En écrivant mon billet
précédent, et plus précisément la seconde anecdote avec sa version revue et corrigée, j’ai inévitablement pensé à cette blague de « Radio-Erevan »,
bien connue en Union Soviétique à l’époque du totalitarisme communiste :
Un auditeur nous demande : est-il vrai qu’on a offert au camarade Chostakovitch, en récompense pour ses mérites, une automobile noire ?
Nous répondons : c’est exact. Sauf qu’elle n’était pas noire, mais grise ; et qu’il ne s’agissait pas d’une automobile, mais d’une bicyclette. Et enfin, si vous nous permettez, encore une petite précision, elle lui a été non pas offerte, mais volée.
On pourrait tirer de l’actualité de nombreuses variantes de cette blague. Ainsi, par exemple :
Un
auditeur nous demande : est-il vrai que le gouvernement israélien a décidé de construire neuf cents nouveaux logements dans la colonie de Gilo, à
Jérusalem-Est ?
Nous répondons : c’est cela même. Sauf que c’est une décision non pas du gouvernement, mais de la commission de planification de la municipalité de Jérusalem ; que cette décision n’est pas de construire, mais seulement de donner le feu vert à l’étude d’un tel projet ; et que Gilo n’est pas une colonie, mais un quartier de Jérusalem. Et encore une petite précision : le quartier de Gilo n’est pas à l’est, mais au sud-ouest de la ville.
(voir article de J.M. Allafort, http://www.un-echo-israel.net/Gilo-un-quartier-devenu-une)
L’ironie contenue dans le titre de mon dernier billet d’humeur n’a pas été évidente pour tout le monde. Naturellement, cette agression d’une collégienne à Villiers-le-Bel n’avait rien à voir avec des affrontements « entre bandes ethniques », pas plus que la tentative de meurtre d’un jeune Juif dans le XIXe arrondissement de Paris il y a quelques mois n’avait de lien avec un conflit « entre bandes rivales » comme la presse s’était plue à le faire croire pour renvoyer dos à dos la victime et ses bourreaux.
L’idée d’une « importation » du conflit israélo-arabe sert souvent, elle aussi, à renvoyer dos à dos les Juifs, qui sont des champions de l’intégration et des valeurs humanistes, et des brutes primaires encouragées par certaines élites irresponsables à se marginaliser dans la violence au lieu de devenir des citoyens.
En Pologne, il y a un siècle, les curés prêchaient la haine des Juifs le dimanche matin. En sortant de la messe, les fidèles, « chauffés » par de tels sermons, allaient casser du Juif. Aujourd’hui, en France, la télévision a remplacé les prêtres. Heureusement, le téléspectateur français n’a pas grand chose à voir avec le villageois polonais d’il y a cent ans.
Cependant, les voyous dont je parle, et dont il ne serait pas politiquement correct de mentionner les origines ethniques ni la religion (ils n’en sont
certes pas représentatifs), regardent eux aussi la télévision, et notamment France 2. Il n’est pas difficile d’imaginer l’effet, sur ces « jeunes de banlieues » et autres excités,
des images de pauvres enfants arabes de Gaza prétendument tués par les méchants Israéliens (juifs).
Ce sont donc l’AFP, avec ses dépêches mensongères, son matraquage quotidien sur Gaza et son obscène décompte des morts, et surtout France 2, avec ses images truquées, ses faux reportages et sa propagande, qui importent le conflit. Or, France 2 est une chaîne d’État, c’est donc l’organe du gouvernement.
En couvrant les ignominies de la presse, en autorisant des manifestations de soutien aux terroristes du Hamas, en dénonçant les ripostes militaires israéliennes ou en les qualifiant systématiquement de « disproportionnées », nos gouvernants jouent les pompiers pyromanes. Ils sont donc bien hypocrites lorsqu’ils prétendent vouloir éviter l’importation du conflit de Gaza.
Ce lundi 5 janvier, à la fin des cours, une bande ethnique constituée d’une adolescente de 14 ans, scolarisée en classe de troisième au collège Léon-Blum de Villiers-le-Bel, regagnait son
domicile familial. Cette bande ethnique était accompagnée d’une copine ethniquement non significative.
Au bout d’un moment, la bande ethnique et sa copine se sont rendu compte qu’une autre bande ethnique, constituée d’une dizaine de collégiens, les suivait. Après un tir groupé de boules de neige,
des insultes antisémites à connotation ethnique ont fusé, accompagnées d’avertissements du genre « Tu vas payer pour ce que font les
Israéliens à Gaza ». La bande ethnique constituée d’une collégienne ethniquement significative a ensuite été projetée à terre, puis frappée à coups de pied, ses agresseurs adversaires brisant ses lunettes.
La bande ethnique constituée d’une collégienne a pu rejoindre avec son amie le domicile familial et tout raconter à ses parents, lesquels ont eu la réaction communautariste de porter plainte au
commissariat. Elle devait être examinée aujourd’hui par un médecin. « Ce soir, elle n’arrive toujours pas à parler tellement elle pleure », confiait affirmait un proche le lendemain des échauffourées.
Les pleurs de cette bande ethnique sont sans doute à mettre sur le compte d’une particulière « sensibilité de la communauté juive à ce sujet », comme dirait quelqu’un. Ce quelqu’un
ferait sans doute remarquer qu’il existe des extrémistes des deux côtés. C’est peut-être ce qu’il faudrait expliquer à celle des deux bandes ethniques qui s’est retrouvée par terre et
blessée, histoire qu’elle ne se prenne pas pour une victime.
Le ridicule a encore de beaux jours devant lui, dans les hautes sphères du pouvoir... en Europe comme un peu partout dans le monde.
À Londres, par exemple, voici un nouveau cas pathologique, un certain Bill Rammell, secrétaire d’État aux Affaires (qui lui sont) Étrangères. Celui-ci vient d’émettre une protestation contre la
politique de « colonisation » dans les « territoires occupés »… Ai-je besoin de préciser de quel pays il est question ? Du seul pays au monde qui colonise et qui occupe
des territoires, je présume ?
Quelle originalité ! Quelle indépendance d’esprit ! Quel talent novateur ! Et surtout, quelle initiative
constructive !
Si le pays concerné colonisait à proportion des accusations dont il est l’objet, je crois que son empire, à cette heure, serait déjà plus vaste que la Chine ! Que dis-je ? La
Chine ? L’Asie tout entière, et plus encore !
Ce ramolli ferait mieux de s’occuper de son propre pays qui, après avoir perdu les Indes et le reste, et après avoir, au passage, mis le Proche-Orient dans un état catastrophique, est en train de
devenir lui aussi un territoire occupé.
On n’est pas en reste à Rabat, le roi du Maroc, Mohammed Six, dénonçant le même jour la (re-)construction d’une « synagogue juive » (sic) à Jérusalem. Il a raison, ce monsieur
Six : une synagogue à Jérusalem, passe encore, à la limite – mais une synagogue juive, franchement, ça dépasse les bornes !
POUR SION JE NE ME TAIRAI PAS !
POUR JÉRUSALEM JE NE RESTERAI PAS SILENCIEUX ! (Isaïe 62:1)