses représentants vis-à-vis des clients abusés.

Je ne citerai pas de noms.

 





Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Le Blog de Marcoroz

Marcoroz

Blog : Actualité sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus