par Ghislain Zuccolo
Cochons payeurs : les réalités d'une filière de production moderne
La production porcine actuelle est constituée à 98 % d'élevages intensifs en bâtiment. Les porcs engraissés
vivent parqués à vie dans des boxes étroits et à l'environnement appauvri. Les truies sont maintenues bloquées en stalles individuelles ; les cochons sont engraissés sur béton ajouré, sans
litière, sans aucune activité possible, sans possibilité de fuir une agression. Ces animaux sont contraints
d'inhaler l'ammoniac qui émane de la fosse à déjections au-dessus de laquelle ils vivent. Afin de limiter les agressions qui résultent
de ces conditions d'élevage, les cochons sont souvent plongés dans la pénombre. On pratique des mutilations sur les porcelets pour limiter les atteintes physiques entre animaux : on
leur coupe à vif les dents et la queue.
Cochons élevés en plein air : sauvez une espèce en voie d'extinction
La flambée du prix des céréales affecte aussi dramatiquement la vie des animaux d'élevage. Pour les élevages alternatifs de cochons qui
grandissent sur paille ou en plein air, ces coûts pèsent tragiquement sur une filière de production fragile.
Confrontés à la difficulté à valoriser leur production de qualité, de plus en plus de producteurs de porcs élevés en plein air cessent leur
activité.
La crise alimentaire menace une filière d'élevage attentive au bien-être des animaux. Nous pouvons réagir et épargner à des milliers d'animaux une existence sordide
en élevage intensif.
Si vous consommez de la viande de porc : nous vous demandons de bien vouloir redoubler de vigilance lors de vos achats. Il est urgent d'agir en choisissant de
la viande de porc labellisée « agriculture biologique » ou « porc fermier élevé en liberté ou en plein air ».
Ghislain Zuccolo est Directeur de la Protection Mondiale des Animaux de Ferme (www.pmaf.org)
NdM : Naturellement, le mieux est encore de ne pas manger de porc du tout. Les raisons de s'abstenir de consommer du porc ne manquent pas,
même en dehors de toute considération religieuse. De façon plus générale, on ne peut pas valablement lutter contre la souffrance animale ni contre la dégradation de l'environnement tout en
consommant de la viande.
Photos : PMAF et Fondation Brigitte Bardot
Ce texte d'Alaroz a été publié le 10 septembre 2005 sur http://www.agoravox.fr
© 2005 - Alaroz
L’Indonésie et la Malaisie, à elles seules, sont à l’origine de plus de 80 % de la production mondiale d’huile de palme. La demande d’huile de
palme a été multipliée par six depuis le milieu des années 80 (Greenpeace). Les importations d’huile de palme en Europe ont été multipliées par deux entre 2000 et 2006 (FAO). Ce nouveau marché
implique un doublement des superficies de plantations en Indonésie et en Malaisie au cours de la prochaine décennie : des dizaines de millions d’hectares de forêt complètement anéantis !
Tout cela pour produire des aliments moins sains et des « biocarburants » tellement « bio » que cette filière fera encore plus de dégâts que celle des
hydrocarbures !
Nos scientifiques et nos hommes politiques découvrent tout d’un coup, du jour au lendemain, ce que tout le monde savait depuis longtemps : que la situation est « très grave » aux
Antilles, que la Martinique et la Guadeloupe ont été « empoisonnées » par des pesticides et qu’il s’agit d’un « désastre sanitaire ».
Selon un cancérologue éminent, « le taux des cancers de la prostate est "majeur" aux Antilles » mais les scientifiques n’ont « pas encore la preuve épidémiologique » que
le phénomène serait lié au chlordécone, un produit que la France « a interdit en 1990 sur son territoire, sauf... aux Antilles ».
Le traitement au chlordécone (un nom prédestiné), même s’il est réservé aux habitants de ces lointaines îles, n’est donc pas exactement un traitement de faveur.
Quelle belle illustration du cynisme de nos dirigeants politiques successifs et de nos industriels, et de leur mépris pour la population - surtout quand il s’agit des
DOM-TOM !
Remarquons au passage que certains, face à l’évidence et face aux preuves statistiques, attendent encore « la preuve épidémiologique ». La statistique est une chose, mais la
médecine, monsieur, la médecine... Il faut savoir aussi que les producteurs de bananes ont le culot de trouver le rapport du cancérologue « pas assez scientifique » !
Quand tout le monde sera mort, on disposera peut-être enfin de preuves assez formelles pour décider qu’il y a urgence…
Terminons par une bonne nouvelle : le ministre de l’Agriculture propose « d’aller vers la banane zéro pesticide ». C’est à croire qu’un vent nouveau souffle sur la rue de
Varenne…
POUR SION JE NE ME TAIRAI PAS !
POUR JÉRUSALEM JE NE RESTERAI PAS SILENCIEUX ! (Isaïe 62:1)