En entrant dans la première salle de l’exposition que la ville de Boulogne-Billancourt a consacrée à Brigitte Bardot, le visiteur tombe d’abord sur une affiche évoquant l’intervention de l’actrice en faveur des Rosenberg.

Dans les années soixante-dix, la télévision française avait diffusé sous forme d’une série d’épisodes un téléfilm poignant de Stellio Lorenzi, « Les Rosenberg ne doivent pas mourir ». Je me souviens de cette réplique de Marie-José Nat incarnant Ethel Rosenberg : « nous sommes les premières victimes du fascisme américain ». Il me semble que seul le sinistre journal Minute avait remis en question l’innocence de ce couple. Or, on sait aujourd’hui que Julius et Ethel Rosenberg étaient vraiment coupables, et qu’ils avaient mérité leur peine. J’ajouterai que le monde n’a pas fini de payer leur crime.

On ne peut évidemment pas reprocher à « B.B. » d’avoir pris leur défense, au début des années cinquante, comme tant de célébrités au premier rang desquelles Albert Einstein. Au contraire, c’était tout à son honneur. Mais ce que je voudrais souligner ici, c’est qu’à l’époque, la jeune star s’engageait déjà dans les causes humaines les plus nobles. Elle n’avait alors pas plus de dix-huit ans.

BB.jpgQuant aux animaux, ils ont toujours beaucoup compté pour elle, dès son enfance, et son engagement en leur faveur est connu dès 1962. Honte à tous ceux qui ont cru pouvoir affirmer que l’actrice s’était tournée sur le tard vers la cause des animaux pour telle ou telle raison opportuniste.

Dans le cadre de son combat pour les animaux, certains ont pu reprocher à Brigitte Bardot quelques bourdes, et je reconnais avoir été de ce nombre. Aujourd’hui, même si je me sens plus proche d’autres associations de défense des animaux, je ne peux que saluer avec respect le travail de la Fondation Brigitte Bardot et le mérite de sa fondatrice.

À cette exposition, il y avait un dessin de Sempé représentant des personnes agglutinées sur un trottoir et formulant des critiques à l’encontre de Brigitte Bardot : quelqu’un relativise sa beauté, un autre son talent, un troisième doute de sa postérité, etc. Quand le visiteur, après avoir lu toutes les bulles, contemple le dessin dans sa globalité, il s’aperçoit que toute cette foule fait la queue pour aller contempler l’intéressée dans une grande salle de spectacle.

Je songe aussi aux crétins qui prétendent comparer la beauté d’une femme de soixante-quinze ans passés à celle d’une jeune femme de vingt ans.

On pourrait dire que Brigitte Bardot, première femme à avoir incarné Marianne, est à la France ce que la reine Élisabeth II est à l’Angleterre. Seulement, les Français, un jour, ont coupé la tête de leur roi, et je crois qu’ils n’en sont toujours pas guéris.

Je regrette bien évidemment que cette unique figure emblématique de notre pays ait fini par lier son destin à celui d’un membre du parti que l’on sait, et surtout, qu’elle n’ait pas su se démarquer sans ambiguïté de l’appartenance politique de son mari. Cependant, je ne crois pas que ce soit la véritable raison pour laquelle elle est devenue une cible de choix pour ceux dont la spécialité est de tout désacraliser.

Finalement, peut-être doit-on retenir surtout le message que suggère Sempé : il est de bon ton, en France, de critiquer et de désavouer les héros et les stars les plus adulés.

Pour ma part, j’ai voulu prolonger sur ce blog l’hommage que je rends à Brigitte Bardot à l’occasion de ma visite de cette exposition, laquelle exposition a été prolongée, elle aussi, en raison de son succès.


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