Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 16:50


Simone Veil, il y a quelques mois, expliquait à un public de gynécologues que son combat pour l’émancipation de la femme n’était pas terminé et quelle devait le continuer même à la maison, son mari n’ayant pas encore complètement perdu l’habitude, en rentrant le soir, de lui demander ce qu’il y avait à dîner.

 
Eve (Van Eyck)Au même moment, une certaine Fanny Truchelut était condamnée par un tribunal à quatre mois de prison avec sursis et à verser plus de huit mille euros pour avoir demandé à une cliente (en réalité, une militante islamiste en service commandé) de bien vouloir ôter son hijab dans les parties communes de sa maison dhôte (le « Gîte des Vosges »). Dans cette histoire, Fanny se voyait par la même occasion contrainte de dire adieu à sa maison d’hôte ainsi quà sa vie de couple. Enfin, depuis le début de l’affaire, elle avait été et continuait d’être insultée et traînée dans la boue, en salle daudience comme dans la presse, par toute une meute d’aboyeurs pétris de bonne conscience militante « de gauche », « antiraciste », etc.
 
Dès la prononciation du verdict, une certaine Caroline Fourest publiait un article pour approuver la décision du tribunal. Par la suite, sur un plateau de télévision, elle sen est justifiée en expliquant quil importait davoir une jurisprudence interdisant aux propriétaires de gîtes, maisons d’hôte et autres lieux daccueil de refuser une cliente voilée, faute de quoi certains pourraient tout aussi bien refuser, demain, daccueillir un couple d’homosexuel(le)s.
 
Je suis un peu perplexe de voir présenter un peu partout comme « militante féministe » un garçon manqué qui, dans le souci de pouvoir en tout lieu afficher ostensiblement sa préférence sexuelle (une préférence pas vraiment typique dune femme), cautionne le lynchage verbal d’une femme (seule) par les tenants d’une idéologie hyper-sexiste et leurs étranges séides (en majorité des hommes). Voilà qui ne correspond pas à lidée que je me fais dune militante de la cause féminine.

Caroline Fourest est une militante homosexuelle. Une militante féministe, ce serait plutôt Simone Veil, dont la contribution à lémancipation des femmes est autrement plus tangible. Même si elle porte un manteau de fourrure (beurk !) et même si elle a un homme d’affaires de mari qui aime mettre les pieds sous la table.
Repost 0
Published by Marcoroz - dans Drôle de société
commenter cet article
19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 00:15

Le 14 juillet dernier, me rendant aux festivités organisées par ma municipalité, j’avais eu une mauvaise surprise : le parc verdoyant choisi pour la circonstance résonnait tout entier du vacarme très rythmé d’une sono. Ayant rencontré le plus haut responsable politique de la ville, je lui avais demandé s’il était vraiment nécessaire de remplir ainsi l’espace de décibels et de vibrations. J’avais alors obtenu cette réponse :
« Il en faut pour tous les goûts ! » Ma compagne ayant cru devoir lui préciser que j’étais féru de musique classique, il avait ajouté : « Vous n’allez jamais au conservatoire ? »

Essayons de comprendre : le brillant énarque tenait-il pour acquis que deux heures de vacarme en prélude aux feux d’artifice étaient ce qu’exigeait le public ? Se souciait-il de satisfaire « tous les goûts » sauf le mien ? Partageait-il lui-même le « goût » qu’il supposait être celui de ses administrés ? Considérait-il que l’espace public appartient aux sourds, et qu’un mélomane aux oreilles sensibles est censé rester cloîtré chez lui cette nuit-là, faute d’un conservatoire ouvert en cette période de l’année ?

(J’ai vérifié, il n’y avait aucun concert au conservatoire ce soir-là : mince alors !)

Bosch (l'Enfer, détail)Il m’avait paru vain d’essayer d’expliquer à notre technocrate que je remettais en cause non pas le style de musique en l’occurrence, le répertoire du groupe était plutôt de bon goût mais l’amplification outrancière. Même Mozart, à ce degré de distorsion, ne serait plus de la musique mais du bruit. Je crois aussi qu’un sondage auprès du public concerné aurait réservé à ce monsieur quelques surprises.
 
Quant aux « goûts » pour lesquels « il en faut », il me semble que le grand public accepte généralement ce qu’on lui donne, la plus belle musique comme la plus mauvaise. Quoi qu’il en soit, il serait certainement plus digne, de la part d’un responsable politique, de préjuger en faveur de la première que de la seconde.
 
En 1749, à Londres, près de douze mille personnes avaient suivi la répétition en plein air de la musique de Haendel pour les feux d'artifice royaux...
 
...Combien de watts, la sono ?
 
Repost 0
Published by Marcoroz - dans Drôle de société
commenter cet article
13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 08:36

L’ouvrage de Charles Patterson Eternal Treblinka (2002) est enfin paru en français (Un Éternel Treblinka, Calmann-Lévy, 2008). L’historien américain traite d'une question extrêmement polémique : le rapport qu’entretient l’être humain avec les autres espèces vivantes, conscientes et sensibles. Comme l’a écrit Milan Kundera, c’est là la question morale fondamentale, si fondamentale que tout le reste en découle.
 
Un Éternel Treblinka est un hommage à Isaac Bashevis Singer (le titre est tiré d’une de ses nouvelles).
 
Pour ces créatures, tous les humains sont des nazis ; pour les animaux, c'est un éternel Treblinka. Isaac Bashevis Singer (The Letter Writer)

Le rapprochement entre notre façon de traiter les animaux et la Shoah – un tabou que l’écrivain de langue yiddish et prix Nobel de littérature lui-même a été le premier à briser – n’a pas fini de faire hurler un certain nombre d’esprits rigides qui tiennent absolument à maintenir, au mépris des évidences scientifiques les plus criantes, une frontière bien nette entre l’espèce « des Seigneurs » (la leur) et l’ensemble des autres espèces animales, toujours considérées comme inférieures.

« À Auschwitz, nous étions comme des animaux », déclarait Simone Veil dans les années soixante-dix. En vertu de quelle logique cette comparaison entre les déportés et les animaux vaudrait-elle uniquement lorsqu’elle est formulée de gauche à droite ? Autrement dit, comment peut-on trouver naturel de comparer les camps de concentration aux abattoirs ou aux élevages en batterie, et scandaleux de comparer les derniers aux premiers ?
 
Auschwitz commence lorsque quelqu'un regarde un abattoir et se dit : ce ne sont que des animaux. Charles Patterson, d'après Theodor Adorno

Patterson nous montre que la Shoah est historiquement et techniquement liée à l’industrialisation des élevages. Nous découvrons par exemple qu’Henry Ford, responsable d’une propagande antisémite sans précédent, avait conçu l’idée du travail à la chaîne après avoir visité un abattoir ; que les massacres de Katyn ont eu lieu pour partie dans des abattoirs ; et qu’Hitler avait confié la responsabilité de la "Solution finale" à un éleveur de poulets.
 
Au passage, l’auteur tord le cou une fois pour toutes à certains mythes encore entretenus de nos jours par une certaine presse, notamment les prétendues lois nazies en faveur des animaux et le prétendu végétarisme d’Hitler.
 
Ce que les nazis ont fait aux Juifs, l'Homme le fait à l'animal.  Isaac B. Singer (Ennemies) 

Il serait temps que nous comprenions que, lorsque nous pratiquons une discrimination morale entre notre espèce et les autres, la logique qui est à l’œuvre est très précisément celle qui a si souvent conduit les hommes à pratiquer une discrimination entre leur propre groupe d’appartenance et d’autres groupes ethniques, avec les conséquences que l’on sait. Certes, une telle remise en question de notre conception anthropocentrique du monde n’est pas une petite affaire, car elle va à contre-courant de toute l’Histoire humaine (comme le montre l’auteur, l’asservissement des animaux a servi de modèle à l’asservissement d’autrui). Elle n’en est pas moins indispensable. Rappelons encore cette parole de Tolstoï : « Tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille. »
 
Clair, sérieux, bien documenté, original et sans équivalent, ce remarquable essai de Charles Patterson ne saurait être ignoré de quiconque se refuse à penser le monde avec des œillères.
Repost 0
Published by Marcoroz - dans Éthique et Morale
commenter cet article
12 janvier 2008 6 12 /01 /janvier /2008 17:34

... ou comment (ne pas) se faire avoir par les banques dans les deux sens

Si jamais vous envisagez de recourir prochainement à un prêt immobilier, il ne serait point sage que, pour obtenir votre crédit, vous fonciez… tête baissée – même si l’organisme prêteur est réputé dans ce domaine, et même si c’est sur la recommandation de votre banquier, de votre assureur, de votre curé ou de votre meilleur ami.

Ne faites pas confiance au « conseiller » (tiens, pourquoi appellent-ils ainsi leurs commerciaux ?) qui vous vante – donc vous vend – le contrat. Surtout s’il s’agit d’un prêt à taux révisable. Vous risqueriez de faire bientôt partie des cohortes qui rejoignent le « Collectif des clients trompés par XX XXXXXX XXXXXXXXX ».

En général, dès le contrat signé, fini le contact personnalisé. Désormais, votre contact s’appelle "Service clientèle" et il est purement téléphonique (et à 0,XX euros la minute).

CF-LMNE.jpgSi vous avez de l’argent à placer, soyez prudent aussi. On se souvient d’un certain produit d’épargne, il y a quelques années, proposé à grand renfort de publicité très alléchante par une institution qui inspirait d’autant plus confiance qu’elle était censée être, de par sa nature même, au service du public. Le moins qu’on puisse dire est que les épargnants n’ont pas été épargnés ; ou si l’on préfère, que l’opération ne leur a pas été aussi… bénéfique que ce qu’on leur avait fait miroiter.

Dans ces deux affaires, ce qui me frappe, c’est surtout le cynisme avec lequel, face à de simples particuliers, un organisme privé ou même public peut exploiter un rapport de forces qui lui est extrêmement avantageux. Je ne veux pas parler seulement de la tromperie initiale, mais aussi de l’attitude de ses représentants vis-à-vis des clients abusés.

Je ne citerai pas de noms.
Repost 0
Published by Marcoroz - dans Drôle de société
commenter cet article
13 décembre 2007 4 13 /12 /décembre /2007 17:39


L’affaire de « L’Arche de Zoé », telle qu’elle a été initialement présentée par la presse française, suggère un curieux paradoxe : les personnes qui ont organisé le transfert vers la France de ces enfants censés être des orphelins du Darfour seraient soit des héros, soit des bourreaux. Une chance sur deux ?


Le paradoxe, plus précisément, c’est qu’une même action puisse être soit louable et admirable, soit condamnable et répugnante, en fonction non pas de ses conséquences mais de ses mobiles. Tout dépendrait non pas de ce que les membres de cette « organisation non gouvernementale » ont effectivement fait ou n’ont pas fait, mais de ce qu’étaient leurs véritables motivations. S’ils ont sincèrement voulu sauver des orphelins et leur offrir les meilleures conditions de vie possible, comme ils l’ont affirmé, cest admirable. Au contraire, s’ils ont agi sur des motivations de profit, cest criminel. Pourtant, ces deux types de motivations ne sont pas nécessairement incompatibles...

Une autre affaire, contemporaine de celle-ci, représente en quelque sorte un cas inverse : le procès d’Yvan Colonna. Ici, le caractère condamnable de l’acte (l’assassinat du préfet) n’est pas discutable, le problème est d’identifier avec certitude ses auteurs. Dans l’affaire des enfants du Tchad, l’identité des auteurs n’est pas discutable, le problème est de déterminer si l’acte même (le transfert des enfants) est condamnable ou non.

Le paradoxe que je viens dévoquer est intéressant, sauf que lhistoire qui me linspire nen est pas réellement lillustration

En effet, cette vision des choses est complètement distordue.
Les motivations réelles des prévenus ne sont certainement pas le seul facteur à examiner. Il importe que l’enquête judiciaire permette de déterminer, entre autres, quelle était la situation réelle des enfants (étaient-ils vraiment orphelins, pour commencer ?), où et chez qui les emmenait-on, ce que les gens de « L’Arche de Zoé » savaient et ce qu’ils ignoraient. Il semble finalement que ce soit bien ainsi que l’on procède.

Mais alors, pourquoi la presse française a-t-elle d’abord présenté l’événement sous un angle aussi distordu ? Sans doute en raison d’un biais idéologique, d’inspiration chrétienne, qui consiste à voir le péché non seulement dans les actes mais aussi et parfois en premier lieu dans les pensées des individus. C’est ainsi que l’on se préoccupe parfois des motivations des personnes concernées avant de s’interroger sur l’acte lui-même et sur ses conséquences. À cet égard, le fait que les journalistes se soient d’abord posé la question de savoir si ces personnes avaient touché de l’argent est révélateur : comme si c’était là le problème. Il est vrai qu’en France, pays de tradition catholique, gagner de l’argent est généralement mal vu.

La justice résiste-t-elle à l’idéologie mieux que la presse ? Dans cette affaire, elle disposera certainement des preuves caractérisant les actes des personnes et leur contexte (par exemple le fait que la majorité des enfants concernés ne soient orphelins ni de père ni de mère, daprès ce que lon nous dit). Ayant établi que l’acte est condamnable, elle peut sans doute condamner ses auteurs puisqu’ils sont connus sans ambiguïté. Au contraire, dans l’affaire d’Ajaccio, on sait d’avance que l’acte est condamnable ; quant aux preuves formelles de l’identité de son auteur... c’est une autre histoire. 
Repost 0
Published by Marcoroz - dans Drôle de société
commenter cet article
31 octobre 2007 3 31 /10 /octobre /2007 18:00


En matière déthique, plutôt que de réécrire ce que le docteur Schweitzer a déjà si magnifiquement exprimé, je propose ici quelques citations de ce grand homme, agrémentées de quelques photos de mon album.


Pour plus de détails, on pourra lire, avec profit, le texte dont ces citations sont extraites :

              sur
 http://www.tribunal-animal.com/consciences/conscients/schweitzer.htm

 

« Un homme nest réellement éthique que lorsquil obéit au devoir impérieux dapporter son assistance à toute vie ayant besoin de son aide, et quil craint de lui être dommageable. »
 
 
« Il ne se demande pas dans quelle mesure telle ou telle vie mérite la sympathie par sa valeur propre, ni jusquà quel point elle est capable déprouver de la sensibilité. Cest la vie en tant que telle qui est sacrée pour lui. »
 

Duo-2.jpg « Il narrache pas étourdiment des feuilles aux arbres ni des fleurs à leur tige et fait attention de ne pas écraser inutilement des insectes. Si par une nuit dété il travaille sous sa lampe, il préfère laisser sa fenêtre fermée et étouffer un peu, plutôt que de voir une hécatombe dinsectes aux ailes roussies sabattre sur sa table. »
 

« Si, en sortant sur la route après la pluie, il y aperçoit un ver de terre qui sy est fourvoyé, il se dit que le ver dessécherait au soleil faute dêtre remis à temps sur un sol meuble où il pourra se terrer : il lenlève donc du goudron mortel pour le porter dans lherbe. Si en passant devant une mare il y voit un insecte qui sy débat, il prend le temps de lui tendre une feuille ou un fétu de paille comme planche de salut. »
 

« Il na pas peur de faire sourire de sa sentimentalité. Cest le sort de toute vérité, avant davoir été reconnue comme telle, dêtre tournée en ridicule. Jadis, le fait de croire que les hommes de couleur étaient vraiment des hommes et devaient être traités humainement passait pour une folie. Or la folie est devenue vérité. »
 

« Aujourd'hui, on considère comme exagéré de prétendre quun des devoirs imposés par léthique rationnelle est de respecter ce qui vit, même dans ses formes inférieures. Mais un jour, on sétonnera quil ait fallu autant de temps à lhumanité pour admettre que les déprédations insouciantes causées à ce qui vit sont incompatibles avec léthique. »


« Là où un insecte est sauvé dune mare, une parcelle de vie sest consacrée à une autre parcelle de vie et lantinomie de la vie cesse. Chaque fois que je me dévoue dune façon quelconque à une autre vie, mon vouloir-vivre limité fait lexpérience de son unité avec linfini, où la vie forme un tout. Jy puise un réconfort qui me préserve contre le danger de périr de soif dans le désert de la vie. » 
 

« Chaque fois que je détériore une vie quelconque, il faut que je me pose clairement la question de savoir si c'est nécessaire. Jamais je ne devrai mautoriser à aller au-delà de ce qui est indispensable, même dans les cas apparemment insignifiants.

 Le cultivateur qui a fauché des milliers de fleurs sur son pré pour nourrir ses vaches doit éviter darracher machinalement, en rentrant chez lui, les fleurs qui poussent au bord de la route, car il commet ainsi une atteinte à la vie, sans y être obligé par la force de la nécessité. »
 

« En tirant daffaire un insecte en détresse, je ne fais rien dautre que dessayer de payer quelque chose de la dette toujours renouvelée des hommes à légard des bêtes. »
 

« Lorsquun animal est contraint dêtre utilisé pour les besoins de lhomme, chacun de nous doit se préoccuper des souffrances qui en résultent pour lui. Nul ne doit permettre doccasionner une douleur que rien ne peut justifier, dans toute la mesure où il peut lempêcher. »
 

« La grande lacune de léthique jusquà présent est qu'elle croyait navoir affaire quà la relation de lhomme à légard des humains. Mais en réalité, il sagit de son attitude à légard de lUnivers et de toute créature qui est à sa portée. »
 Puceron-1.jpg 

 « Lhomme nest moral que lorsque la vie en soi, celle de la plante et de lanimal aussi bien que celle des humains, lui est sacrée, et quil sefforce daider dans la mesure du possible toute vie se trouvant en détresse. »
Repost 0
Published by Marcoroz - dans Éthique et Morale
commenter cet article
9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 21:39

Dans mon article précédent, j’avais fait allusion à la mort de Michel Baroin, en 1988. C’est en enquêtant sur cet événement que Dominique Lorentz, initialement conseillère en communication, a découvert une affaire d’État et est devenue, presque malgré elle, journaliste d’investigation. Ses découvertes l’ont amenée à écrire un livre, Une guerre (Les Arènes, 1997), dans lequel elle établissait notamment un lien entre l’« accident » d’avion du PDG de la GMF et le rôle de celui-ci dans les affaires atomiques franco-iraniennes. Notons cependant que, selon d’autres sources, c’est en décidant de se porter candidat aux élections présidentielles de 1988 que l’ancien Grand-Maître du Grand-Orient de France aurait signé son arrêt de mort.

Poursuivant ses recherches, Dominique Lorentz a fait d’autres révélations édifiantes dans un gros ouvrage, Affaires atomiques (Les Arènes, 2001). Enfin, elle a publié plus récemment un essai (Des sujets interdits, 2007) relatant les tuiles qui lui sont arrivées à partir du jour où elle a voulu se faire éditer : les portes qui se fermaient mystérieusement devant elle, le cambriolage de son appartement, des menaces de mort, l’impossibilité de retrouver un emploi… Tout cela pour avoir percé à jour des secrets parmi les mieux gardés, et surtout, pour avoir voulu les partager avec le public. Là est sans doute le plus remarquable, chez cette femme courageuse et tenace : car d’habitude, ceux qui savent se taisent.

Naturellement, il se trouvera toujours des fort-en-thèmes pour contester les dires de Dominique Lorentz et pour mettre en doute la rigueur de son travail de recherche. Quelques citations seront peut-être la meilleure réponse à de telles critiques :



« Elle n’avait pas le droit d’écrire sur ces sujets. Ce sont des sujets interdits. »
 (le Quai d’Orsay)
 
« Je ne peux pas éditer ça. Je ne veux pas m’engager là-dedans. Il ne faut pas casser la machine. » (le PDG de Fayard)  
« Je ne veux pas emmerder Chirac. » (le PDG de Gaumont) 
« On ne fait rien là-dessus. On ne touche pas à cette histoire. C’est du TNT. »
 (un rédacteur en chef de L’Express)
 

Après avoir lu des ouvrages aussi éclairants, il devient plus difficile de parler de politique : on s’aperçoit que tout ce que l’on croyait savoir était faux, et cela vous rend plus humble et plus modeste ; et dès lors, les opinions entendues à gauche et à droite sur tel ou tel sujet, qu’il s’agisse du nucléaire, du terrorisme, de l’Iran, du Proche-Orient ou de la mondialisation, paraissent généralement insipides, voire grotesques.
Quand on commence à comprendre le jeu auquel se livrent depuis plusieurs décennies ceux qui, dans le monde, sont en position de se prendre pour de grands stratèges, la notion même de théorie du complot n’a plus beaucoup de sens ; et l’on comprend mieux pourquoi tous ceux qui nous dirigent ont tout intérêt à abêtir la population à grand renfort d’émissions de TV stupides, de spectacles idiots, de débats truqués, de gadgets de toutes sortes et de fausses préoccupations centrées sur des sujets que l’on fait croire d’autant plus essentiels qu’ils sont accessoires.
Repost 0
23 septembre 2007 7 23 /09 /septembre /2007 15:20

Supposons que, lors d’un dîner familial, vous remettiez en question la version officielle d’un événement : l’étrange « suicide » d’un homme politique, le crash d’un avion considéré comme le fleuron d’une industrie nationale, un « accident » de voiture dans un souterrain… ou bien, par exemple, « l’accident » d’avion ayant coûté la vie à Michel Baroin en Afrique, en 1987.

Attendez-vous alors à ce qu’un de vos auditeurs réfute sèchement vos propos. Il affirmera par exemple qu’il connaît l’Afrique, et qu’il est notoire que les petites liaisons aériennes y sont peu sûres ; mais surtout, il invoquera une « théorie du complot ».

Tout est dit. « Théorie du complot » : l’étiquette bien commode pour discréditer immédiatement toute argumentation.

Dans l’article que Wikipédia consacre à ce terme, le caractère péjoratif est affirmé d’emblée. Le « complot juif » est évoqué dès les premières lignes, illustré par une affiche tristement célèbre. Citons à ce propos un ami internaute :

Combien de fois nous a-t-on accusés de faire partie d’une organisation juive mondiale qui contrôlerait le monde ? Pendant un temps, j’y ai cru. Et à chacun, je demandais s’il avait connaissance de la date et du lieu de la prochaine réunion (...) afin que j’y participe, n’ayant pas reçu de convocation. Je voulais, moi aussi, contrôler le monde. Malheureusement, c’est tellement secret que jamais personne n’a pu me répondre. Du coup, je me demande si c’est vrai... (« Clovis », posté sur « le Blognadel » le 11 avril 2007)

Au passage, une remarque concernant les Protocoles des Sages de Sion : ce sinistre document qui alimente depuis un siècle la théorie du complot juif nen est pas l’énoncé, il est lui-même l’outil d’un complot bien réel : un complot contre ceux que l’on accuse de comploter !

Si je me réfère à l’acception courante du terme, la thèse du film « JFK » d’Oliver Stone, relative à l’assassinat du président Kennedy, est une théorie du complot ; de même, l’ouvrage « La Société du spectacle » et son complément plus tardif, les « Commentaires sur la Société du spectacle » dans lequel Guy Debord évoque les « propriétaires du monde ». Contrairement à la théorie du complot juif qui envisage un projet démesuré impliquant une population dispersée et constituée de millions d’hommes, de femmes et d’enfants, les théories dont je veux parler ici identifient une convergence d’intérêts plausible au sein d’un ensemble limité d’individus détenant des positions particulières dans la société : elles ne sont donc pas a priori absurdes.

Une théorie n’est pas fausse par définition, et personne ne songerait à prétendre qu’aucun complot n’a jamais existé dans l’histoire. C’est pourquoi il peut être parfaitement légitime d’accorder du crédit à certaines théories du complot.

Au fait, quelles sont donc les motivations réelles de ces contradicteurs peu propices au débat, qui prétendent voir des théories du complot un peu partout et des complots un peu nulle part ? Partageraient-ils les intérêts de ceux qui ont quelque chose à cacher ? Ne manifestent-ils pas plutôt le besoin d’avoir le dessus dans la discussion ? Ou bien, peut-on croire qu’ils expriment sincèrement leur propre conviction ?

Accordons-leur le bénéfice du doute. Dans cette dernière hypothèse, ils ont une théorie, selon laquelle ce que vous exprimez n’est qu’une théorie du complot. Leur théorie, c’est donc la théorie de la théorie du complot. Or, on l’aura compris, concernant les tenants de la théorie de la théorie du complot, j’ai ma théorie : une théorie de la théorie de la théorie du complot. Ceux qui mettront en doute la validité de mon raisonnement devront admettre que, ce faisant, ils formulent eux-mêmes… une théorie de la théorie de la théorie de la théorie du complot. Je continue ?
Repost 0
Published by Marcoroz - dans Drôle de société
commenter cet article
17 septembre 2007 1 17 /09 /septembre /2007 11:06


Nos scientifiques et nos hommes politiques découvrent tout d’un coup, du jour au lendemain, ce que tout le monde savait depuis longtemps : que la situation est « très grave » aux Antilles, que la Martinique et la Guadeloupe ont été « empoisonnées » par des pesticides et qu’il s’agit d’un « désastre sanitaire ».

Selon un cancérologue éminent, « le taux des cancers de la prostate est "majeur" aux Antilles » mais les scientifiques n’ont « pas encore la preuve épidémiologique » que le phénomène serait lié au chlordécone, un produit que la France « a interdit en 1990 sur son territoire, sauf... aux Antilles ».

Le traitement au chlordécone (un nom prédestiné), même s’il est réservé aux habitants de ces lointaines îles, n’est donc pas exactement un traitement de faveur.

Quelle belle illustration du cynisme de nos dirigeants politiques successifs et de nos industriels, et de leur mépris pour la population - surtout quand il s’agit des DOM-TOM !

Remarquons au passage que certains, face à l’évidence et face aux preuves statistiques, attendent encore « la preuve épidémiologique ». La statistique est une chose, mais la médecine, monsieur, la médecine... Il faut savoir aussi que les producteurs de bananes ont le culot de trouver le rapport du cancérologue « pas assez scientifique » !

Quand tout le monde sera mort, on disposera peut-être enfin de preuves assez formelles pour décider qu’il y a urgence…

Terminons par une bonne nouvelle : le ministre de l’Agriculture propose « d’aller vers la banane zéro pesticide ». C’est à croire qu’un vent nouveau souffle sur la rue de Varenne…

Repost 0
16 septembre 2007 7 16 /09 /septembre /2007 14:32

Chers internautes, soyez les bienvenus sur mon blog !

Les billets que je publierai ici seront consacrés à toutes sortes de sujets. Par la force des choses, certains sujets reviendront sans doute un peu plus souvent que d’autres et révéleront des tendances, des traits de ma personnalité : on ne se refait pas, et comme disait quelqu’un, « ce que vous êtes parle plus haut que ce que vous dites » !

Je mettrai un point d’honneur à rendre ce blog intéressant et original en choisissant des sujets constituant matière à réflexion et en privilégiant l’honnêteté intellectuelle, la rigueur de raisonnement et la concision. Je m’efforcerai également de bannir toute langue de bois. Ici, pas de « politiquement correct », pas de souci de ne pas déplaire à tel ou tel, pas de raison d’État…

Les commentaires seront « modérés » : je crois au bien-fondé d’une certaine forme de censure – une censure dans le bon sens du terme. Plus précisément, ne seront publiés que les commentaires présentant une certaine pertinence par rapport aux sujets abordés, écrits dans un français correct, et dûment signés (au moins d’un pseudo acceptable). Ne seront pas admis les propos répréhensibles, grossiers ou obscènes, ni les attaques personnelles.

Il me semble qu’au milieu d’un océan d’inepties et de banalités, les blogs de haute tenue sont rares. Mon ambition, aujourd’hui, est de contribuer à relever le niveau.

Marcoroz, le 16 septembre 2007

Repost 0
Published by Marcoroz
commenter cet article

Le Blog De Marcoroz

  • : Le blog de Marcoroz
  • Le blog de Marcoroz
  • : Un blog ... d'excellente tenue, tant sur le fond que sur la forme ... (Menahem) - Un des meilleurs blogs ... vos articles m'enchantent à chaque fois. (Pascal) - ... une belle plume, une vraie réflexion ... (Feenix) - ... rigueur, concision, et pas de langue de bois. (Spqr) - ... une œuvre de salubrité publique ... (Stella) - ... des idées et une approche intéressantes ... (Roland) - Beau, frais, lumineux comme ces rayons de soleil au matin ... (Pierre)
  • Contact

Libérez Pollard !

 Jonathan Pollard

Archives

עם ישראל חי

POUR SION JE NE ME TAIRAI PAS !
POUR JÉRUSALEM JE NE RESTERAI PAS SILENCIEUX ! (Isaïe 62:1)

Marcoroz