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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 23:26


Dans les années quatre-vingt-dix, un pavé signé d’un obscur petit professeur de philosophie norvégien, « Le Monde de Sophie », a connu un succès aussi admirable qu’immérité. La clé de ce succès se résumait à l’idée de présenter un manuel de philosophie sous la forme d’un roman, ou plutôt d’une sorte de conte dans lequel la vie quotidienne d’une petite fille, grossièrement tournée en parcours initiatique, servait de fil conducteur.

En réalité, l’enseignement de la philosophie proposé à travers le livre en question restait, sur le fond, d’une banalité aussi désespérante que la narration qui en était le prétexte. N’est pas Lewis Carroll qui veut. Jostein Gaarder Le monde de Sophie

Par la suite, l’auteur de cet indigent best-seller n’a pas trouvé d’autre moyen de renouveler son exploit commercial médiatique que de prendre part à la curée ayant suivi la conférence de Durban. Dans un torchon paru dans la presse locale, Baader Gaarder s’en est pris avec une violence inattendue, à travers l’État d’Israël, au « peuple élu ». Comme tout adepte du « nouvel antisémitisme », il y a mis les précautions d’usage qui lui permettaient de se revendiquer « anti-sioniste ».

Pouvait-on vraiment être surpris ? En réalité, il existe entre les deux productions scripturales de ce monsieur un lien certain. À qui a des difficultés à l’apercevoir, je ne peux que conseiller la lecture de mon article « Pour eux, c’est toujours Treblinka », ou mieux encore, de l’ouvrage de Charles Patterson auquel cet article faisait référence.

Pour faire court, Gaarder, dans son « Monde » comme volonté de décérébration, avait consciencieusement repris à son compte ces assertions grossières auxquelles toute « Éducation nationale » qui se respecte veille à ce que pas un seul élève n’échappe : « L’animal agit par instinct », « l’animal ne sait pas qu’il existe », « l’animal ne sait pas qu’il va mourir », etc. Quant aux philosophes qui, au cours, de l’Histoire, n’ont pas suivi cette tendance, il les avait négligés ou ignorés. Nietzsche, un des plus grands génies de la pensée des « temps modernes », était même carrément oublié !

Je reviendrai dans un prochain article sur cette curieuse discipline scolaire que les apprenti-socialisés découvrent en phase classe terminale et que l’on appelle la « philosophie ». Ce qu’il importe de comprendre ici, c’est qu’entre 1991 et 2006, le bonhomme triste sire n’a pas changé. Il est simplement passé de la négation des animaux en tant qu’êtres sensibles à la négation des Juifs en tant que peuple porteur d’une vocation particulière, c’est-à-dire de la justification implicite des abattoirs à celle des camps d’extermination.

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Published by Marcoroz - dans Philosophie
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commentaires

Tietie007 03/01/2011 08:28


La vulgarisation est toujours une forme de trahison, pour les clercs ... Coppens est détesté par les préhistoriens et Reeves par les astrophysiciens !


Marcoroz 03/01/2011 16:04



Guy Debord, cité par André Bercoff : "Il est choquant de voir les gens se survivre, ils devraient
changer de nom en même temps qu’ils se vulgarisent."



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