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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 22:16

 

Une musique de circonstance

C’était dans une grande ville de l’est de la France, un concert de musique ancienne donné par des élèves des niveaux avancés du conservatoire national de région. J’étais de la partie, bien qu’ayant déjà décroché mon prix de conservatoire quelques années auparavant.

DP13186.jpgÀ l’initiative de notre estimée professeur, ce concert avait lieu dans la chapelle d’un hospice : nous allions donc jouer pour la bonne cause, offrir à tous ces pensionnaires grabataires et impotents un moment de plaisir, et sans doute les distraire un temps de leur condition.

J’avais choisi d’interpréter une pièce de Sweelinck, un compositeur flamand de la fin du XVIe siècle. Ce n’est que le jour même que je réalisai l’à-propos involontaire de mon choix. J’ignore si je fus le seul à m’en apercevoir, car personne ne me le fit remarquer. Toujours est-il que cela me fit bien rire intérieurement : cette série de variations sur une chanson profane était intitulée Mein junges Leben hat ein End’ (Ma jeune vie a une fin). Je jure qu’au moment où j’avais choisi cette œuvre, je n’avais pas fait le rapprochement.

 

Une tenue de circonstance

Ingénieur-analyste dans une société de services informatiques, j’avais été affecté à un projet concernant une caisse de retraite. Mes collègues et moi nous étions rendus sur place, et parmi nos interlocuteurs, Mlle S. se distinguait du lot par son jeune âge, et de ce fait, par une relative familiarité avec l’outil informatique, sans oublier sa tenue vestimentaire décontractée qui contrastait quelque peu avec le style de la maison.

disquette_070.JPGDe retour en nos locaux, un de mes collègues évoquant dans la conversation « le réseau » actuel, je manifestai ma surprise : de quel réseau parlait-il ? Chez ce client, les différents postes de travail n’étaient pas encore reliés. C’était précisément à nous qu’il revenait de proposer, pour la première fois, une solution en réseau. Mon collègue, qui était britannique, me répondit qu’il faisait allusion à ce que les Anglo-Saxons appellent  sneakers network – littéralement, le « réseau des baskets » – une de ces expressions imagées dont ils ont le secret. Il s’agissait, bien sûr, du transfert de fichiers par disquette d’une machine à une autre. Je reçus cette information comme un petit cadeau linguistique, comme une amusante petite pièce de collection à ajouter à mon vocabulaire anglais.

Lors de ma visite suivante dans la caisse de retraite en question, le lendemain, j’étais en réunion avec le directeur de l’institution et un ou deux collègues quand Mlle S. entra dans la salle. Je repensai avec un certain amusement à ce que m’avait appris mon collègue anglais. En effet, je venais de vérifier d’un coup d’œil la pertinence de son propos de la veille : la jeune femme avait bien des baskets aux pieds.

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commentaires

sandrin 12/12/2011 08:50

Micro-récits, tout en délicatesse.

Marcoroz 12/12/2011 09:10



;-)



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