Autres Terriens

 

Si j’en juge par les commentaires que mes articles inspirent, les formules subtiles de Daniel Sibony, les images fortes de Shmuel Trigano et autres considérations sur la guerre, sur la paix et sur les idéologies intéressent moins de monde que mes petites histoires d’insectes.

Palomena prasina 2aPalomena prasina 1aJe reviens donc sur l’histoire de ma punaise, qui a maintenant de la compagnie.  En effet, il y a deux ou trois semaines, j’ai aperçu sur une marche d’escalier une autre punaise des végétaux qui avait mal choisi son endroit pour hiberner. Là où elle se tenait immobile, les six fers en l’air, son espérance de survie était très limitée. Cette fois, il s’agissait de Palomena prasina. Très brune au moment où je l’ai recueillie, elle n’a pas tardé, elle aussi, à changer de couleur.

Si vous avez eu la curiosité de faire un tour chez Lucie, vous avez pu admirer ses superbes photos et vous savez que l’insecte qui cohabite avec ma petite maisonnée depuis plus de deux mois, Nezara viridula (forme torquata), est la punaise africaine du soja. Je peux même dire qu’il s’agit d’un mâle.

Nezara viridula est une engeance venue d’ailleurs, qui a tendance à se répandre dans nos contrées au détriment de l’espèce autochtone Palomena prasina. Le monde des punaises n’a donc pas échappé à ce genre de problème...

Leptoglossus occidentalisMais je me dois de mentionner également, parmi les punaises importées, Leptoglossus occidentalis, plus grande et surtout plus allongée. C’est la punaise américaine des résineux. J’en ai photographié un beau spécimen l’été dernier au sud de la Bretagne.

Leptoglossus 07aDe plus, on remarquera chez cette espèce la longueur des antennes, ainsi que la morphologie particulière des pattes arrières, très développées.

J’ai même pu réunir sur une même image deux espèces bien différentes, Leptoglossus occidentalis et une punaise européenne qui porte de très belles couleurs, Carpocoris purpurepennis.

2011-03-05 004Après un petit clash initial, mes deux pensionnaires semblent s’être habituées l’une à l’autre. Hier, elles ont même passé toute la matinée sur la même feuille. Elles ne restent pas toujours sur cette plante. Plusieurs fois, j’ai retrouvé la Nezara près de mon ordinateur, et un jour ma compagne l’a retrouvée dans notre chambre. La Palomena aussi s’offre de temps à autre une petite escapade : je l’ai même retrouvée un jour sur le paillasson d’un voisin.

 

(Cliquez sur les photos pour les agrandir)


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Epeire diadèmeComment ce petit être fragile et sans protection allait-il supporter le froid et la neige ? Depuis quelques jours, je formulais en moi-même les plus vives inquiétudes.

Et cependant, tapie sous une feuille de lierre, elle résiste bien, cette épeire diadème (Araneus diadematus) qui habite le rebord d’une de mes fenêtres depuis l’été dernier.

Epeire diadèmeElle avait même repris de l’activité il y a une semaine, profitant d’un redoux pour refaire une fois de plus sa toile.

Une amie s’inquiétait du risque que cette araignée entre chez moi pour se protéger du froid. Je lui ai répondu que les épeires n’entraient pas dans les maisons.

La préoccupation de ma douce moitié, avant l’arrivée du froid, était tout autre : chaque fois qu’elle voyait une mouche prise dans la toile, elle me priait de la sauver. Je lui répondais qu’il était trop tard, et qu’il fallait bien que l’araignée se nourrisse.

Quant aux autres espèces d’araignées que je trouve à l’intérieur de mes murs, elles y sont les bienvenues. Elles sont ici chez elles. Il est vrai qu’elles sont généralement toutes petites.

Au plafondA la campagne, je cohabitais avec des espèces de plus grande taille, des tégénaires et des pholques.

Le pholque (Pholcus phalangioides) est capable d'immobiliser à peu près tout ce qui passe à sa portée, y compris les araignées les plus grosses (les tégénaires). Les pholques sont passionnants à observer. Une fois, j’ai vu un tout petit pholque immobiliser puis manger une mouche cinq fois plus grosse que lui. Une autre fois, j’ai vu un pholque danser sur un carreau de ma fenêtre, à la lumière du soir.

Tuer les pholques aurait été contraire à mon éthique, mais les laisser proliférer me posait tout de même un problème, sachant que c’était au détriment des autres espèces.

PholqueLa photo de cette maman pholque avec ses petits, âgés de vingt-quatre heures, a été prise à Santa Monica, en Californie, mais nous avons les mêmes en France, aussi bien à Paris qu’un peu partout ailleurs. 

En été, je reçois aussi la visite d’un certain nombre d’insectes. Ceux qui ne me semblent pas avoir beaucoup d’avenir entre mes murs, je les piège délicatement dans une boîte d’allumettes pour les remettre dehors.

Ce système me permet aussi d’épargner les moustiques.

J’aime voir des petites bêtes autour de moi. Je ne conçois pas un monde dans lequel la seule forme de vie visible serait celle à laquelle je me trouve appartenir.


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J’ai eu récemment le plaisir d’entendre Yves Coppens résumer l’histoire de la vie sur Terre et l’histoire de l’homme et raconter quelques anecdotes croustillantes, notamment celle que je rapporte ici. Je suivrai l’exemple de l’éminent paléoanthropologue qui a préféré laisser à ses auditeurs le soin d’en tirer eux-mêmes les conclusions.

 

Un jour, donc, Yves Coppens et Jean-Jacques Petter (directeur du zoo de Vincennes) avaient décidé de procéder à une expérience dont le but, si j’ai bien compris, était de voir si le chimpanzé commun présentait des capacités intellectuelles suffisantes pour pouvoir être considéré comme notre digne cousin.

 

(Ici, j’ouvre une parenthèse, c’est plus fort que moi : et si, pour changer, l’on soumettait des humains à une expérience pour voir s’ils peuvent être considérés comme les dignes cousins des autres grands singes ?)

 

Ne disposant apparemment d’aucune salle ad hoc, nos deux compères se contentent d’une des salles d’exposition du Museum d’histoire naturelle. On pend des bananes au plafond et l’on installe une table à une extrémité de la pièce et une chaise à l’autre extrémité, puis on amène un chimpanzé.

 

Il s’agissait de voir si le chimpanzé serait capable, à l’instar d’un être humain, de penser à réunir la chaise et la table et à poser la première sur la seconde, seule façon de pouvoir atteindre les bananes.

 

Coppens et Petter sortent de la salle et referment la porte derrière eux. Le protocole scientifique, très élaboré comme Coppens nous le fait remarquer, prévoyait l’observation des faits et gestes du chimpanzé à travers le trou de la serrure. Petter s’y colle mais ne voit rien. Comment est-ce possible ? Il fait jour et la salle n’a pas de volets !

 

Coppens et Petter rouvrent la porte et vérifient que la serrure n’est pas bouchée. A nouveau, ils ressortent de la salle et referment la porte.

 

Petter regarde une nouvelle fois dans le trou de la serrure et sursaute : il vient de voir l’œil du chimpanzé.

 

L’expérience s’est arrêtée là. Yves Coppens est allé décrocher lui-même les bananes pour les offrir à notre cousin poilu.


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null C’est sur le plateau de Langres, il y a quelques années, que j’ai rencontré pour la première fois la scutigère véloce, ou mille-pattes des maisons. Ce soir-là, dans la belle et spacieuse chambre que des amis avaient mise à ma disposition, un des murs s’ornait d’un magnifique spécimen.

Je me suis fait cette réflexion qu’à la place d’une broche en or, une scutigère de belle taille ornerait tout aussi joliment le revers d’un tailleur. Qu’en dites-vous, mesdames ?

Par la suite, j’ai eu l’honneur de cohabiter à mon tour avec cette étrange bébête. Il est vrai que ma maison était assez grande pour éviter toute promiscuité gênante.

Scutigera Un soir, le hasard a voulu que je sois dans ma cuisine au moment où une Scutigera coleoptrata entreprenait de se dégourdir les pattes. Voir un tel animal émerger de l’orifice du trop-plein de son évier, je reconnais que cela vaut les meilleures scènes des films d’horreur.

Considérée comme un prédateur utile, la scutigère participe à l’élimination des insectes. Il est donc avantageux de tolérer sa présence et de la laisser chasser en paix plutôt que de la tuer. On trouve rarement cet arthropode en grand nombre dans une maison. De plus, Scutigera coleoptrata ne transmet pas de maladie aux humains ni aux animaux et elle ne cause aucun dommage matériel. – Insectarium de Montréal

Ajoutons que la scutigère est censée ne mordre qu’en dernier recours, si elle est agressée. Il semble cependant que l’expérience personnelle de certains blogueurs soit en contradiction avec les commentaires null des entomologistes : maisons envahies, contacts trop rapprochés (et à l’improviste), morsures non méritées (produisant un effet équivalent à celui d’une piqûre de guêpe).
Pour ma part, cette cohabitation ne m’a jamais posé de problème.

Un autre soir, j’ai eu une chance inouïe : un superbe spécimen prenait un bain de soleil dans mon évier en émail blanc. J’ai couru chercher mon Minolta 24x36 reflex, sur lequel j’ai monté une bague macro et un zoom 35-70. « Scuty » a gentiment posé pour moi, tout en astiquant nonchalamment ses antennes l’une après l'autre.

null Je n’ai eu aucun besoin de toucher ni de manipuler mon sujet. Cela aurait d’ailleurs été contraire à mon éthique (je veux parler, bien entendu, de l’éthique que tout photographe de nus se doit de s’imposer).

En attendant d’aller faire numériser mes clichés, je me suis résolu à user d’un procédé peu orthodoxe. J’ai pris mon appareil numérique compact et j’ai photographié mes tirages papier (ensuite, quelques retouches ont bien sûr été nécessaires) : barbare, non ?


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