En exclusivité, la version française d’une interview de Philippe Karsenty réalisée par Brooke Goldstein et publiée dans le numéro d’automne 2008 de la revue The Middle East Quarterly
(version française © 2008 – Marcoroz)
Philippe Karsenty est le fondateur et le président de Media-Ratings (www.M-R.fr), une agence française de notation des médias en ligne. En novembre 2004, M. Karsenty avait publié un article
intitulé « Arlette Chabot et Charles Enderlin doivent être démis de leurs fonctions immédiatement1 », dans lequel il affirmait que France 2, chaîne de télévision pour laquelle travaillaient Arlette Chabot et Charles
Enderlin, avait enfreint les règles du journalisme en diffusant une séquence qui présentait comme un fait réel la prétendue mort de Mohammed Al Dura, un garçon palestinien âgé de douze ans, sous
les balles des forces de défense israéliennes (Tsahal).
Les images montraient un garçon de douze ans accroupi derrière son père, alors qu’une seule balle sifflait et éclatait à l’arrière-plan. Il est maintenant
évident que tout au long des 55 secondes d’images diffusées, personne n’a tiré sur ce garçon et qu’à la fin de la séquence, il était toujours en vie. D’après M. Karsenty, ces images étaient une
mise en scène réalisée par le cameraman palestinien Talal Abou Rahma, lequel avait filmé des scènes jouées similaires dans les dix-huit minutes de vidéo que M. Karsenty a
visionnées.
Après que France 2 ait diffusé cette séquence en
la présentant comme un fait réel et l’ait ensuite distribuée à titre gratuit, d’autres chaînes l’ont diffusée à leur tour. La mort d’Al Dura sous les balles de Tsahal est devenue dans l’ensemble
du monde musulman une cause célèbre inspirant la violence et l’antisémitisme2. TEXTE PROTEGE
Dans son article, Philippe Karsenty avait aussi annoncé qu’il était prêt à défendre sa cause devant un tribunal3. Par la suite, Arlette Chabot et Charles Enderlin lui ont intenté un procès en diffamation devant une juridiction française4. PAR LES DROITS
D'AUTEUR
En première instance, le tribunal, contre l’avis du ministère public qui s’était prononcé en faveur de M. Karsenty en invoquant sa liberté d’expression, a rendu un jugement en faveur d’Arlette
Chabot et de Charles Enderlin et a condamné Philippe Karsenty à verser un euro symbolique de dommages et intérêts à chacun des plaignants, une amende de 1 000 euros et 3 000 euros de
frais de procédure5. REPRODUCTION INTERDITE
En septembre 2007, la onzième chambre de la Cour d’appel
de Paris a entendu l’affaire Karsenty en appel. Le juge a ordonné à France 2 de produire les vingt-sept minutes de rushes. M. Enderlin a alors affirmé qu’il n’était pas en possession du
reste de l’enregistrement vidéo. Trois journalistes français qui avaient été invités par France 2 à visionner ces images ont attesté avoir visionné vingt-quatre minutes de film précédant la
séquence Al Dura, pendant lesquelles de jeunes Palestiniens jouaient des scènes devant les caméras de télévision, tombant et se relevant quand ils croyaient que personne ne les
observait6. Finalement, sur l’ensemble de la vidéo, dix-huit minutes d’images
seulement ont été présentées au tribunal, et aucune de ces images ne montrait Al Dura tué. À la fin de la séquence montrée au tribunal, il est même clairement visible que le garçon est toujours
en vie7. REPRODUCTION INTERDITE SAUF AUTORISATION
Le 21 mai 2008, Philippe Karsenty a gagné en appel8. TEXTE PROTEGE
1 "France 2: Arlette Chabot et Charles Enderlin doivent être démis de leurs fonctions immédiatement", Media-Ratings, 22 novembre 2004.
2 The Jerusalem Post, 21 mai 2008.
3 "Arlette Chabot et Charles Enderlin", Media-Ratings, 22 novembre 2004.
4 "France 2 Counters Accusations with Lawsuits", Committee for Accuracy in Middle East Reporting in America (CAMERA), Boston, 18 janvier 2007.
5 Ibid.
6 Denis Jeambar et Daniel Leconte, interview sur RCJ, 1er février 2005, in "Backgrounder: Mohammed Al Dura, Anatomy of a French Media Scandal", CAMERA, 21 mai 2008.
7 JTA News Service, 15 novembre 2007; Israel News Agency, 21 novembre 2007; "Backgrounder: Mohammed Al Dura."
8 Associated Press, 21 mai 2008; The Jerusalem Post, 21 mai 2008.
(Suite de la page précédente)
Cette interview a été réalisée par Brooke Goldstein en deux temps : la première partie à New York le 4 octobre 2007, et la seconde par téléphone le 27 mai 2008, après la victoire de Philippe
Karsenty.
MEQ : Vous avez dit que les vingt-sept minutes de rushes qui,
initialement, n’avaient pas été montrées au public, étaient pour la plus grande partie des scènes jouées. La juge de la Cour d’appel, Laurence Trébucq, a ordonné la diffusion de ces images, mais
seulement dans l’enceinte du tribunal. Pourquoi ne fait-elle pas diffuser ces images au grand public ?
MEQ : Donc, Charles Enderlin est la conscience de la France dès qu’il s’agit du Proche-Orient, et vous avez
offensé leur conscience ?
Web de Richard Landes et sur Youtube12. Si vous regardez ces images, vous verrez qu’il est évident que le garçon n’est
pas mort. Il n’y a pas trace de blessures par balles ni de sang. Ces images n’ont jamais été diffusées en France, mais elles ont été montrées en Angleterre, sur la BBC, ainsi que dans des pays
arabes. Ce que je trouve inouï, c’est qu’il n’y ait eu personne pour dire : « Attendez une minute, là, il y a un problème. » Cela n’a pas de sens. Dans un reportage réalisé un an
après la prétendue mort de son fils, le père Al Dura dit que la première balle avait atteint son fils au genou droit13, or les images ne montrent pas la moindre trace de sang à cet endroit-là : c’est ridicule. Rien ne tient debout dans sa version, mais
personne n’a voulu regarder les images.
P.K. : Au moment où le gouvernement avait à affronter une campagne si difficile sur le terrain, il a tout simplement voulu enterrer l’affaire Al
Dura. Mais les mensonges ont la vie dure. Si la réputation d’Israël est salie dans cette affaire, cela hantera le pays pendant des générations. Il faut noter que des millions de gens continuent à
croire au faux antisémite des Protocoles des Sages de Sion. Il existe déjà des timbres-poste à l’effigie de Mohammed Al Dura en Tunisie, en Égypte, en Iran et en Jordanie. Le nom d’Al
Dura a été donné à des places au Maroc et au Mali et à des rues dans un certain nombre de grandes villes dans le monde. Daniel Pearl a été décapité devant une photo de Mohammed Al Dura. Il faut
révéler l’imposture Al Dura maintenant, pour éviter que nos enfants aient à souffrir des conséquences de ce mensonge. COPIE ILLICITE SAUF
AUTORISATION 9 "Backgrounder: Mohammed Al Dura".
10 Gérard Huber, "Misère de journalistes, misère de républicains", 14 juin 2008, accédé le 24 juin, 2008.
11 James Fallows, "Who Shot Mohammed Al Dura?", Atlantic Monthly, juin 2003.
12 Richard Landes, Al Durah: The Birth of an Icon. What Happened? Accédé le 24 juin 2008; "Al Dura Affair: The 10 Seconds Never Shown by France 2", Youtube, accédé le 24 juin 2008.
13 "Personal Testimonies, Jamal Al Durra", transcription d’une discussion en ligne sur Arabia.com, 30 octobre 2000, Addameer.org.
14 Chirac to Enderlin, Media-Ratings, 25 février 2004, accédé le 11 juin 2008.
15 The Jerusalem Post, 17 septembre 2007.
(Suite de la page précédente)
MEQ : Il est évident que Jérusalem devrait réagir. Pourquoi le gouvernement israélien ne fait-il rien maintenant ?
REPRODUCTION INTERDITE SAUF AUTORISATION - COPYRIGHT
P.K. : Certaines personnes qui ne faisaient pas partie du gouvernement israélien à l’époque où l’erreur a été commise se sont servies de cette absence comme d’une excuse :
« Puisque ce n’est pas nous qui l’avons faite, ce n’est pas à nous qu’il incombe de la réparer. » Pour d’autres, c’est une question d’ego. Ils ne veulent pas admettre qu’ils ont fait
une erreur au début. MARCOROZ
MEQ : Pourquoi Daniel Seaman, le directeur du bureau de presse du gouvernement israélien, n’écoute-t-il pas
le cabinet juridique Shurat Hadin et ne retire-t-il pas à France 2 ses accréditations ?
P.K. : Seaman est un homme remarquable : posez-lui la question. Vous pouvez imaginer à quel point l’establishment israélien fait pression sur lui. TOUS DROITS RESERVES
MEQ : Pensez-vous qu’Israël et les États-Unis soient en train de perdre la guerre de l’information ?
P.K. : Quelle guerre ? Ils ont déjà perdu, car ils ne se sont même pas souciés de se battre.
Les médias français
MEQ : En France, les médias n’ont-ils pas des comptes à rendre ? Existe-t-il une instance de contrôle indépendante ? REPRODUCTION INTERDITE SAUF AUTORISATION
P.K. : Il y a un médiateur, chargé de l’interface entre France Télévisions et le public. Quand je m’étais adressé à lui, il avait couvert le mensonge, mais il a été
remplacé quatre ans plus tard. J’ai appelé son successeur, qui s’est d’abord montré enthousiaste à l’idée de me rencontrer mais qui m’a rappelé plus tard pour me dire que son patron avait
interdit cette entrevue. Mais j’ai dû rencontrer peut-être une vingtaine de personnes chez France 2, à tous les échelons de la hiérarchie, avant que l’affaire soit portée au
tribunal.
MEQ : Qu’est-ce qui empêche que quelqu’un, chez France 2, détruise la vidéo ?
P.K. :
J’ignore si quelqu’un possède une copie en dehors de France 2. Chez Fox News, quelqu’un a comparé cette affaire à celle des bandes magnétiques de Nixon. Pour la petite histoire, il y avait
aussi un trou de dix-huit minutes dans les bandes magnétiques de Nixon. Quand nous apporterons la preuve qu’un média international a utilisé des images truquées et fausses, cela fera du bruit.
Quand la vérité sortira, cela fera l’effet d’une bombe – je veux dire, si la vérité finit vraiment par se savoir. Plutôt que de reconnaître sa responsabilité, France 2 dira sans doute que
j’ai émis mes déclarations de bonne foi mais que je n’ai pas prouvé que les images étaient truquées. C’est peut-être de cette manière qu’ils comptent balayer l’affaire sous le
tapis. MARCOROZ
MEQ : Pensez-vous que les médias français cherchent à apaiser la population musulmane du pays ?
P.K. : Ce que font les médias va bien au-delà de l’apaisement, c’est carrément de provocation qu’il s’agit. CE
TEXTE EST PROTEGE - SA COPIE EST INTERDITE SAUF AUTORISATION
MEQ : Vous voulez dire que France 2 a réellement cherché à inciter à la violence contre la population juive en diffusant les images de Mohammed
Al Dura ? MARCOROZ
P.K. : Oui, elle s’en est servie comme d’une forme de pression sur Israël. Chirac a pris les Juifs français en otages. C’est comme s’il avait dit à l’État d’Israël : « J’ai
six cent mille Juifs en France, et si vous ne vous conduisez pas comme il faut avec les Palestiniens, nous montrerons ces images et les Juifs de France se feront
attaquer. » REPRODUCTION
INTERDITE
MEQ : Les Français pensent-ils que c’est simplement votre problème ou que le problème ne concerne que les Juifs ? Ou bien, voient-ils les
implications à plus grande échelle ? Ne se sentent-ils pas insultés, de voir leurs médias leur mentir ? CE TEXTE EST PROTEGE
P.K. : Pour les Français, si c’est dans les journaux ou à la télévision, alors c’est vrai. Mais grâce à cette histoire, les choses sont en train
d’évoluer. PAR LE DROIT
D'AUTEUR
MEQ : Les médias français persistent à ignorer votre affaire. Pourquoi ?
P.K. : J’appelle la France une « petite U.R.S.S. » La différence, cependant, entre l’Union Soviétique et la France, c’est que les Soviétiques savaient qu’on leur mentait,
alors que les Français croient qu’ils savent la vérité. REPRODUCTION INTERDITE SAUF
AUTORISATION
MEQ : La situation va-t-elle changer sous la présidence de Nicolas Sarkozy ?
P.K. : Maintenant, c’est lui le responsable. France 2 est une télévision d’État, Sarkozy en est donc le patron. Il devrait obliger France 2 à présenter des excuses au monde
entier. En 2005, je lui avais apporté tous les documents. En avril 2008, j’ai rencontré deux de ses conseillers, qui ont reconnu que toutes ces images étaient des scènes jouées. Mais jusqu’à
présent, Sarkozy n’a pas bougé.
MEQ : Qu’en est-il de l’indépendance des médias français ? REPRODUCTION INTERDITE
P.K. : Dans les médias privés, tout le monde dépend de l’État d’une façon ou d’une autre, ce qui explique que les médias aient refusé de rendre compte de mon procès, même après que des
médias étrangers aient commencé à en parler. Dès qu’il s’agit de politique étrangère, il n’y a plus aucune indépendance, ni dans les médias publics ni dans les médias
privés.
MEQ : Pensez-vous que les gens de la presse, dans son ensemble, sachent qu’ils sont coupables de confiance
abusive envers les magouilleurs palestiniens ?
P.K. : Oui. Mais pour eux, admettre qu’ils travaillent avec des gens qui sont des magouilleurs et des menteurs, ce serait une vraie révolution. C’est la même chose en Irak et dans la
plupart des pays du Moyen-Orient.
MEQ : Dans la façon dont la presse française a couvert cette affaire, du moins, dans le peu qu’elle a couvert, y a-t-il eu des
différences ?
P.K. : La plupart des médias ont été contre moi. Le plus grand hebdomadaire de France, le Nouvel Observateur, a lancé une pétition de soutien aux mensonges d’Enderlin. Et vous
savez quoi ? Des centaines de journalistes, de personnalités et de simples particuliers l’ont signée16.
MEQ : Comment se fait-il que les médias français aient une orientation non seulement anti-israélienne et anti-américaine, mais aussi
pro-arabe ?
P.K. : Les Français n’aiment pas du tout les Arabes. La preuve ? Ils les maltraitent en France. Mais ils se sentent coupables de la façon dont ils les ont traités dans les
colonies.
MEQ : Percevez-vous une hostilité envers les Juifs ? REPRODUCTION INTERDITE
P.K. : Oui, les Français ne pardonneront jamais aux Juifs d’avoir révélé la collaboration française dans la Shoah. C’est une des motivations à dépeindre Israël comme un État nazi. C’est
pour les Français une façon de dire : « Nous ne nous sommes pas comportés plus mal que ce que les Juifs font maintenant. » Cela leur permet de se sentir moins responsables de leur
collaboration avec les nazis.
MEQ : Que pensez-vous que sera l’avenir du journalisme d’actualité en France, maintenant que la France lance un service d’information vingt-quatre
heures sur vingt-quatre dans le genre de CNN ? Un tel réseau apportera-t-il un progrès dans le journalisme en France ?
P.K. : Non. Il faudrait pour cela un changement majeur au plan culturel. L’ironie est que les médias français se plaignent de ce que les journalistes américains soient très liés à
l’armée américaine en Irak, mais ils ne reconnaissent pas qu’ils sont eux-mêmes très liés au gouvernement français, à Paris. Une chose est sûre, il existe à Paris, entre les médias et les
personnalités politiques, une relation incestueuse.
La victoire CE TEXTE EST PROTEGE PAR LE DROIT
D'AUTEUR
MEQ : Récemment, vous avez gagné en appel ?
P.K. : Oui, nous avons eu
entièrement gain de cause : la décision de la Cour d’appel est claire. Toutefois, le tribunal ne pouvait pas décider que les images étaient des scènes jouées, mais plutôt, il a déclaré que
je pouvais publier ce que je voulais parce que j’avais des preuves que c’était des scènes jouées. Les termes du texte de l’arrêt établissent que j’ai raison, mais tout ce qui a été dit par le
tribunal allait intrinsèquement dans le sens de mon allégation, selon laquelle il s’agissait d’une mise en scène.
MEQ : Avez-vous été indemnisé pour le préjudice, les coûts et les frais d’avocats ?
P.K. : Non. L’ensemble de la procédure m’a coûté de l’argent.
MEQ : Comment se fait-il ? REPRODUCTION INTERDITE SAUF AUTORISATION
P.K. : En vertu du système français, j’ai dû verser aux avocats une commission de succès, et je trouve que c’est une bonne chose. Cependant, compte tenu de la réaction et de l’attitude
épouvantable du gouvernement israélien, j’ai décidé que ce serait la dernière fois que je me bats pour Israël. France 2 a même déposé un pourvoi en cassation.
MEQ : Quelles ont été les réactions ? COPYRIGHT 2008 - MARCOROZ
P.K. : L’ambassadeur et les autres diplomates israéliens ne veulent pas de cette victoire. Le porte-parole du ministère israélien des Affaires Étrangères a déclaré que je n’étais qu’un
particulier, que le gouvernement israélien ne m’avait pas demandé de mener cette bataille, et que je n’avais donc pas le droit de demander qu’Israël me vienne en aide17.
MEQ : Des médias français ont-ils fait état de votre victoire ? TEXTE PROTEGE
P.K. : Au début, non, bien sûr que non, mais le Wall Street Journal en a rendu compte abondamment18. Il y a eu aussi un court article dans Le Monde19. Le Monde a dit que
France 2 avait perdu, mais pas que j’avais gagné. Cela fait une différence. Et maintenant, Le Figaro a publié un éditorial et une note confidentielle20. Et nous nous attendons à ce qu’il y en ait davantage bientôt.
MEQ : Selon vous, quel sera l’impact de cette décision sur France 2 et sur le journalisme français au
Proche-Orient ?
P.K. : Il sera très faible, parce que les médias français continuent à couvrir ce mensonge et parce que le gouvernement israélien ne veut pas se servir de cette victoire pour s’élever
contre les mensonges des médias occidentaux. Les choses pourraient changer si les diplomates israéliens faisaient leur travail et si Sarkozy faisait le sien. Il devrait obliger France 2 à
reconnaître l’escroquerie et à présenter des excuses au monde entier.
MEQ : Quelles sont les implications de votre procès pour les juifs et les musulmans de France ?
P.K. : Les gens qui se soucient réellement des Arabes me voient en pro-arabe. Dans cette guerre avec Israël, qui souffre le plus ? Les Arabes. L’incitation engendre la haine.
Chirac n’était pas un ami des peuples arabes : il était plutôt leur pire ennemi. Il était le meilleur ami des dictateurs arabes, pour des raisons économiques et politiques. Dire aux Arabes
d’arrêter d’être prêts à mourir pour des mensonges, c’est les aider à vivre une vie meilleure, et c’est aussi ce que j’ai essayé de faire. Le reportage sur Mohammed Al Dura était une supercherie
qui a engendré beaucoup de haine et de violence, ce qui était contraire aux intérêts des populations arabes.
MEQ : Considérez-vous que votre procès contribuera à garantir la liberté d’expression en France ?
P.K. : Non. Les Français s’en moquent. Ils croient qu’ils ont la liberté d’expression parce qu’ils vivent dans un pays où ils ont le droit de dire que Chirac est un crétin. Ils ne se
rendent pas compte à quel point, sur les questions internationales, le discours acceptable est uniforme.
MEQ : Avez-vous envisagé de poursuivre Charles Enderlin en diffamation ?
P.K. : Un certain nombre de personnes et de médias m’ont diffamé pour tenter d’influencer le cours de la justice. J’ai bien pensé à les poursuivre, mais à quoi bon ? Au final,
quand j’ai gagné ce procès, au lieu d’être indemnisé, Mes avocats m’ont couvert de notes d’honoraires et autres frais de justice. Pendant ces six dernières années, j’ai pris des risques
physiques, et cela a été épuisant. Si je les poursuis, cela ne me prendra que plus de temps encore. Je veux me consacrer à nouveau à mes activités professionnelles. Et je respecte aussi la
liberté d’expression de mes adversaires, même lorsqu’elle consiste à me diffamer. On ne devrait pas lutter contre la diffamation avec des procès en justice mais avec la
vérité.
MEQ : Et ensuite ? REPRODUCTION INTERDITE - COPYRIGHT 2008 MARCOROZ
P.K. : Au bout du compte, cette affaire ne se réglera pas dans un tribunal : elle se réglera politiquement.
MEQ : Au tribunal de l’opinion publique ?
P.K. : Non, avec Sarkozy. Il faut qu’il fasse quelque chose. Autrement, il faudra peut-être que je lance une campagne pour montrer que Sarkozy ne veut pas inverser le mouvement
d’antisémitisme d’État lancé par Chirac.
(avec l’aimable autorisation de The Middle East Quarterly et de Philippe Karsenty)
© 2008 – The Middle East Quarterly – http://www.meforum.org/article/1998
© 2008 – Marcoroz pour la traduction
16 "Appel: Pour Charles Enderlin", Le Nouvel Observateur (Paris), 23 juin 2008.
17 The Media Line (New York), 29 mai 2008.
18 Nidra Poller, "A Hoax?" The Wall Street Journal, Europe, 27 mai 2008; "Al-Durra Case Revisited", The Wall Street Journal, Europe, 27 mai 2008.
19 Le Monde (Paris), 24 mai 2008.
Il y a quelques jours, mon hébergeur, Over-blog, apparemment sollicité par certains mouvements qui prétendent lutter contre le racisme, a bloqué pendant douze heures
le fonctionnement du « blog Drzz » et a menacé l’administrateur de fermer son site en raison d’un commentaire jugé
« illicite ».
Suite à de nombreuses protestations, le blog a été remis en service, mais l’administrateur s’est vu contraint de retirer le commentaire
incriminé.
Ce commentaire, en voici l’intégralité (j’ai simplement corrigé quelques fautes de français et de ponctuation et amélioré la
présentation) :
Commentaire N°12 posté par Jean le 17/06/2008 à 11:16:08
Je soutiens l’avis de [nom d’un autre internaute].
Arrêtons de faire semblant. De faire semblant de croire que les élus ne savaient pas naguère ; ceux-là même qui viennent passer plusieurs jours par semaine dans
leurs circonscriptions à voir les gens du peuple. De faire semblant [de croire] que les juges et les flics sont sous-informés. De faire semblant de croire qu’il nous manquerait encore un bidule juridique pour que (Ô miracle) jaillisse toute la lumière.
La mentalité arabe, il y a bien longtemps qu’elle est connue... parlez-en aux Pieds-Noirs, aux Juifs séfarades, à ceux qui les
ont côtoyés.
Alors quoi ?
Une élite corrompue et médiocre, peu renouvelée, avait de plus en plus de mal à imposer son autorité à une société faite de gens de plus en plus instruits, libres,
mieux formés à résister aux mythes et [aux] croyances.
Pour sauver leur « fromage », il leur a fallu abattre l’école et les valeurs éducatives sur lesquelles reposait le
fondement de cette civilisation. Et pour être sûr que le piège fonctionnerait, on a confié ce travail de sape et de destruction à grande échelle aux marxistes les plus
archaïques.
Ensuite ce fut le chômage de masse voulu, organisé de toutes pièces et son corollaire, l’assistanat et la fiscalité
confiscatoire.
Pour terminer cette entreprise de laminage et d’abêtissement généralisé de la population, notre élite gouvernementale a
entrepris de couvrir le territoire d’une immigration sans précédent, rapide et massive... et
malléable !
Du jamais vu dans le monde.
Une immigration choisie depuis l’origine.
Chez les Arabes et les Noirs, il existe des gens fort capables et cultivés… Ceux-là, on n’en a pas voulu. Je les ai vus parfaire
leur formation aux USA, pas en France.
Chez nous, nous n’avons pas fait entrer des Slaves, pauvres, chrétiens, ayant faim de travail et d’assimilation… Non ! Nous sommes allés chercher des gens de
très bas niveau, des arriérés de la brousse, paumés dans leurs traditions d’un autre âge…
Un sous-prolétariat historiquement bas de gamme,
n’ayant jamais rien engendré pour le progrès de l’Homme, sans espoir, dont la dilution dans le reste de la
population n’apportera aucune plus-value. Des gens très éloignés de nous, pour être sûr qu’ils ne pourront
pas s’adapter à une société moderne. Et on tient absolument à les maintenir dans leur « culture » d’origine.
[L]a démographie et [le] flux ininterrompu à ce jour ont fait le reste : la
substitution de population a commencé.
Foutez le camp… On ne vit qu’une fois.
Le pays est mort.
Les
propos qui précèdent ne reflètent que le point de vue de leur auteur. On peut ne pas trouver crédible la théorie du complot qui nous est présentée ici. Pour ma part, je ne suis pas sûr que le
pays en question soit « mort » davantage que ses voisins, et je n’ai pas encore le projet de le quitter. Je ne suis pas non plus un « fan » du « blog Drzz », dont
certaines orientations me déplaisent profondément. Là n’est pas la question.
Une telle censure est absolument inadmissible, surtout si l’on sait, par exemple, que sur certains sites hébergés par la même plate-forme, qui se font une spécialité de dénoncer un
complot « sioniste » mondial ou un « génocide » en « Palestine », on accuse « Israël et les Juifs » [sic] de mener une entreprise susceptible
de « détruire l’humanité » [re-sic]. Ceux qui publient de tels propos, parfois depuis des mois et des mois, voire depuis plusieurs années, ne sont pas inquiétés
ni censurés le moins du monde.
Le moins qu’on puisse dire est que, dans cette affaire, l’équipe d’Over-blog a employé deux poids et deux mesures. Le regrette-t-elle à présent ? L’avenir le dira.
POUR SION JE NE ME TAIRAI PAS !
POUR JÉRUSALEM JE NE RESTERAI PAS SILENCIEUX ! (Isaïe 62:1)