Au cours d’une émission de radio (filmée), deux philosophes ont confronté leurs points de vue à propos de l’arrestation de Roman Polanski. J’ai regardé cette vidéo
qui circule sur Internet, et je me suis demandé pourquoi le dialogue entre ces deux hommes brillants et intelligents était aussi difficile. Il m’a semblé qu’ils avaient autant raison l’un que
l’autre. Avec une logique aussi implacable que la Marche au supplice de Berlioz, Yves Michaud a expliqué pourquoi Roman Polanski ne devait pas échapper à la justice américaine. Un Finkielkraut
visiblement ulcéré a dénoncé, avec non moins de raison quoique moins de rigueur, l’opprobre dont Polanski fait l’objet depuis qu’il a été
arrêté.
Dans cette affaire, je relève surtout deux problèmes : le fait que Roman Polanski soit arrêté aujourd’hui, bien qu’apparemment, aucun élément nouveau ne
soit venu s’ajouter à cette affaire vieille de plus de trente ans, et le déchaînement d’une foule de salauds qui réclament sa peau.
Jusqu’ici, comme bien d’autres, j’avais entendu parler de cette histoire de détournement de mineure, et cela ne m’empêchait pas, comme bien d’autres, d’admirer le
génie de Polanski, de regarder ses films, d’aller le voir sur scène dans sa magnifique adaptation au théâtre de « La métamorphose » de Kafka. Il faut dire que, comme bien d’autres,
j’imagine, je ne connaissais pas les détails sordides de l’histoire – et sordides, ils le sont.
Alain Finkielkraut a cependant raison de dénoncer un « lynchage », et il sait de quoi il parle. De même, il a raison, incontestablement, de faire remarquer
que le terme de « pédophile », avec cette connotation monstrueuse que l’affaire Dutroux est venue exacerber, ne va pas du tout à
Polanski.
Dans « Le locataire », j’avoue sans honte avoir adoré la scène du jardin du Luxembourg, quand Trelkowski (Polanski), croisant un petit garçon pleurnichard,
lui administre une bonne trempe en le traitant de « sale petit morveux ». Pédophile, certainement pas, quel que soit le sens que l’on donne à ce mot ; mais « pédophobe », plus
probablement !
Moi, ce que je reprocherais à Polanski, ce serait plutôt son mépris de la nature, tel que je le perçois dans « La jeune fille et la mort ». Attention, ce qui suit
dévoile une partie de l’intrigue. Dans ce film, Paulina Escobar (Sigourney Weaver), ayant reconnu son ancien tortionnaire en la personne de Roberto Miranda (Ben Kingsley), lui vole sa voiture,
une superbe Peugeot 505 flambant neuve – cela ne nous rajeunit pas – et s’en débarrasse en la jetant dans la mer. Parce que le monsieur lui a fait du mal, c’est la nature qui doit payer ?
Quel exemple pour la jeunesse !
Il y a aussi,
moins grave mais tout aussi horripilant de mon point de vue, dans le « Bal des vampires », la musique du bal délibérément insipide jusqu’au ridicule, confiée à un instrument unique
censé être un clavecin, je suppose (en réalité, une très mauvaise imitation électronique). C’est un contresens musicologique total, mais c’est surtout le signe évident du mépris dans lequel
Polanski, du moins à l’époque où il a réalisé ce film, tenait la musique baroque.
Trêve de digressions. Il y a ceux qui défendent Polanski et il y a ceux qui le condamnent. Je ne me reconnais généralement pas dans les premiers, qui trop souvent
défendent une caste, mais je me reconnais encore moins dans les derniers, parmi lesquels il y a trop de charognards. Je note que certains internautes réclament carrément la peine de mort pour
Polanski. Mais qui sont donc tous ces vampires assoiffés de sang ?
J’aime Finkielkraut et j’aime Polanski, parce qu’on les hait. Et point seulement pour
cela.
Enfin, dans le fait que Polanski soit arrêté en Suisse plutôt qu’ailleurs, et maintenant plutôt qu’il y a dix ans ou l’année prochaine, il y a quelque chose qui ne
va pas. Par exemple, il est clair qu’après s’être aplatis devant le dictateur libyen, les Suisses ont voulu redorer leur blason à bon compte. Il était certes moins dangereux,
mais cependant moins digne, de livrer Polanski aux Américains que de garder le fils Kadhafi sous les verrous.
par Yashiko Sagamori - (traduit de l’anglais par Marcoroz)
De: MHD ROSLI BIN MOHD NORDIN [...]
Envoyé: lundi 13 novembre 2006 8:40
A:
yashiko.sagamori@xxxxxxxxx
Objet: paix
Bonjour, je suis Rosli, de Malaisie, et je suis
musulmane. J’ai lu ce que vous avez écrit sur la page Web Thinkisrael.com [article en
français ici]. Je ne suis pas d’accord du tout avec la façon dont vous
parlez de nous autres musulmans. Je crois que vous n’avez pas compris la vraie signification du djihad. La meilleure façon de décrire l’islam est de dire que “l’islam n’est que paix”. Le mot
islam lui-même signifie paix. J’aimerais vous donner un conseil, si vous voulez connaître mieux l’islam, il faut que vous lisiez la traduction du Coran et que vous l’observiez, ou bien vous
pouvez aller sur le site Web islamonline.net pour mettre à jour vos connaissances au sujet de l’islam. Qu’Allah vous guide.
Chère Rosli,
Si quelqu’un vous réveille au milieu de la nuit la plus froide et la plus noire de l’hiver en se plaignant que le soleil tape de façon insupportable, soit ce quelqu’un vous téléphone depuis
l’autre côté de la planète, soit il est aveugle et se trouve assis dangereusement près d’une fournaise.
Si quelqu’un, aujourd’hui, me dit que l’islam n’est que paix, on peut faire un certain nombre de suppositions concernant son identité. Il peut
s’agir d’un Juif de gauche qui ne voit le monde et la Shoah qui se prépare qu’à travers les lunettes roses du politiquement correct. Il peut s’agir d’un individu aussi ignorant et aussi peu
disposé à apprendre que le président Bush. Il peut s’agir d’une personne qui ment effrontément, comme Condoleezza Rice. Il peut s’agir d’un pleutre ridicule comme Tony Blair. Il peut s’agir d’un
schizophrène, car les schizophrènes vivent dans une réalité parallèle. Enfin, et surtout, il peut s’agir d’un musulman ou d’une musulmane, car le Dar el-Islam est une réalité
parallèle.
Si l’islam est une religion de paix, alors il faudrait qu’on m’explique pourquoi les sunnites irakiens et les chiites irakiens, au lieu de s’unir contre l’envahisseur américain, s’entretuent à la
cadence de plusieurs dizaines de victimes par jour.
Si Israël opprime vraiment les soi-disant “Palestiniens”, comment se fait-il qu’au lieu de s’unir contre lui, ces derniers s’entretuent à un rythme de plus en plus soutenu ?
Comment se fait-il que la guerre entre l’Iran et l’Irak, dans les années quatre-vingt, ait fait plus d’un million de victimes sans rien apporter à aucun des deux camps ?
Comment se fait-il que la guerre entre les Kurdes de Turquie et les “vrais” Turcs, musulmans les uns comme les autres, ait fait plus de 30 000 victimes ? Comment se fait-il qu’Abdullah
Ocalan, leader musulman des Kurdes, ait pu déclarer en 1992 : “Même si 100 000 personnes sont tuées cette année, notre mouvement ne pourra pas être démantelé”, tout en sachant que
chaque individu parmi ce nombre impressionnant de personnes dont il considérait que la vie avait si peu de valeur était un musulman ?
Comment se fait-il qu’en Algérie, les efforts combinés de l’Armée islamique du Salut et du Groupe armé islamique aient produit une guerre civile ayant fait entre 150 000 et 200 000
victimes musulmanes entre 1991 et 2002 ?
Voyez aussi ce qui se passe à La Mecque, le plus important lieu saint de l’islam, pendant le Hadj, l’événement le plus sacré de toute l’existence de tout musulman. Voici une brève (et de loin
incomplète) chronologie de la piété pacifique des musulmans à notre époque :
Le 21 novembre 1979, premier jour du quinzième siècle de l’islam, un groupe de 300 étudiants de l’université de théologie de Médine prennent le contrôle de la mosquée de La Mecque. Ils conservent
ce contrôle pendant deux semaines, avant que 63 d’entre eux soient capturés vivants et la mosquée libérée. Tous ses occupants sont alors exécutés.
Le 31 juillet 1987, des émeutes déclenchées par des pèlerins iraniens font plus de 400 morts.
Le 9 juillet 1989, deux bombes tuent une personne. On accuse les chiites du Koweït, et 16 d’entre eux sont exécutés.
Le 2 juillet 1990, 1 402 personnes meurent piétinées.
En 1994, 400 personnes meurent piétinées.
Le 15 avril 1997, un incendie provoque la mort de 340 personnes.
Le 1er février 2004, 244 personnes meurent piétinées.
Le 13 janvier 2006, plus de 345 pèlerins meurent piétinés près du complexe de Jamrat, à Mina.
Vous aurez
remarqué, j’espère, que je n’ai mentionné que quelques-uns des exemples les plus connus de violence islamique contre des musulmans. Il ne s’agit pas de faits isolés. Ces faits font partie d’un
processus continu qui a accompagné l’islam tout au long de son histoire. En fait, la majorité absolue des musulmans qui meurent de mort violente ne sont pas tués par des “infidèles” : ils
sont assassinés par d’autres musulmans. Par conséquent, si votre définition de la paix a le moindre point commun avec la mienne, l’islam, contrairement à votre opinion, n’a rien à voir du tout
avec la paix. Si vous n’êtes pas d’accord, je serais heureuse de connaître votre définition de la paix.
Peut-être l’islam est-il plutôt une affaire de convictions personnelles profondes ? Voyons cela de plus près. L’islam est la seule religion, dans le monde actuel, à accepter les
conversions forcées. Il y a quelques mois seulement, deux journalistes occidentaux ont été kidnappés à Gaza pour être échangés contre une rançon – là encore, une pratique exclusivement islamique.
Pendant leur captivité, on les a mis devant un choix simple : la conversion à l’islam ou la mort. Ils se sont convertis. Dans l’ensemble du Dar el-Islam, pas une seule personne ni une seule
autorité ne s’est élevée contre cet abus. Et pourquoi en aurait-il été autrement ? Cela fait quatorze siècles que les adeptes de Mahomet répandent l’islam par l’épée. Cela
fait quatorze siècles que leur méthode est efficace. Pourquoi arrêter maintenant ?
Je ne me sens pas moi-même avoir l’étoffe des héros. Je dois reconnaître que si je me trouvais confrontée à la même alternative, je choisirais sans doute de rester en vie et de répéter la
shahâdah que me dicteraient mes bourreaux. Mais en quoi ces sonorités étrangères qui n’ont pour moi aucun sens, ces intonations sorties de ma gorge sous la menace d’un pistolet braqué sur la
tempe ou d’un couteau appuyé sur ma gorge pourraient-elles changer mon impression de l’islam et la manière dont je le perçois ? Vous pouvez obliger quelqu’un à suivre vos rites, vous pouvez
même l’obliger à combattre à vos côtés, mais pouvez-vous l’obliger à croire en quelque chose ? Pas plus que vous ne pouvez obliger un pays musulman à devenir une démocratie, même avec toute
la puissance militaire des États-Unis à votre disposition. Non, chère Rosli, l’islam n’a rien à voir avec les convictions personnelles.
L’islam ne serait-il que vérité ? De cela aussi, je doute. Comme vous le savez sûrement, la charia interdit expressément qu’un non musulman témoigne contre un musulman. Cela signifie que vos
tribunaux religieux, et donc votre religion, ne recherchent pas la vérité mais la domination musulmane sur les “infidèles”.
Par ailleurs, le Coran lui-même contient, disons, des inexactitudes. Par exemple, le verset 2 135 qui dit : “Soyez juifs ou chrétiens et vous serez sur la bonne
voie.”
En réalité, contrairement au christianisme et à l’islam, le judaïsme ne considère pas le salut comme exclusivement réservé à ses adeptes. La loi juive dit explicitement qu’un Gentil ira au
paradis s’il s’abstient de commettre sept péchés mortels ; un juif, pour aller au paradis, doit suivre 613 commandements, parmi lesquels les sept qui sont exigés des Gentils. C’est la raison
pour laquelle, à toute personne qui vient le trouver parce qu’elle désire se convertir, un rabbin a le devoir d’expliquer que la conversion compromettrait ses chances de salut. Celui qui désire
devenir juif doit comprendre quelle est cette responsabilité, et l’accepter de plein gré et en connaissance de cause. Comme on peut s’en rendre compte, il n’en faut pas plus pour qu’une
conversion forcée au judaïsme soit quelque chose d’impossible, même en théorie.
Que la citation ci-dessus ait été un mensonge délibéré ou un effet de l’ignorance de l’homme que vous avez pris pour un prophète, il est certain qu’elle ne me permet pas d’accepter l’idée que ce
texte serait d’inspiration divine.
L’islam
serait-il plutôt une religion d’amour ? Je ne le pense pas non plus, car l’islam est la seule religion au monde dont les adeptes se livrent régulièrement à des “crimes d’honneur” sur des
membres de leur propre famille. C’est aussi la seule religion au monde à ne pas promettre à des membres d’une même famille qu’ils seront réunis dans l’au-delà. Au lieu de cela, elle garantit aux
bons musulmans de sexe masculin un bordel gratuit pour l’éternité. Elle ne prévoit pas explicitement de récompense pour les femmes vertueuses, mais elle spécifie bien que dans leur paradis classé
“X”, les musulmans subiront une ségrégation selon leur sexe. Un mari aimant ne préférerait-il pas passer l’éternité entouré de sa famille, plutôt qu’à forniquer comme un lapin atteint de
priapisme ? Bien sûr que si, sauf, naturellement, s’il est musulman.
L’islam serait-il un code moral ? Pas vraiment. Même si vous décidiez de considérer la corruption généralisée qui règne dans tous les pays musulmans, sans exception, comme une perversion de la foi véritable, vous ne pourriez ignorer que le vin, les plaisirs sexuels, tout ce que l’islam déclare tabou dans cette vie, tout cela est promis en abondance dans l’autre. Or, ce qui est mal ici-bas, dans notre monde corrompu par le péché, devrait être encore plus mauvais dans la pureté immaculée du ciel. La raison de ces prohibitions n’est donc pas l’immoralité de l’acte. Quelle est-elle alors ? Voici ce que je pense : quand on empêche totalement des gens normaux d’avoir du plaisir, de profiter de la vie, il devient plus facile de les contrôler et d’en faire des “martyrs”. Vous le savez sans doute, c’est incroyablement efficace.
Vous savez sans doute également que dans les pays musulmans, les mollahs organisent des réseaux de prostitution en célébrant des “mariages” temporaires entre leurs affiliés et les prostituées, en total accord avec la charia. Vous avez sûrement entendu parler des fatwas de l’Ayatollah Khomeiny précisant en détail ce qu’un homme doit faire à un petit enfant qu’il viole ou à un animal domestique soumis à un traitement similaire.
D’ailleurs, Mohammad lui-même n’observait pas les règles morales imposées à ses adeptes. Il est réputé avoir déclaré : “Quand un homme et une femme
sont ensemble dans la même pièce, il y a une troisième personne, le démon.” Je ne garantis pas l’exactitude de cette citation (à ma connaissance, on ne la retrouve ni dans le Coran ni dans les
Hadiths), mais je sais pertinemment qu’elle reflète l’attitude habituelle des musulmans : quiconque a la possibilité de faire le mal n’est pas censé résister à la tentation. Ne croyez-vous
pas que par cette seule attitude, le musulman moyen est considérablement plus immoral que l’adolescent occidental moyen qui se montre capable de passer une journée à s’amuser à la plage, entouré
de jeunes filles à moitié nues (ou plutôt, nues aux neuf dixièmes) sans jamais avoir la tentation d’en violer une seule ?
A moins que l’islam, ce soit la charité ? Non, car toutes vos œuvres caritatives soutiennent le terrorisme. Après le tsunami dévastateur de 2004, les victimes, la plupart musulmanes, ont reçu dix fois plus d’aide financière du Dar el-Harb que du Dar el-Islam.
Mais alors, qu’est-ce donc que l’islam ? Qu’a donc apporté Mohammad au monde, qui n’aurait pas été connu avant qu’il déclare être un prophète ? Le monothéisme avait déjà été découvert par les Juifs des millénaires avant lui. Adorer un mortel à la place de Dieu était déjà pratiqué par les chrétiens plusieurs siècles avant que Mahomet ne parvienne à devenir une divinité assoiffée de sang. Qu’y trouve-t-on d’autre ?
Ayant lu le Coran et les Hadiths bien avant que vous ne me l’ayez suggéré, je dois vous dire que la lecture des textes sacrés des musulmans n’est pas le meilleur moyen, pour quelqu’un de l’extérieur, d’acquérir une compréhension pratique de votre religion. Si je voulais vous permettre de mieux comprendre ce qu’a été le nazisme ou le communisme, je ne vous proposerais jamais de commencer par lire Mein Kampf ou Das Kapital. Je vous demanderais plutôt de considérer les atrocités commises par les nazis pendant la Seconde guerre mondiale ou les atrocités commises par les communistes partout où ils sont arrivés au pouvoir. Et si, ayant appris ce qu’ont fait les nazis ou les communistes, vous décidiez de savoir de quelle façon ils justifiaient leurs crimes, alors la lecture de leurs textes de propagande pourrait vous le permettre. Autrement, inutile de plonger tête la première dans la fosse d’aisance, même si vous êtes curieuse d’en goûter le contenu.
Pour comprendre ce qu’est l’islam, il n’est pas nécessaire de lire le Coran. Il suffit de regarder attentivement et sans jugement préconçu à quoi ressemble la vie dans les pays musulmans ; ou mieux encore, ce qu’est à notre époque la forme d’islam la plus pure, la moins corrompue par l’influence occidentale. Vous admettrez, je pense, que c’est précisément ce qu’était le régime des Talibans en Afghanistan. Aimeriez-vous vivre en Afghanistan sous les Talibans ? Aimeriez-vous que dans votre famille, les femmes soient privées de toute possibilité d’aller à l’école, d’avoir un métier, de se promener dans les rues, de consulter un médecin quand elles sont malades ? Cela vous plairait-il d’assister à des exécutions publiques ? Aimeriez-vous participer à la lapidation d’une femme adultère ? Aimeriez-vous qu’on vous dise quelle tenue vous devez porter, quelle longueur de barbe ? Aimeriez-vous que l’État vous prive de tout ce qui pourrait subsister de votre intimité en se mêlant de chaque aspect de votre existence ?
En tant que musulmane, vous aimeriez sans doute cela. Mais en tant que personne raisonnable, vous ne devriez pas vous attendre à ce que des gens appartenant à d’autres cultures désirent cela pour eux aussi.
Pour ma part, j’ai commencé à me familiariser à l’islam à partir non pas d’une lecture de ses textes, mais d’une expérience de vie dans un pays musulman. J’ai décidé de lire le Coran le jour où j’ai entendu dire que selon la croyance islamique, Dieu avait transmis à Moïse non pas la Torah mais le Coran et que, par la suite, c’étaient les Juifs maléfiques qui avaient réécrit le livre saint. J’ai alors commencé à lire le Coran avec curiosité. Je voulais découvrir l’autre vision de la Genèse, de l’Exode, du Lévitique, des Nombres et du Deutéronome. J’étais curieuse de voir si les musulmans avaient l’équivalent des Psaumes ou du Cantique des cantiques.
Quelques années auparavant, j’avais connu une période de fascination pour l’histoire et la politique de la Russie. La Russie est le plus grand pays au monde, et probablement le pays le plus riche en ressources naturelles. Je voulais savoir comment les Russes s’y étaient pris pour devenir une des nations les plus misérables de la planète. J’ai cherché les réponses chez Lénine. J’espérais trouver dans ses écrits une vision monumentale de la grandeur et les indices des erreurs ayant empêché que cette grandeur se réalise. Au lieu de cela, je suis tombée sur des volumes entiers de chamailleries avec des adversaires idéologiques, des rapports détaillés de disputes qui avaient pris fin plusieurs décennies avant ma naissance et qui ne pouvaient plus intéresser personne aujourd’hui.
Mon expérience du Coran a été similaire. J’y ai trouvé non pas une vision du monde différente, mais une hargne écumante contre les juifs et les chrétiens
et des syllogismes peu profonds tendant à prouver que les patriarches du peuple juif étaient des musulmans et non des juifs. Allah, dans ce livre, apparaît comme un chef de tribu peu sûr de lui
essayant désespérément de consolider son pouvoir sur des gens qui ne sauraient pas très bien s’ils doivent ou non se soumettre à sa volonté : c’était précisément la situation dans laquelle
se trouvait Mohammad quand il entreprit le projet d’écrire le Coran. Ce livre est rempli de promesses adressées à ses adeptes et de menaces adressées au restant du genre
humain.
Et voici quel est le plus important détail qui distingue le Coran de la Torah et du Nouveau Testament. De même qu’il ne mentionne jamais Jérusalem, le Coran ne comporte pas une seule référence aux Dix Commandements. Toutes les religions que je connais définissent le bien et le mal dans les rapports entre le croyant et les autres, qu’ils appartiennent ou non à la même religion. Chez les juifs et les chrétiens, les Dix Commandements constituent l’aide la plus fondamentale pour distinguer le bien et le mal. Qu’en est-il chez les musulmans ? Leur seule mesure du bien est la loyauté envers leur prophète.
Coran, 3.110 :
Vous êtes la meilleure communauté qui ait jamais été donnée en exemple pour l’humanité. En effet, vous recommandez le Bien, vous interdisez le Mal et vous croyez en Dieu.
Sachant que la bonne conduite est un mensonge et que l’interdiction des actes immoraux est une pure hypocrisie, que reste-t-il ? Qu’est-ce qui fait de vous “la meilleure communauté qui ait jamais été donnée en exemple pour l’humanité”, exactement ? A-t-on déjà vu un Newton musulman ? Un Shakespeare musulman ? Un Mozart musulman ? Une Mère Teresa musulmane ? Vous pouvez sans doute me citer les noms de quelques musulmans qui, comme al-Khawarizmi, ont su briller à l’âge des ténèbres. Mais dès que le Dar el-Harb a progressé, le Dar el-Islam s’est trouvé incapable de produire ne serait-ce qu’un seul personnage d’importance mondiale, à l’exception d’une grande diversité de Kadhafi, de Saddam, de ben Laden, d’Arafat et autres Hitler d’envergure variable.
Un des leaders musulmans les plus respectés de notre époque, l’ancien Premier ministre de Malaisie Mahathir Mohammad, a fait un remarquable aveu dans son discours d’adieu :
« Nous avons besoin pour notre défense, de fusils et de missiles, de bombes et d’avions, de tanks et de vaisseaux de guerre. Mais comme nous n’avons pas encouragé l’apprentissage de la science et des mathématiques, comme nous n’avons pas œuvré pour la renaissance, nous sommes actuellement incapables de produire nos propres armes pour notre défense. Nous devons acheter nos armes à nos adversaires et à nos ennemis. »
Ce qui est remarquable, c’est qu’un des leaders musulmans les plus respectés, comme on peut le voir clairement, n’ait aucune idée de ce que peuvent être les motivations des habitants du Dar el-Harb. Il ne pourrait jamais croire que notre force militaire apocalyptique (et, en raison de la lâcheté de nos gouvernants, absolument inutile) puisse n’être qu’un effet secondaire de notre insatiable curiosité vis-à-vis de la création divine. Par ailleurs, il reconnaît par inadvertance que sa propre religion n’est rien d’autre qu’un culte de la mort.
Et c’est la raison pour laquelle je continue de conseiller à tous mes interlocuteurs la lecture du Coran et des Hadiths, afin qu’ils puissent se rendre compte par eux-mêmes que l’islam n’est pas “simplement une autre religion” mais une idéologie du djihad, et que le djihad n’est pas un conflit intérieur du musulman en quête de perfection spirituelle, mais un génocide en cours depuis quatorze siècles au nom d’un faux prophète.
Au passage, le mot arabe islam ne signifie pas « paix » mais « soumission ». Connaissez-vous la différence entre ces deux notions ?
Tout cela étant dit, je dois ajouter que je comprends que votre courrier était sincère et inspiré par des motifs louables. J’y répondrai par une suggestion sincère : lisez la Torah. N’ayez pas peur : cela ne fera pas de vous une juive, pas plus qu’écouter Bach ne ferait de vous un compositeur. Mais cela pourrait vous apporter ce dont vous avez si désespérément besoin : une vision différente de l’univers.
Que vous soyez guidée là où vous voudrez l’être.
Bien sincèrement,
Y.S.
Yashiko Sagamori est consultante en informatique à New York.
© 2006 - Yashiko Sagamori - http://middleeastfacts.com/yashiko/
© 2009 - Marcoroz pour la traduction
L’excellente revue d’idées Controverses, dans son numéro de mars 2009, nous propose à la fin du dossier « Le signe juif de la politique française » un entretien avec François
Rastier, linguiste et spécialiste en sémantique, sous le titre « De Primo Levi au chic nazi » (propos recueillis par Georges-Elia Sarfati). En réalité, une grande partie de ce texte
provient d'une publication antérieure de François Rastier.
Le rapport qu’entretient cet article passablement hétéroclite avec le sujet du dossier
n’est pas évident. On va voir un peu plus loin de quelle curieuse manière il apparaît.
Dans sa dénonciation de la fascination pour le morbide, François Rastier invoque tout d’abord l’exemple moral de Primo Levi, à qui il a consacré un ouvrage (Ulysse à Auschwitz. Primo Levi, le
survivant, Cerf, Coll. Passages, 2005). Primo Levi refusait « la culpabilisation générale et la rhétorique de l’intense ». Selon Rastier, l’éthique de Primo Levi serait à
rechercher dans ses poésies plutôt que dans « Si c’est un homme ».
Il est question également d’un projet de détection automatique de sites racistes sur Internet, auquel Rastier a participé. La pensée de Heidegger est aussi
évoquée, ainsi que le best-seller « Les Bienveillantes » de Jonathan Littell. Autre exemple de fascination morbide, une exposition itinérante de cadavres plastifiés. On
apprend qu’il n’y a jamais eu consentement des intéressés, que les cadavres proviennent de Chine
et que certains ont une balle dans la tête. Encore un détail : on doit cette exposition au fils d’un gradé S.S.
Par-delà la condamnation pertinente et bien argumentée des manifestations actuelles de ce qu’il appelle le « chic nazi », notamment le livre de Littell et l’exposition de cadavres, on peut malheureusement relever de surprenantes confusions dans les propos de François Rastier. Le moins qu’on puisse dire est que la revue Controverses nous a habitués à davantage de rigueur intellectuelle.
Il y a d’abord ce projet consacré à la « détection automatique de sites racistes ». Le concept me laisse déjà perplexe. Peut-on confier à une machine le soin de déterminer ce qui est raciste et ce qui ne l’est pas ?
Selon Rastier, « le langage du racisme peut être utilisé contre n’importe quel groupe : juifs, palestiniens, handicapés, homosexuels, etc., peuvent être l’objet du même discours déshumanisant et animalisant (...) »
On doit donc comprendre ici qu’il existerait un « langage du racisme », lequel serait cependant employé contre des groupes humains dont la nature n’a rien à voir avec la race ou l’ethnie. Si Rastier nous citait un peu plus d’exemples dans sa liste, je suppose qu’elle pourrait inclure les veilleurs de nuit et les philatélistes. Dès lors, peut-on encore parler de racisme ?
Étrange aussi, dans cette si brève énumération, la présence des « palestiniens » (sans majuscule) à la deuxième place et à côté des « juifs » (N.B.: utilisé sans majuscule, ce terme désigne les personnes de religion juive). Soucieux de nous fournir un exemple concret, Rastier mentionne ensuite un site qui explique « comment nourrir son chien avec de la viande de palestinien ». On voit bien de quoi Rastier, quant à lui, croit devoir s’inspirer pour nourrir sa réflexion.
« (...) il n’est plus rare que des stéréotypes antijuifs soient appliqués aux musulmans : « Les fils d’Allah se multiplient comme des rats » (Fallaci, La rage et l’orgueil) (...) »
On croyait avoir compris qu’il s’agissait d’une étude sur les sites Internet, et voilà que Rastier nous cite une phrase tirée d’un livre publié en librairie. Dès lors, on peut à plus forte raison s’interroger sur l’utilité de son instrument magique. Remarquons aussi la surprenante fréquence des références au signe juif, et, plus troublant encore, à quoi ces références sont systématiquement associées.
« (...) Si, par exemple, l’auteur d’un site nomme un kamikaze palestinien un « déchet explosif », il emploie le
langage caractéristique du racisme et sera décelé comme tel par le système. »
Ce n’est jamais que la troisième occurrence du mot « palestinien » dans un même
paragraphe. Ce « groupe » pris au hasard comme « n’importe quel groupe » revêt visiblement une importance très particulière aux yeux de notre chasseur de racisme. Des
Noirs, par exemple, il ne sera jamais fait mention. Sans doute parce que les races n’existent pas ?
Mais surtout, où est, dans cet exemple, la marque d’un « langage caractéristique du racisme » ? Il est évident que le sujet est qualifié de « déchet » non pas en tant que
« Palestinien » mais en tant que terroriste (l’emploi du terme « kamikaze » est extrêmement discutable, ne serait-ce que parce que les kamikazes ne prenaient pas pour cibles
des civils). Insulter quelqu’un pour ce qu’il fait, et non pour ce qu’il est, cela n’a rien à voir avec le racisme. D’autre part, le mot « déchet » n’a pas davantage de connotation
raciste que le mot « crétin » ou le mot « minable ». Notre éminent linguiste fait preuve ici d’une confusion mentale (et linguistique) tout à fait
consternante.
Il affirme aussi opposer les spécificités des sites racistes à celles des « sites antiracistes ». On peut déjà se demander s’il sait vraiment ce qu’est le racisme, mais il faudrait peut-être aussi qu’il nous explique ce qu’est l’antiracisme. Il se demande pourquoi il trouve sur les sites racistes davantage de phrases écrites en majuscules, et conclut qu’il s’agit sans doute de « l’équivalent typographique du coup de gueule viril ». Le racisme aurait-il un sexe ?
Enfin, tout ce que Rastier nous dit des limites de ce projet, c’est que ses commanditaires n’ont pas voulu l’étendre à l’arabe et au russe. On pourrait effectivement le déplorer avec lui, si seulement son argumentaire était plus convaincant. En l’occurrence, on est plutôt tenté de soupçonner qu’ils ont voulu limiter le gaspillage.
Convaincant, Rastier l’est davantage quand il condamne la démarche littéraire très glauque et le « pompiérisme nazi-chic » de Littell. Mais là encore, il trouve moyen de déraper regrettablement :
« L’accueil laudatif presque unanime des historiens, des critiques et d’autorités morales comme Lanzmann illustre chez les intellectuels français un renoncement inquiétant à leur mission critique. »
En réalité, si quelqu’un a formulé une critique globalement négative des « Bienveillantes » et condamné ce livre sans appel, c’est bien Claude Lanzmann. Le lecteur pourra facilement le vérifier sur Internet. C’est avec une indéniable mauvaise foi, et par des procédés plus que douteux, que Rastier tente (avec insistance) de nous faire croire le contraire – dans quel but inavouable ?
Rastier reproche entre autres à Littell de réactualiser des poncifs comme « le thème du bourreau amateur de musique
classique, alors même que les nazis préféraient de beaucoup la musique militaire ». Dommage qu’à son tour, après avoir réduit Schopenhauer à un simple « misanthrope sénile », il
réactualise le poncif d’un Hitler admirateur de Nietzsche. Il nous épargne au moins le prétendu amour des chiens que l’on attribue trop souvent au susnommé.
Autre thème abordé, Heidegger dont Emmanuel Faye a montré que la philosophie est nazie. Rastier évoque le négationnisme ontologique de Heidegger, pour qui les victimes de l’extermination nazie, jamais désignées de façon explicite, sont des « non-morts ». Heidegger pratique une inversion subtile des termes, de telle sorte que les Allemands deviennent les vraies victimes. On peut craindre que sa stratégie de brouillage ait fait école. Rastier nous rappelle avec à-propos que les heideggériens s’emploient à occulter les pans les plus glauques du personnage et de sa pensée.
Ainsi François Rastier, après Victor Farias et d’autres encore, disqualifie-t-il la pensée du « plus grand philosophe du XXe siècle » popularisé en France par Levinas et adulé par Sartre et par tant d’autres. André Glucksmann n’a certes pas été plus nuancé quand il a déclaré que « Heidegger ne pense pas » – non sans avoir écrit le contraire une quinzaine d’années plus tôt. Je n’irai pas défendre ici celui qui admirait les mains d’Hitler : le signe d’une pensée très profonde, n’est-ce pas ? Quand je pense que Hannah Arendt a couché avec ce monsieur, j’ai honte pour elle. Le problème, c’est que, dans un même élan, François Rastier brûle aussi Schopenhauer et Nietzsche – ainsi que Guy Debord, trop conspirationniste à ses yeux. Un peu plus, Einstein et le commandant Cousteau y passaient aussi.
Les
institutions qui représentent ce que l’on appelle la justice existent précisément en vertu du principe qu’on ne saurait être juge et partie, ce pourquoi un arbitrage est nécessaire. Si l’on
pouvait se faire soi-même justice, la société humaine ne serait pas viable : les humains s’entretueraient jusqu’au dernier. Le rôle de l’instance d’arbitrage n’est pas de se mettre « à
la place » de la victime ou de sa famille, mais plutôt de faire en sorte que chacun reste à sa place.
Je partage l’idée que certains individus, en raison de leurs crimes, de la sauvagerie et de la cruauté dont ils ont fait preuve, méritent la mort. Certains mériteraient même bien pire encore.
Mais ce n’est là que la moitié du problème. Si le criminel mérite la mort, qui donc mérite de la lui donner ?
La question peut s’entendre de deux façons. Qui est assez digne et infaillible moralement, si tant est qu’on puisse considérer comme un honneur la charge de tuer ou de faire tuer
quelqu’un ? Ou bien, au contraire : Qui est assez vil pour mériter de se voir attribuer une tâche aussi dégradante ?
La situation qui nous occupe n’est pas celle du criminel en liberté, que la police peut être fondée à abattre : une telle situation n’a rien à voir avec la notion de
« peine ». La peine de mort, au contraire, concerne le criminel incarcéré, qu’il faudrait sortir de son cachot pour lui couper la tête (ou pour l’électrocuter, ou pour lui
injecter du poison).
La peine de mort implique un coupable, un juge et un bourreau, aussi pourrait-on dire que le criminel ne représente même pas la moitié mais seulement le tiers du problème. Il y a aussi la
question du juge et de sa faillibilité, et puis il y a également celle du bourreau : un individu dont le métier serait de tuer les personnes qu’on lui livre pieds et poings liés, sans même
se poser de questions. Le moins qu’on puisse dire est qu’une telle attribution soulève un sérieux problème moral.
Voilà les questions sur lesquelles il convient de réfléchir, au lieu de saisir à chaque meurtre horrible l’occasion de s’exclamer « dans tel cas, je suis pour la peine de mort ». Quand
elle existe, la peine de mort, par définition même, et sauf à rétablir le supplice de la roue et l’écartèlement, est réservée aux cas les plus graves. Personne n’est partisan de l’appliquer au
voleur de pomme ! On n’est donc pas pour la peine de mort dans tel ou tel cas : on est pour la peine de mort (en l’occurrence, pour son rétablissement), ou bien on est contre la
peine de mort.
En fin de compte, on est surtout contre : car les arguments en faveur de la peine de mort résistent bien mal à une analyse rationnelle.
POUR SION JE NE ME TAIRAI PAS !
POUR JÉRUSALEM JE NE RESTERAI PAS SILENCIEUX ! (Isaïe 62:1)