Drôle de société

 

Trois mois sans publier un seul article ! Pour me rattraper, voici quelques-unes de mes propres réflexions sur différents sujets, telles que je les ai publiées lors de discussions sur divers blogs au cours de ces dernières années :

 

 

Sur l’abattage rituel :

 

Jusqu’ici, il semble que l’abattage industriel et les élevages en batterie, dont la similitude avec les camps nazis a été justement évoquée, trouvent leur place dans la « civilisation occidentale » ; de même que la chasse, sous ses différentes formes (plus cruelle l’une que l’autre), la pêche, sous ses différentes formes (plus cruelle l’une que l’autre), la destruction des écosystèmes et du cycle de l’eau, les spectacles d’animaux exotiques et les parcs à dauphins, la corrida, et j’en passe. Dans ces conditions, montrer du doigt l’abattage « rituel », halal ou cachère, en évoquant la souffrance des animaux, est pour le moins suspect.

 

 

Sur les chiens, les chats et les trottoirs :

 

Pourquoi devrions nous accepter des animaux ce que nous n’accepterions pas des gens ? Ou plus exactement, pourquoi devrions-nous accepter sur nos trottoirs des étrons et de la pisse quand cela vient des chiens, et pas quand cela vient des humains ?

 

Les chats ne sont pas plus propres que les chiens. La différence, c’est que le maître du chat l’habitue à une litière à la maison, tandis que le maître du chien habitue son chien au trottoir. Si c’était le contraire, les trottoirs seraient jonchés de crottes de chats et ce ne serait pas plus ragoûtant.

 

 

Sur les centres d’intérêt des gens :

 

Il y a quelque temps, j’avais évoqué l’affaire Al-Dura dans ma propre famille. Mes interlocuteurs ne voyaient pas de quoi il s’agissait. Ce nom ne leur disait pas grand chose. Un matin, je parlais de Charles Enderlin à un ami qui habite en région parisienne, qui est juif et qui passe chaque année ses vacances d’été en Israël. Il ne voyait pas qui c’était. Parfois j’ai l’impression que je vis dans un autre monde que tous ces gens qui m’entourent. Et alors, je m’étonne un peu moins qu’ils croient tous, par exemple, qu’il y aurait deux peuples sur une terre, qu’il faut faire la paix, un tas de bêtises

 

Et pourtant, ceux dont je parle ont fait des études supérieures, ont un métier scientifique ou autre, ont des activités culturelles, lisent des livres, sont abonnés à des magazines. Il est vrai que je suis le premier à relativiser tout cela, surtout en ce qui concerne ce dernier point…

 

Je remarque que lorsque nous recevons des amis ou quand nous sommes reçus, on ne discute jamais de ces problèmes. On parlera des enfants, des parents, des vacances, de tel ou tel magasin qui fait des promos, de tel ou tel restaurant… En famille, c’est la même chose.

 

C’est pour cela, je pense, que nous nous retrouvons sur certains blogs, pour des discussions intéressantes que nous n’avons pas avec les gens qui nous entourent, pas même avec nos amis et nos proches. En tout cas, c’est ainsi en ce qui me concerne.

 

Et, en effet, comment les « jeunes des banlieues », par exemple, pourraient-ils réfléchir aux grands problèmes du monde, si même ceux qui, en raison de leur éducation, de leurs études, de leur métier, de leurs hobbies, croient appartenir à une certaine élite, en sont eux-mêmes incapables ? Comment les voyous incultes des zones bétonnées où règnent les gangs pourraient-ils exprimer autre chose que des vieux clichés ridicules, si seules les personnes qui fréquentent certains blogs particuliers échappent à ce prêt-à-penser ?

 

 

Sur l’affaire Al-Dura :

 

Même si l’imposture Al-Dura n’en avait pas été une, même si le garçon avait vraiment été tué, et même s’il avait été tué par des soldats israéliens, et même si ces derniers s’étaient réellement amusés pendant 45 mn à essayer de le dégommer (comme l’ont affirmé Enderlin et son caméraman), eh bien, la diffusion de ce « reportage » n’en aurait pas moins eu les effets dévastateurs qu’elle a eus. Je veux dire que même dans cette hypothèse absurde où il se serait agi d’un fait authentique, Enderlin et France Télévisions, en rapportant ce fait à leur manière, se seraient rendus coupables d’incitation à la haine antisémite et au meurtre. Daniel Pearl et les autres n’en auraient pas moins été torturés et tués à cause de cela. Mais on dirait que personne autour de nous n’en a l’idée.

 

Or, la réalité est pire encore, puisque tout ce déferlement de haine, de violence et de meurtres, qui est loin de se tarir, a été provoqué par une mystification totale, un « bidonnage » dont on n’en revient pas qu’il ait si bien marché, alors qu’il était pourtant si mal ficelé, et que, dans cette histoire telle qu’Enderlin et ses comparses nous l’ont présentée, rien ne tient la route.

 

 

Sur l’avortement :

 

Ceux qui dénoncent la légalisation de l’avortement ont tendance à préférer jouer sur l’émotion plutôt que d’utiliser les arguments rationnels qui, sans doute, leur font défaut. Primo Levi disait qu’il faut se méfier de ceux qui veulent nous convaincre par d’autres voies que la raison. Quelqu’un m’écrit que c’est d’un enfant qu’il faut parler, non pas d’un fœtus ou d’un embryon. Je lui réponds que les mots fœtus et embryon désignent le fœtus ou l’embryon, comme le mot téléphone sert à désigner le téléphone et comme le mot écureuil sert à désigner l’écureuil. Un enfant est un enfant, un embryon est un embryon. Vous reprochez aux gens de gauche de pervertir le sens des mots, lui dis-je, mais vous faites la même chose.

 

Par ailleurs, je suis bien persuadé qu’un certain nombre de sexagénaires et de septuagénaires qui se sont opposés à la légalisation de l’IVG dans les années soixante-dix ne s’étaient pas montrés aussi acharnés à défendre « la vie » trente ou trente-cinq ans plus tôt, quand on déportait les Juifs y compris les enfants et les femmes enceintes.

 

 

Sur la corrida :

 

Je pense que les rares fois où l’homme est blessé par le taureau, cela procure aux spectateurs la même jouissance que lorsque c’est le taureau qui est blessé. Et sur ce point, ce ne sont pas ceux qui prétendent, contre toute évidence, qu’il s’agirait d’un combat loyal, d’une sorte de duel, qui pourront me contredire. Dans les deux cas, le sang dont la vue les émoustille tant est de la même couleur.


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En entrant dans la première salle de l’exposition que la ville de Boulogne-Billancourt a consacrée à Brigitte Bardot (en 2010), le visiteur tombe d’abord sur une affiche évoquant l’intervention de l’actrice en faveur des Rosenberg.

Dans les années soixante-dix, la télévision française avait diffusé sous forme d’une série d’épisodes un téléfilm poignant de Stellio Lorenzi, « Les Rosenberg ne doivent pas mourir ». Je me souviens de cette réplique de Marie-José Nat incarnant Ethel Rosenberg : « nous sommes les premières victimes du fascisme américain ». Il me semble que seul le sinistre journal Minute avait remis en question l’innocence de ce couple. Or, on sait aujourd’hui que Julius et Ethel Rosenberg étaient vraiment coupables, et qu’ils avaient mérité leur peine. J’ajouterai que le monde n’a pas fini de payer leur crime.

On ne peut évidemment pas reprocher à « B.B. » d’avoir pris leur défense, au début des années cinquante, comme tant de célébrités au premier rang desquelles Albert Einstein. Au contraire, c’était tout à son honneur. Mais ce que je voudrais souligner ici, c’est qu’à l’époque, la jeune star s’engageait déjà dans les causes humaines les plus nobles. Elle n’avait alors pas plus de dix-huit ans.

BB.jpgQuant aux animaux, ils ont toujours beaucoup compté pour elle, dès son enfance, et son engagement en leur faveur est connu dès 1962. Honte à tous ceux qui ont cru pouvoir affirmer que l’actrice s’était tournée sur le tard vers la cause des animaux pour telle ou telle raison opportuniste.

Dans le cadre de son combat pour les animaux, certains ont pu reprocher à Brigitte Bardot quelques bourdes, et je reconnais avoir été de ce nombre. Aujourd’hui, même si je me sens plus proche d’autres associations de défense des animaux, je ne peux que saluer avec respect le travail de la Fondation Brigitte Bardot et le mérite de sa fondatrice.

À cette exposition, il y avait un dessin de Sempé représentant des personnes agglutinées sur un trottoir et formulant des critiques à l’encontre de Brigitte Bardot : quelqu’un relativise sa beauté, un autre son talent, un troisième doute de sa postérité, etc. Quand le visiteur, après avoir lu toutes les bulles, contemple le dessin dans sa globalité, il s’aperçoit que toute cette foule fait la queue pour aller contempler l’intéressée dans une grande salle de spectacle.

Je songe aussi aux crétins qui prétendent comparer la beauté d’une femme de soixante-quinze ans passés à celle d’une jeune femme de vingt ans.

On pourrait dire que Brigitte Bardot, première femme à avoir incarné Marianne, est à la France ce que la reine Élisabeth II est à l’Angleterre. Seulement, les Français, un jour, ont coupé la tête de leur roi, et je crois qu’ils n’en sont toujours pas guéris.

Je regrette bien évidemment que cette unique figure emblématique de notre pays ait fini par lier son destin à celui d’un membre du parti que l’on sait, et surtout, qu’elle n’ait pas su se démarquer sans ambiguïté de l’appartenance politique de son mari. Cependant, je ne crois pas que ce soit la véritable raison pour laquelle elle est devenue une cible de choix pour ceux dont la spécialité est de tout désacraliser.

Finalement, peut-être doit-on retenir surtout le message que suggère Sempé : il est de bon ton, en France, de critiquer et de désavouer les héros et les stars les plus adulés.

Pour ma part, j’ai voulu prolonger sur ce blog l’hommage que je rends à Brigitte Bardot à l’occasion de ma visite de cette exposition, laquelle exposition a été prolongée, elle aussi, en raison de son succès.


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Quelques-unes de mes photos coquines prises ce mois d'août sur la plage de Deauville...


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Pourquoi le métro parisien, malgré des efforts de nettoyage considérables, est-il toujours sale ? Pourquoi est-on si souvent incommodé par de mauvaises odeurs, dans les rames comme dans les couloirs ? Clochards, vomi, urine, etc. (ne pas négliger le « etc. »), comme je plains ceux qui subissent cela tous les jours, la cohue en plus !

Quand on croit y échapper, c’est pour subir les vociférations de quêteurs vindicatifs et plus ou moins agressifs ou le vacarme de joueurs d’accordéon et autres musiciens médiocres voire très mauvais, souvent même honteusement « sonorisés ». Le plus désespérant est peut-être que tout cela se déroule juste au-dessous d’une affichette rappelant un règlement, déjà bien ancien mais toujours en vigueur, qui interdit formellement de troubler la tranquillité des voyageurs.

Je me demande le pourquoi de cette différence avec le métro de Prague, dont j’ai déjà parlé. Faut-il croire que les Tchèques ont gardé des habitudes prises sous la botte d’un régime totalitaire, celle d’être « réglo » et disciplinés par exemple ?

Autre différence entre Paris et Prague, l’absence dans la capitale tchèque de manifestations anti-israéliennes suite aux événements de Gaza.

À croire que la population tchèque n’a jamais gobé les mensonges de la propagande communiste…

Si le métro de Prague est propre, serait-ce grâce au communisme ?

Si la propagande anti-israélienne ne prend pas à Prague, serait-ce malgré le communisme ? Ou peut-être, justement, grâce à lui ?

Ou bien, peut-être la réponse à ces deux questions n’a-t-elle rien à voir avec le communisme ?

Qui sait ?


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