L’excellente revue d’idées Controverses, dans son numéro de mars 2009, nous propose à la fin du dossier « Le signe juif de la politique française » un entretien avec François Rastier, linguiste et spécialiste en sémantique, sous le titre « De Primo Levi au chic nazi » (propos recueillis par Georges-Elia Sarfati). En réalité, une grande partie de ce texte provient d'une publication antérieure de François Rastier.

Le rapport qu’entretient cet article passablement hétéroclite avec le sujet du dossier n’est pas évident. On va voir un peu plus loin de quelle curieuse manière il apparaît.

Dans sa dénonciation de la fascination pour le morbide, François Rastier invoque tout d’abord l’exemple moral de Primo Levi, à qui il a consacré un ouvrage (Ulysse à Auschwitz. Primo Levi, le survivant, Cerf, Coll. Passages, 2005). Primo Levi refusait « la culpabilisation générale et la rhétorique de l’intense ». Selon Rastier, l’éthique de Primo Levi serait à rechercher dans ses poésies plutôt que dans « Si c’est un homme ».

Il est question également d’un projet de détection automatique de sites racistes sur Internet, auquel Rastier a participé. La pensée de Heidegger est aussi évoquée, ainsi que le best-seller « Les Bienveillantes » de Jonathan Littell. Autre exemple de fascination morbide, une exposition itinérante de cadavres plastifiés. On apprend qu’il n’y a jamais eu consentement des intéressés, que les cadavres proviennent de Chine et que certains ont une balle dans la tête. Encore un détail : on doit cette exposition au fils d’un gradé S.S.

Par-delà la condamnation pertinente et bien argumentée des manifestations actuelles de ce qu’il appelle le « chic nazi », notamment le livre de Littell et l’exposition de cadavres, on peut malheureusement relever de surprenantes confusions dans les propos de François Rastier. Le moins qu’on puisse dire est que la revue Controverses nous a habitués à davantage de rigueur intellectuelle. 

Il y a d’abord ce projet consacré à la « détection automatique de sites racistes ». Le concept me laisse déjà perplexe. Peut-on confier à une machine le soin de déterminer ce qui est raciste et ce qui ne l’est pas ?

Selon Rastier, « le langage du racisme peut être utilisé contre n’importe quel groupe : juifs, palestiniens, handicapés, homosexuels, etc., peuvent être l’objet du même discours déshumanisant et animalisant (...) »

On doit donc comprendre ici qu’il existerait un « langage du racisme », lequel serait cependant employé contre des groupes humains dont la nature n’a rien à voir avec la race ou l’ethnie. Si Rastier nous citait un peu plus d’exemples dans sa liste, je suppose qu’elle pourrait inclure les veilleurs de nuit et les philatélistes. Dès lors, peut-on encore parler de racisme ?

Étrange aussi, dans cette si brève énumération, la présence des « palestiniens » (sans majuscule) à la deuxième place et à côté des « juifs » (N.B.: utilisé sans majuscule, ce terme désigne les personnes de religion juive). Soucieux de nous fournir un exemple concret, Rastier mentionne ensuite un site qui explique « comment nourrir son chien avec de la viande de palestinien ». On voit bien de quoi Rastier, quant à lui, croit devoir s’inspirer pour nourrir sa réflexion. 

 « (...) il n’est plus rare que des stéréotypes antijuifs soient appliqués aux musulmans : « Les fils d’Allah se multiplient comme des rats » (Fallaci, La rage et l’orgueil) (...) »

On croyait avoir compris qu’il s’agissait d’une étude sur les sites Internet, et voilà que Rastier nous cite une phrase tirée d’un livre publié en librairie. Dès lors, on peut à plus forte raison s’interroger sur l’utilité de son instrument magique. Remarquons aussi la surprenante fréquence des références au signe juif, et, plus troublant encore, à quoi ces références sont systématiquement associées. 

« (...) Si, par exemple, l’auteur d’un site nomme un kamikaze palestinien un « déchet explosif », il emploie le langage caractéristique du racisme et sera décelé comme tel par le système. »

Ce n’est jamais que la troisième occurrence du mot « palestinien » dans un même paragraphe. Ce « groupe » pris au hasard comme « n’importe quel groupe » revêt visiblement une importance très particulière aux yeux de notre chasseur de racisme. Des Noirs, par exemple, il ne sera jamais fait mention. Sans doute parce que les races n’existent pas ?

Mais surtout, où est, dans cet exemple, la marque d’un « langage caractéristique du racisme » ? Il est évident que le sujet est qualifié de « déchet » non pas en tant que « Palestinien » mais en tant que terroriste (l’emploi du terme « kamikaze » est extrêmement discutable, ne serait-ce que parce que les kamikazes ne prenaient pas pour cibles des civils). Insulter quelqu’un pour ce qu’il fait et non pour ce qu’il est, cela n’a rien à voir avec le racisme. D’autre part, le mot « déchet » n’a pas davantage de connotation raciste que le mot « crétin » ou le mot « minable ». Notre éminent linguiste fait preuve ici d’une confusion mentale (et linguistique) tout à fait consternante.

Il affirme aussi opposer les spécificités des sites racistes à celles des « sites antiracistes ». On peut déjà se demander s’il sait vraiment ce qu’est le racisme, mais il faudrait peut-être aussi qu’il nous explique ce qu’est l’antiracisme. Il se demande pourquoi il trouve sur les sites racistes davantage de phrases écrites en majuscules, et conclut qu’il s’agit sans doute de « l’équivalent typographique du coup de gueule viril ». Le racisme aurait-il un sexe ?

Enfin, tout ce que Rastier nous dit des limites de ce projet, c’est que ses commanditaires n’ont pas voulu l’étendre à l’arabe et au russe. On pourrait effectivement le déplorer avec lui, si seulement son argumentaire était plus convaincant. En l’occurrence, on est plutôt tenté de soupçonner qu’ils ont voulu limiter le gaspillage. 

Convaincant, Rastier l’est davantage quand il condamne la démarche littéraire très glauque et le « pompiérisme nazi-chic » de Littell. Mais là encore, il trouve moyen de déraper regrettablement :

«  L’accueil laudatif presque unanime des historiens, des critiques et d’autorités morales comme Lanzmann illustre chez les intellectuels français un renoncement inquiétant à leur mission critique. »

En réalité, si quelqu’un a formulé une critique globalement négative des « Bienveillantes » et condamné ce livre sans appel, c’est bien Claude Lanzmann. Le lecteur pourra facilement le vérifier sur Internet. C’est avec une indéniable mauvaise foi, et par des procédés plus que douteux, que Rastier tente (avec insistance) de nous faire croire le contraire – dans quel but inavouable ? 

Rastier reproche entre autres à Littell de réactualiser des poncifs comme « le thème du bourreau amateur de musique classique, alors même que les nazis préféraient de beaucoup la musique militaire ». Dommage qu’à son tour, après avoir réduit Schopenhauer à un simple « misanthrope sénile », il réactualise le poncif d’un Hitler admirateur de Nietzsche. Il nous épargne au moins le prétendu amour des chiens que l’on attribue trop souvent au susnommé.

Autre thème abordé, Heidegger dont Emmanuel Faye a montré que la philosophie est nazie. Rastier évoque le négationnisme ontologique de Heidegger, pour qui les victimes de l’extermination nazie, jamais désignées de façon explicite, sont des « non-morts ». Heidegger pratique une inversion subtile des termes, de telle sorte que les Allemands deviennent les vraies victimes. On peut craindre que sa stratégie de brouillage ait fait école. Rastier nous rappelle avec à-propos que les heideggériens s’emploient à occulter les pans les plus glauques du personnage et de sa pensée.

Ainsi François Rastier, après Victor Farias et d’autres encore, disqualifie-t-il la pensée du « plus grand philosophe du XXe siècle » popularisé en France par Levinas et adulé par Sartre et par tant d’autres. André Glucksmann n’a certes pas été plus nuancé quand il a déclaré que « Heidegger ne pense pas » – non sans avoir écrit le contraire une quinzaine d’années plus tôt. Je n’irai pas défendre ici celui qui admirait les mains d’Hitler : le signe d’une pensée très profonde, n’est-ce pas ? Quand je pense que Hannah Arendt a couché avec ce monsieur, j’ai honte pour elle. Le problème, c’est que, dans un même élan, François Rastier brûle aussi Schopenhauer et Nietzsche – ainsi que Guy Debord, trop conspirationniste à ses yeux. Un peu plus, Einstein et le commandant Cousteau y passaient aussi.

 


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« Moi, dans ces cas-là, je suis pour la peine de mort » : combien de fois ai-je déjà entendu même des personnes instruites et recommandables sacrifier la raison à l’émotionnel et tenir ce genre de propos de comptoir ? Plus couramment, quand vous essayez d’exprimer un point de vue plus subtil, on vous invite à envisager la réaction que vous auriez si vous étiez le parent, l’enfant, le conjoint, le gendre ou le chien de la victime de l’épouvantable meurtre dont on parle.

(Dans l’énumération qui précède, il y a un intrus. L’avez-vous trouvé ? Cherchez bien…)

Les institutions qui représentent ce que l’on appelle la justice existent précisément en vertu du principe qu’on ne saurait être juge et partie, ce pourquoi un arbitrage est nécessaire. Si l’on pouvait se faire soi-même justice, la société humaine ne serait pas viable : les humains s’entretueraient jusqu’au dernier. Le rôle de l’instance d’arbitrage n’est pas de se mettre « à la place » de la victime ou de sa famille, mais plutôt de faire en sorte que chacun reste à sa place.

Je partage l’idée que certains individus, en raison de leurs crimes, de la sauvagerie et de la cruauté dont ils ont fait preuve, méritent la mort. Certains mériteraient même bien pire encore. Mais ce n’est là que la moitié du problème. Si le criminel mérite la mort, qui donc mérite de la lui donner ?

La question peut s’entendre de deux façons. Qui est assez digne et infaillible moralement, si tant est qu’on puisse considérer comme un honneur la charge de tuer ou de faire tuer quelqu’un ? Ou bien, au contraire : Qui est assez vil pour mériter de se voir attribuer une tâche aussi dégradante ?

La situation qui nous occupe n’est pas celle du criminel en liberté, que la police peut être fondée à abattre : une telle situation n’a rien à voir avec la notion de « peine ». La peine de mort, au contraire, concerne le criminel incarcéré, qu’il faudrait sortir de son cachot pour lui couper la tête (ou pour l’électrocuter, ou pour lui injecter du poison).

La peine de mort implique un coupable, un juge et un bourreau, aussi pourrait-on dire que le criminel ne représente même pas la moitié mais seulement le tiers du problème. Il y a aussi la question du juge et de sa faillibilité, et puis il y a également celle du bourreau : un individu dont le métier serait de tuer les personnes qu’on lui livre pieds et poings liés, sans même se poser de questions. Le moins qu’on puisse dire est qu’une telle attribution soulève un sérieux problème moral.

Voilà les questions sur lesquelles il convient de réfléchir, au lieu de saisir à chaque meurtre horrible l’occasion de s’exclamer « dans tel cas, je suis pour la peine de mort ». Quand elle existe, la peine de mort, par définition même, et sauf à rétablir le supplice de la roue et l’écartèlement, est réservée aux cas les plus graves. Personne n’est partisan de l’appliquer au voleur de pomme ! On n’est donc pas pour la peine de mort dans tel ou tel cas : on est pour la peine de mort (en l’occurrence, pour son rétablissement), ou bien on est contre la peine de mort.

En fin de compte, on est surtout contre : car les arguments en faveur de la peine de mort résistent bien mal à une analyse rationnelle.

 

 


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Le 17 mai s’est tenue à Paris, dans le quartier des Halles, la Veggie Pride 2008.


J’ai rejeté la viande depuis très tôt dans mon enfance et le temps viendra où les hommes, comme moi, regarderont le meurtre des animaux comme ils regardent
maintenant le meurtre de leurs semblables.

– Léonard de Vinci



La Veggie Pride, c'est l’occasion pour les végétariens et les végétaliens, trop souvent raillés, d'affirmer leur existence et leur fierté.



Je ne vécus donc, jusqu'à douze ans, que de pain, de laitages, de légumes et de fruits. Ma santé n'en fut pas moins forte, mon développement pas moins rapide.

Alphonse de Lamartine



L'affirmation publique de cette fierté ne prête pas à controverse. En effet, il n'y a rien d'indécent à faire connaître ses préférences alimentaires  au public ni à manger des légumes ou des céréales, même en présence d'enfants. Bien au contraire...


Toute la nature proteste contre la barbarie de l’homme qui ne comprend pas, qui humilie et qui torture ses frères inférieurs.

– Jules Michelet

Entendons-nous bien : il ne s'agit pas de culpabiliser ceux qui mangent de la viande ou du poisson, et l'on peut regretter certains excès lors de ce genre de manifestation, notamment lorsque ceux qui défilent s'attardent un peu trop devant un restaurant de viandes ou un magasin de produits alimentaires. Cependant, on ne peut nier qu'il n'existe aucune vertu morale dans le fait de manger de la chair animale, tandis qu'il existe une vertu morale dans le fait de s'en abstenir par souci d'épargner les animaux.



Jusqu'à ce qu'il étende le cercle de sa compassion à toutes les créatures vivantes, l'homme lui-même ne trouvera pas la paix.

– Albert Schweitzer


La question n'est pas « peuvent-ils raisonner ? » ni « peuvent-ils parler ? » mais « peuvent-ils souffrir ? »


Jeremy Bentham


La Veggie Pride, c'est aussi une occasion de rappeler au public l’horreur cachée et cependant omniprésente des élevages industriels, des transports d'animaux vivants, des abattoirs et de la pêche industrielle, mais aussi les atrocités de la chasse à courre, du déterrage et de l'expérimentation animale.


Tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille.

– Léon Tolstoï

Tant que nous sommes nous-mêmes les tombeaux vivants d'animaux assassinés, comment pouvons-nous espérer des conditions de vie idéales sur cette Terre ?

– George Bernard Shaw


Comme dernière conséquence du meurtre des animaux, le sang humain, abruti, ne peut s'élever aux choses intellectuelles.

– Jacques Bénigne Bossuet


L’homme est le seul animal à pouvoir être l’ami de ses victimes jusqu’à ce qu’il les dévore.

– Samuel Butler

Aussi longtemps que les hommes massacre-ront des animaux, ils s’entretueront. En effet, celui qui sème le meurtre et la souffrance ne peut pas récolter la joie ni l’amour.


– Pythagore

Le monde n’est pas une chose et les animaux ne sont pas des produits pour notre usage et notre consommation. Plus que la miséricorde, nous devons aux animaux la justice.

– Arthur Schopenhauer



Je suis végétarien et anti-alcoolique : ainsi, je peux faire un meilleur usage de mon cerveau.

– Thomas Edison

Parmi les participants, une forte majorité de jeunes de 18 à 25 ans, ce qui permet d'espérer une évolution des consciences dans les décennies à venir !

 


Rien ne pourra être plus bénéfique à la santé humaine ni accroître les chances de survie de la vie sur la Terre, qu'une évolution vers un régime végétarien.


– Albert Einstein



 



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L’ouvrage de Charles Patterson Eternal Treblinka (2002) est enfin paru en français (Un Éternel Treblinka, Calmann-Lévy, 2008). L’historien américain traite d'une question extrêmement polémique : le rapport qu’entretient l’être humain avec les autres espèces vivantes, conscientes et sensibles. Comme l’a écrit Milan Kundera, c’est là la question morale fondamentale, si fondamentale que tout le reste en découle.
 
Un Éternel Treblinka est un hommage à Isaac Bashevis Singer (le titre est tiré d’une de ses nouvelles).
 
Pour ces créatures, tous les humains sont des nazis ; pour les animaux, c'est un éternel Treblinka. Isaac Bashevis Singer (The Letter Writer)

Le rapprochement entre notre façon de traiter les animaux et la Shoah – un tabou que l’écrivain de langue yiddish et prix Nobel de littérature lui-même a été le premier à briser – n’a pas fini de faire hurler un certain nombre d’esprits rigides qui tiennent absolument à maintenir, au mépris des évidences scientifiques les plus criantes, une frontière bien nette entre l’espèce « des Seigneurs » (la leur) et l’ensemble des autres espèces animales, toujours considérées comme inférieures.

"À Auschwitz, nous étions comme des animaux", déclarait Simone Veil dans les années soixante-dix. En vertu de quelle logique cette comparaison entre les déportés et les animaux vaudrait-elle uniquement lorsqu’elle est formulée de gauche à droite ? Autrement dit, comment peut-on trouver naturel de comparer les camps de concentration aux abattoirs ou aux élevages en batterie, et scandaleux de comparer les derniers aux premiers ?
 
Auschwitz commence lorsque quelqu'un regarde un abattoir et se dit : ce ne sont que des animaux. Theodor Adorno

Patterson nous montre que la Shoah est historiquement et techniquement liée à l’industrialisation des élevages. Nous découvrons par exemple qu’Henry Ford, responsable d’une propagande antisémite sans précédent, avait conçu l’idée du travail à la chaîne après avoir visité un abattoir ; que les massacres de Katyn ont eu lieu pour partie dans des abattoirs ; et qu’Hitler avait confié la responsabilité de la "Solution finale" à un éleveur de poulets.
 
Au passage, l’auteur tord le cou une fois pour toutes à certains mythes encore entretenus de nos jours par une certaine presse, notamment les prétendues lois nazies en faveur des animaux et le prétendu végétarisme d’Hitler.
 
Ce que les nazis ont fait aux Juifs, l'Homme le fait à l'animal.  Isaac B. Singer (Ennemies) 

Il serait temps que nous comprenions que, lorsque nous pratiquons une discrimination morale entre notre espèce et les autres, la logique qui est à l’œuvre est très précisément celle qui a si souvent conduit les hommes à pratiquer une discrimination entre leur propre groupe d’appartenance et d’autres groupes ethniques, avec les conséquences que l’on sait. Certes, une telle remise en question de notre conception anthropocentrique du monde n’est pas une petite affaire, car elle va à contre-courant de toute l’Histoire humaine (comme le montre l’auteur, l’asservissement des animaux a servi de modèle à l’asservissement d’autrui). Elle n’en est pas moins indispensable. Rappelons encore cette parole de Tolstoï : « Tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille. »
 
Clair, sérieux, bien documenté, original et sans équivalent, ce remarquable essai de Charles Patterson ne saurait être ignoré de quiconque se refuse à penser le monde avec des œillères.





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