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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 19:55


À
la fin de mon article précédent, j’avais écrit que je me régalais d’avance à l’idée de manger une bûche de Noël sans ingrédient d’origine animale. Hier et aujourd’hui, je me suis régalé pour de bon. J’en connais deux, cependant, qui ont regretté les productions bien crémeuses des pâtisseries plus traditionnelles. Est-ce une question de goût, d’habitude ou de conviction ?

 

Bûche VeganEn fait, cette bûche avait exactement le même goût et la même consistance que les flans au chocolat que je prépare parfois en utilisant des sachets ad hoc, achetés dans un magasin bio, du lait de soja et du sucre de canne. Un jour, invité chez un copain qui organisait une fête, j’en avais apporté un grand plat et j’avais eu le plaisir de voir mon hôte, grand amateur de chocolat et pas végétarien à ma connaissance, en manger une bonne moitié avec gourmandise et délectation.

 

Je ne crois pas que ce soit exactement une question de goût. Le goût se forme, s’éduque, et évolue. Les enfants préfèrent généralement le chocolat au lait industriel, même fade, au meilleur chocolat noir. Il faut une certaine maturité pour apprendre à préférer le chocolat noir, et sans doute davantage encore pour préférer le chocolat noir amer. Ce serait donc plutôt une affaire d’habitude.

 

Et la conviction, quel rôle joue-t-elle exactement ? Peut-on avoir l’eau à la bouche, ou au contraire éprouver un sentiment de répulsion, non pas en raison de l’aspect et du goût du plat ou du dessert en question, mais en raison de ses convictions ? Il me semble que celui qui développe des convictions peut changer ses habitudes en conséquence, et ses goûts par la même occasion. En ce qui me concerne, c’est bien ce qui s’est produit.

 

Mais surtout, dans mon propos, il y avait aussi un paradoxe que personne, apparemment, n’a relevé. En effet, on pouvait comprendre que je me régalais d’avance à l’idée de ce dessert, non pas tant parce qu’il contiendrait du chocolat, par exemple, que parce qu’il ne contiendrait pas d’œufs, pas de gélatine, pas de produits laitiers. En d’autres termes, ce qui me faisait envie et me mettait en appétit n’était pas la présence de quelque chose, mais son absence. 

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commentaires

grandpas 31/12/2012 16:13

Je vais vomir! ;-)

Marcoroz 31/12/2012 16:43







Benjamin 28/12/2012 10:45

C'est d'ailleurs l'occasion pour beaucoup de se draper subitement dans un faux engouement pour le terroir français, histoire de justifier ce petit plaisir coupable du foie gras:
http://www.mai68reloaded.com/2012/combien-de-foies-pour-un-seul-plaisir-gustatif-et-tant-de-souffrances/

Benjamin 28/12/2012 09:37

Je vois que je ne suis donc pas le seul à refuser toute consommation de foie gras, qui par définition est un organe malade d'un animal que l'on fait volontairement souffrir, uniquement pour une
plus-value gustative bien maigre au vu de la cruauté infligée.

Bel article.

Marcoroz 28/12/2012 10:07



Merci. Et votre résumé est parfait.



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