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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 14:01

 

« Jew or Not Jew » : Juif ou pas juif. C’est le nom (et le thème) d’un site américain qui recense des personnages connus dont il n’est pas toujours évident de savoir s’ils sont juifs ou non, et qui propose pour chacun une réponse argumentée.

 

Il importe de préciser que le site JONJ est plein d’humour et ne se prend pas trop au sérieux. Le « verdict », bien qu’établi sur la base de faits et de données tangibles, ne se veut généralement pas définitif. Par ailleurs, il n’a pas un caractère totalement binaire : le personnage étudié pourra être étiqueté comme juif ou comme non juif, mais aussi, comme « difficilement juif », ou comme « cas limite ».

 

Une note est attribuée, le « Jew Score », calculé par addition de trois scores compris entre 0 et 5 : le score I, fonction des origines familiales du sujet et du fait qu’il se considère ou non comme juif, le score O, indiquant dans quelle mesure le sujet ressemble à un Juif et se comporte comme un Juif, et enfin, le score K, qui indique dans quelle mesure les administrateurs de JONJ ont envie que ce personnage soit juif.

 

JONJ-Daffy-1.jpgUn non-juif qui ne fait pas l’objet de ragots concernant une appartenance fantasmée au peuple juif n’a pas de raison d’apparaître sur ce site. Aussi le score 0 reste-t-il exceptionnel : il n’est attribué, à ce jour, qu’à trois tristes sires : Hitler, Staline et Mel Gibson.

 

Des personnages comme Sholem Aleichem et Golda Meir obtiennent le score maximum de 15, mais Judas Iscariote n’obtient que 9 (on s’en est tenu, apparemment, à une lecture des Évangiles au premier degré). Charlie Chaplin, pas juif, se voit cependant attribuer un meilleur score que Monica Lewinsky.

 

Le catalogue de JONJ, qui s’enrichit de jour en jour (mais en privilégiant la culture télévisuelle américaine, il me semble), peut être consulté selon différents critères de tri : par nom, par score, par date de publication et par catégorie de personnages (artistes, personnalités politiques, etc. et même, personnages de fiction).

 

On peut suggérer des ajouts aux administrateurs. Pour ma part, je n’ai pas eu jusqu’à présent la main heureuse : mes suggestions n’ont pas été retenues. Un jour,  j’avais proposé Daniel Auteuil. Peut-être aurais-je eu plus de chances avec Marion Cotillard ? Mais voilà, je ne connais personne qui la prenne pour une Juive ! (P.S.: il y a des gens qui se posent la question, d'où sa présence sur ma liste.)

 

Personnellement, je trouve ce site amusant et dénué de tout aspect malsain, contrairement à une application logicielle du même nom qui a fait scandale récemment.

 

Cela dit, et même si cela peut sembler paradoxal, je serais le premier à dénoncer la création d’un site à l’image de JONJ dans le contexte français ou européen. En effet, si j’ai affirmé précédemment que ce site n’avait rien de malsain, c’est parce que le contexte américain est complètement différent (sans compter qu’il s’agit plutôt, en l’occurrence, du contexte juif américain).

 

À ce jeu, en publiant ma liste de non-juifs pris pour des Juifs, je m’étais limité à la partie « pas juif », la seule acceptable de ce côté de l’Atlantique. Je n’avais pas entrepris de justifier chaque élément de ma liste, car il eût fallu pour cela que j’y consacre non pas une simple page, mais un site Internet tout entier. Le jeu ne m’avait pas paru en valoir la chandelle, ce que la suite m’a confirmé – même si la page en question attire chaque jour bien davantage de visiteurs que tout le reste de mon blog (P.S.: j’ai fini par changer d’avis et j’ai créé en janvier 2013 un site ad hoc).

 

Enfin, et pour finir sur une note plus positive, certains articles de JONJ sont très instructifs. Ainsi, par exemple, c’est sur JONJ que j’ai commencé à découvrir l’histoire d’Emil Jellinek (1853-1918), une histoire qui m’a semblé assez cocasse pour que je poursuive mes recherches sur ce personnage extravagant et pittoresque et sur son rôle exact dans les premiers progrès de l’automobile. J’ai ainsi pu rassembler de nombreux détails piquants, que je me suis promis d’exploiter un jour ou l’autre pour écrire un article amusant et original. En attendant, j’ai traduit l’article en question et ce sera ma prochaine publication.

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 09:40

 

Par une matinée de 2006 que je voulais studieuse, je me retrouve inévitablement déconcentré, pris au dépourvu par l’effroyable vacarme d’un souffleur sous mes fenêtres.

 

Mes lecteurs habituels savent ce que je pense de ces engins de mort et de ceux qui les ont conçus, les fabriquent ou les utilisent. Ils se doutent que dans ces moments, il me vient des envies de meurtre.

 

Ce jour là, je ne passe pas à l’acte. Je ne me sens pas en position de force, faute d’un soutien suffisant au sein de la société.

 

À ce propos, je me perds en conjectures. Est-ce que personne d’autre ne travaille ? Le pâté d’immeuble serait-il déserté ? Ou bien, est-ce que je vis dans un monde de sourds ?

 

Se peut-il que je sois le seul, dans ce pays de soixante millions d’habitants, à être dérangé par le bruit et les vapeurs d’essence ?

 

Pour en avoir le cœur net, je lance une requête sur Google. Parmi les premiers résultats, je découvre un article fort bien documenté, publié sur un forum, expliquant l’inanité de ces engins et leurs nuisances.

 

J’ignore qui est l’auteur de cet article (je n’ai pas remarqué son pseudo, pourtant affiché dans la partie droite de l’écran), mais s’il réside en France, nous sommes donc au moins deux. Je me sens un peu moins seul. Je lui écris un petit mot d’encouragement.

 

Un peu plus tard dans la journée, je reçois un e-mail de mon frère, dans lequel il s’amuse à me vouvoyer à son tour.

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 20:20

 

Le siège de PSA (Peugeot-Citroën), avenue de la Grande-Armée, à Paris, fut le lieu d’une de mes premières expériences du monde des entreprises. Là, j’étais dans un environnement tout gris, entouré d’hommes en gris et de femmes qui faisaient généralement grise mine. Heureusement, il y avait dans un bureau voisin la présence intermittente de Marie-Hélène, une jeune femme de mon âge. Sa simplicité, sa bonne humeur et son rire formaient un contraste détonnant dans ce paysage guindé.

 

Un jour, il me semble que c'était pour nous rendre ensemble à l’Automobile Club, Marie-Hélène m’avait fait monter dans sa 104 Z. Plus exactement, c’était la voiture de son frère, m’avait-elle précisé. Nous sortons du parking, et roulez, jeunesse !

 

MHP-2010Nous gagnons la place de l’Étoile, relativement encombrée. Au beau milieu de ce champ de bataille, en bordure du terre-plein central et alors que nous sommes quasiment immobilisés, un chauffard nous percute à l’arrière. Nous sortons tous deux pour aller constater les dégâts éventuels. 

 

Le maladroit a visiblement esquinté son pare-choc et sa calandre, mais il n’est peut-être pas à cela près. Heureusement, la 104 Z est intacte. Ma conductrice se contente de moucher élégamment l’importun, qui de son côté n’a rien de très intéressant à nous raconter.

 

L’incident est clos. La contemplation des victoires napoléoniennes, ce ne sera pas pour cette fois. Cependant, avant de remonter en voiture, je remarque le slogan collé au bas de la lunette arrière de la 104 Z : « Peugeot c’est costaud ».

  

C’est sans doute plus amusant encore si j’ajoute une précision, car j’ai gardé le meilleur pour la fin : la sympathique collègue qui me véhiculait ce jour là n’était autre que Marie-Hélène Peugeot, la fille du directeur général.

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 22:16

 

Une musique de circonstance

C’était dans une grande ville de l’est de la France, un concert de musique ancienne donné par des élèves des niveaux avancés du conservatoire national de région. J’étais de la partie, bien qu’ayant déjà décroché mon prix de conservatoire quelques années auparavant.

DP13186.jpgÀ l’initiative de notre estimée professeur, ce concert avait lieu dans la chapelle d’un hospice : nous allions donc jouer pour la bonne cause, offrir à tous ces pensionnaires grabataires et impotents un moment de plaisir, et sans doute les distraire un temps de leur condition.

J’avais choisi d’interpréter une pièce de Sweelinck, un compositeur flamand de la fin du XVIe siècle. Ce n’est que le jour même que je réalisai l’à-propos involontaire de mon choix. J’ignore si je fus le seul à m’en apercevoir, car personne ne me le fit remarquer. Toujours est-il que cela me fit bien rire intérieurement : cette série de variations sur une chanson profane était intitulée Mein junges Leben hat ein End’ (Ma jeune vie a une fin). Je jure qu’au moment où j’avais choisi cette œuvre, je n’avais pas fait le rapprochement.

 

Une tenue de circonstance

Ingénieur-analyste dans une société de services informatiques, j’avais été affecté à un projet concernant une caisse de retraite. Mes collègues et moi nous étions rendus sur place, et parmi nos interlocuteurs, Mlle S. se distinguait du lot par son jeune âge, et de ce fait, par une relative familiarité avec l’outil informatique, sans oublier sa tenue vestimentaire décontractée qui contrastait quelque peu avec le style de la maison.

disquette_070.JPGDe retour en nos locaux, un de mes collègues évoquant dans la conversation « le réseau » actuel, je manifestai ma surprise : de quel réseau parlait-il ? Chez ce client, les différents postes de travail n’étaient pas encore reliés. C’était précisément à nous qu’il revenait de proposer, pour la première fois, une solution en réseau. Mon collègue, qui était britannique, me répondit qu’il faisait allusion à ce que les Anglo-Saxons appellent  sneakers network – littéralement, le « réseau des baskets » – une de ces expressions imagées dont ils ont le secret. Il s’agissait, bien sûr, du transfert de fichiers par disquette d’une machine à une autre. Je reçus cette information comme un petit cadeau linguistique, comme une amusante petite pièce de collection à ajouter à mon vocabulaire anglais.

Lors de ma visite suivante dans la caisse de retraite en question, le lendemain, j’étais en réunion avec le directeur de l’institution et un ou deux collègues quand Mlle S. entra dans la salle. Je repensai avec un certain amusement à ce que m’avait appris mon collègue anglais. En effet, je venais de vérifier d’un coup d’œil la pertinence de son propos de la veille : la jeune femme avait bien des baskets aux pieds.

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 14:11

  

Dans un échange de courriels sur un sujet sans rapport direct avec ce qui va suivre, un monsieur ayant visité mon blog m’écrit : « [J]e pense qu’il est prudent que nous évitions d’aborder le conflit israélo-palestinien. » Sage réflexion, de la part d’une personne qui a remarqué mes positions diamétralement opposées aux siennes sur ce sujet sensible.

 

Il faut croire que c’est plus fort que lui, car il ajoute aussitôt : « [J]e suis […] anti-sioniste et je n’admets pas qu’un peuple qui a tant souffert puisse en faire souffrir un autre. » Comme disait John Cleese, Don’t mention the War !


Passons sur le côté erroné (ou mensonger) de cette assertion, sur lequel je n’ai pas besoin de revenir.

 

Ce monsieur admet donc qu’un peuple qui n’a pas spécialement souffert puisse en faire souffrir un autre. Ne pas avoir souffert donnerait donc le droit de faire souffrir autrui, tandis que si vous avez-vous-même souffert, alors on doit vous refuser ce droit, à vous et à vous seul.

 

Bien évidemment, quand vous lui mettez sous les yeux la logique absurde qui sous-tend son propos, il vous répond qu’il n’admet cela d’aucun peuple. Mais dans ce cas, pourquoi fait-il entrer en ligne de compte le passé du peuple dont il est question ? Et pourquoi réserve-t-il ce genre de commentaire au seul cas d’Israël ?

 

BDV-fev-09-a.jpgEn outre, ceux qui prétendent refuser un « droit » aux Juifs (et à eux seuls) sous prétexte qu’ils ont souffert, tiennent bien souvent le raisonnement inverse à propos d’autres nations ou d’autres populations. Certains trouvent des circonstances atténuantes aux pires régimes despotiques et aux agresseurs les plus cruels, sous prétexte que ce sont d’anciens colonisés. Quant aux « Palestiniens », justement, on leur pardonne tout, y compris les attentats-suicides contre des civils et les assassinats d’enfants. Il faut les comprendre, les pauvres, ils ont souffert.

 

Ou bien, ils tiennent ce raisonnement inverse à propos des criminels et des délinquants dans la société où ils vivent (en l’occurrence, en France) : ils leur trouvent des circonstances atténuantes, en raison de leur enfance malheureuse – voire même, en raison du passé supposé douloureux de leur famille d’anciens colonisés. Pour tous ceux-là, au contraire, avoir souffert donnerait des « droits ». La contradiction ne semble pas les gêner outre mesure.

 

Le refus exprimé par ce monsieur ne porte pas sur le fait (fantasmé) qu’une souffrance serait infligée à quelqu’un, mais sur l’identité de celui qui est censé l’infliger. En d’autres termes, il réserve un critère de jugement très particulier – ce que l’on appelle appliquer deux poids et deux mesures – à ce « peuple qui a tant souffert ». Il importe aussi de noter que le peuple en question, le « peuple qui a tant souffert », n’est pas le peuple israélien, mais le peuple juif.

 

Loin de moi l’idée de qualifier ce monsieur, particulièrement sensible à la souffrance des Juifs, d’antisémite. Mais comme je le disais plus haut, il y a quelque chose qui est plus fort que lui. Car enfin, appliquer deux poids et deux mesures selon qu’il s’agisse des Juifs ou d’une autre population (et ce, en défaveur des Juifs), quel est le terme pour qualifier cela ?

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 22:22

J’ai regardé le documentaire « Apocalypse », d’Isabelle Clarke et Daniel Costelle (il s’agissait en fait du troisième et du quatrième épisodes), qui était suivi d’une interview des auteurs. J’ai certes relevé deux ou trois petits détails discutables dans le film, mais dans l’ensemble, je dois reconnaître qu’il était remarquable (P.S.: bof, pas tant que cela, finalement).

Je m’imaginais que la discussion aussi serait intéressante. Mon illusion s’est rapidement dissipée. Je n’aurais pas pensé que deux personnes ayant réalisé une production de cette qualité pouvaient, sur un plateau de télévision, se montrer incapables d’ouvrir la bouche sans proférer une énormité.

C’est d’abord Isabelle Clarke qui a expliqué qu’Hitler était peut-être juif, sachant que l’identité de son grand-père paternel ne pouvait pas être connue.

Selon les lois de Nuremberg, la présence dans l’ascendance d’un seul parent ou grand-parent juif suffisait à établir le caractère non-aryen de la personne considérée (Wikipedia). Non-aryen ne voulait cependant pas dire juif.

Dans le « statut des Juifs » de Pétain, était « regardé comme juif [sic] toute personne issue de trois grands-parents de race juive ou de deux grands-parents de la même race, si son conjoint lui-même est juif ». Mais pour Isabelle Clarke, comme pour les imbéciles qui affirment que Nicolas Sarkozy est juif, un grand-parent, même inconnu, suffit.

Si j’écrivais qu’une personne élevée dans la religion catholique par deux parents catholiques doit être considérée comme protestante, dès lors qu’un de ses deux grands-pères l’était, je suis sûr qu’on commencerait à douter de ma santé mentale.

Si j’affirmais qu’un homme ayant au moins trois grands-parents noirs est peut-être un Blanc, tant qu’on n’est pas en mesure de prouver que son quatrième grand-parent n’était pas blanc, j’imagine qu’on me croirait fou (il est vrai qu’il semble généralement admis, si je me réfère à quelques exemples d’actualité, qu’un homme ayant autant d’ancêtres blancs que d’ancêtres noirs est un Noir).

Mais tout indique que dans ce domaine aussi, il y a deux poids et deux mesures dès que c’est des Juifs qu’on parle. C’est d’ailleurs ce qui explique, au moins pour une grande part, les curieuses réactions que suscite ma liste de non-juifs.

L’identité juive serait donc un gène que l’on pourrait avoir hérité, par exemple, d’un grand-père biologique inconnu ? Voilà qui renvoie à la théorie racialiste des nazis, mais même selon cette théorie, un grand-parent ne suffisait pas.

Et puis, enfin, définir la judéité de cette manière, se rend-on compte de ce que cela suppose de mépris pour toute la dimension religieuse, spirituelle, culturelle, historique et morale du judaïsme ?

Quand Daniel Costelle a pris à son tour la parole, il a commencé par assimiler le nationalisme à Hitler (ou le contraire, peu importe). C’est là que j’ai éteint la télé.

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 12:11

Le jour où j’avais photographié avec mon téléphone portable l’affiche représentant Guilad Shalit sur la façade de la mairie du XVIe arrondissement de Paris, au moment de son inauguration, j’avais formé le vœu de ne plus changer de fond d’écran tant que durerait le calvaire de ce jeune homme. Ainsi, désormais, je penserais à lui chaque fois que j’utiliserais mon téléphone.

Compte tenu des difficultés et du temps qu’il a fallu pour obtenir un accord, j’en viens à me demander si, en réalité, ce n’est pas l’arme nucléaire que le Hamas a obtenue en échange. Je plaisante, quoique à moitié seulement.

Guilad ShalitEn France, il était sans doute souhaitable de faire valoir la double nationalité de Guilad Shalit auprès du gouvernement, mais peut-être pas d’insister publiquement sur ce sujet. Le jeune Israélien méritait – aurait mérité, devrais-je peut-être dire – le soutien du gouvernement et du public français, non pas parce qu’il avait aussi la nationalité française, mais parce qu’il était victime de la barbarie. Le résultat est que les ennemis d’Israël ont dégoté un terroriste « palestinien » incarcéré en Israël ayant lui aussi la nationalité française, et ont tenté, non sans un relatif succès, de mettre en équivalence le criminel et l’innocent.

Dans son allocution, le Premier ministre israélien annonce que Guilad Shalit va revenir sain et sauf. Je ne suis pas psychiatre et j’espère me tromper, mais même dans l’hypothèse déjà douteuse où sa santé physique aurait été totalement préservée, je suis sûr qu’une telle épreuve laisse nécessairement de graves séquelles psychiques.

M. Netanyahou a expliqué qu’il devait arbitrer entre deux exigences contradictoires, le retour de Guilad Shalit et la sécurité d’Israël, et qu’il avait fait de son mieux. Je veux bien le croire, mais les politiques israéliens qui ont critiqué l’accord n’ont pas nécessairement tort pour autant.

Naturellement, dans les milieux du politiquement correct, les critiques en question seront considérés, dans le meilleur des cas, comme des rabat-joie. La presse française les qualifie de « faucons ». Si je ne savais pas que c’est par opposition aux « colombes » qui sont tombées dans le panneau d’Oslo, je me demanderais quel sinistre rapport on a pu établir entre l’oiseau de proie et les intéressés. Cette expression est très rarement employée à propos de responsables politiques d’autres pays, même des pays en guerre comme par exemple la France, impliquée dans des conflits en Afghanistan et en Libye. Je n’ai encore jamais entendu parler de « faucons » français, russes, chinois, coréens, américains, turcs ou arabes. Ce terme fait partie du vocabulaire réservé à Israël (voir aussi « territoires occupés », « colonies », « ultra-orthodoxes », « riposte disproportionnée », « intransigeance » et j’en oublie).

Si Guilad a vraiment été échangé contre un millier de terroristes emprisonnés en Israël, il faut croire que la vie d’un Juif vaut mille fois plus que la vie d’un Arabe. Les ennemis d’Israël pourront difficilement le nier, sachant que ce sont les Arabes eux-mêmes qui dictent leurs exigences sur la base de ce principe. Curieusement, les commentateurs occidentaux qui jugent cet accord équilibré sont les mêmes qui parlent de disproportion dès qu’il meurt plus d’Arabes que de Juifs dans ce conflit.

Je me désole de constater qu’Israël n’est même plus capable d’aller récupérer un de ses soldats détenu à quelques kilomètres seulement de sa frontière. Je remarque aussi qu’Israël n’est plus capable de sacrifier un seul soldat, ce qui est peut-être plus préoccupant encore. Je regrette aussi que l’accord en question encourage l’une des deux parties, à savoir le camp des tueurs, des kidnappeurs et des maîtres-chanteurs, à perpétrer d’autres enlèvements et d’autres attentats.

Cela ne m’empêche pas de me réjouir, bien évidemment, du retour de Guilad Shalit. Accessoirement, je vais aussi pouvoir enfin changer le fond d’écran de mon téléphone.

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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 14:27

M’inspirant d’un célèbre exemple de variations homophoniques présenté par l’Oulipo et portant sur le nom de la cantatrice Montserrat Caballé, j’ai choisi (au hasard) le nom d’une autre personnalité de notre époque et je me suis livré au même exercice. Le jeu consistait à trouver le plus grand nombre possible d’énoncés homophones et à justifier chaque énoncé par une petite fable. Voici :

 

* * * * *

Un jeune Libanais prénommé Amine imprime des pages d’un portail Internet dont la réputation est quelque peu sulfureuse, puis, avec la bénédiction de son entourage, il les dispose les unes à côté des autres sur toute la surface d’une grande table.

Énoncé : Béni, Amine étale Yahoo.

 

* * * * *

Alors qu’il se préparait à déposer sa fille Tania chez ses beaux-parents, Michel reçoit un coup de téléphone de sa femme. Celle-ci lui explique que le moment est mal choisi pour rendre visite aux grands-parents. Dans un langage peu stylé, il lui demande alors ce qu’il doit faire.

Énoncé : « Ben, j’amène Tania où ?! »

 

* * * * *

Une dame revient d’un magasin d’accessoires pour animaux avec un peigne qu’elle a acheté pour pouvoir lisser le pelage de ses chats. Cependant, l’expérience se révèle décevante. En effet, les chats réagissent par des miaulements et autres signes d’un vif agacement.

Énoncé : Peigne à minets tanne, miaou !

 

* * * * *

Observant un camion benne d’un modèle peu courant, un passant se demande s’il ne servirait pas à l’exploitation du minerai d’étain. Ayant jeté un coup d’œil à l’intérieur de la benne, il se dit qu’elle a plutôt contenu du charbon. Après un examen plus minutieux, il change encore d’avis.

Énoncé : Benne, ni à mines d’étain ni à houille.

 

* * * * *

De retour d’une excursion, un jeune vacancier retrouve ses amis restés au bord de la mer. En son absence, n’ont-ils pas profité de la plage en compagnie de jeunes filles ? Ils l’informent qu’il n’en a pas été ainsi, car ils ont dû changer leur programme en raison d’un impondérable.

Énoncé : Baignade, minettes, ah, il n’y a eu !

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 10:17

Il y a une bonne dizaine d’années, j’avais participé à une journée de protestation pacifique contre l’enfouissement des déchets nucléaires sur le site de Bure, aux confins de la Meuse et de la Haute-Marne. Plusieurs associations, entre autres Greenpeace, étaient parties prenantes.

Des stands avaient été installés sur une terre desséchée, cruellement déboisée et parsemée d’herbes sauvages : un paysage plutôt austère, surtout par contraste avec les forêts environnantes, mais en même temps dépaysant par ce temps d’été : pour un peu, je me serais cru sur un autre continent.

Bure.jpgUn restaurant végétalien de campagne avait été installé. Tout y était conçu pour une efficacité maximum. Chacun, à son tour, prenait un plateau sur une pile, trouvait les couverts à portée de main, faisait ensuite un ou deux pas pour se servir dans les hors-d’œuvre, puis, en continuant, arrivait aux plats chauds, etc. Après le repas, on rapportait son plateau et on lavait sa propre vaisselle dans trois bacs successifs : le premier bac servait à nettoyer grossièrement la vaisselle, le deuxième bac permettait de la nettoyer plus complètement, et le troisième, de la rincer. On rangeait ensuite les assiettes et les couverts lavés sur un égouttoir situé dans le prolongement des trois bacs et qui jouxtait la réserve de couverts à la disposition des nouveaux arrivants, et la boucle était bouclée. Naturellement, les déchets étaient triés et recyclés. Tout cela était réglé comme du papier à musique. C’est bien évidemment à une équipe de jeunes Allemands qu’on devait cette organisation admirable.

Dans l’après-midi, une marche avait été organisée jusqu’au village voisin.

Sur le chemin du retour, tout en marchant, j’avais soudain entendu derrière moi des voix qui chantaient Osseh shalom (un chant juif bien connu, tiré de la liturgie). J’avais alors ralenti le pas.

C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de ............., un Juif champenois dont la famille était originaire du midi. Nous avons naturellement parlé de nos préoccupations communes, et ............. m’a appris quelques détails concernant la campagne mondiale de haine alors orchestrée contre le Premier ministre israélien Ariel Sharon, et à travers lui, contre la nation juive.

J’avais renoncé depuis longtemps déjà à lire la presse et à suivre les « informations » à la télévision et à la radio, mais je n’étais pas encore un adepte de l’Internet, et ce jour là, grâce à ............., j’ai pris davantage conscience de la gravité de la situation. Ce moment à Bure aura sans doute été un des déclics à l’origine de mon militantisme actuel pour la défense d’Israël.

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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 16:51

Du côté des défenseurs de la civilisation (je veux parler de ceux qui dénoncent l’islamisation rampante de l’Occident et la tartuferie des gauchistes, altermondialistes et autres bobos), on a tendance à condamner d’un bloc tout ce qui est écologique. C’est sans doute par réaction contre les partis prétendument écologistes, qui sont plus rouges que verts. Mais c’est tout de même agaçant.

 Sur certains blogs et forums de cette tendance, on lit que le tri sélectif et d’autres mesures de ce genre seraient inefficaces, voire contraires au bon sens, que le changement climatique serait un mythe, que la filière des produits « bio » serait une arnaque, etc. 

 Le « bio », une arnaque ? Pour faire un sort à ce genre de ragot infondé, je peux tout simplement me référer à mon expérience personnelle.

Tomates-grappe.jpgMes problèmes de cuir chevelu ont disparu depuis que j’utilise des shampoings « bio ». Je ne suis plus enrhumé pendant une grande partie de l’hiver depuis que je consomme un produit à base de propolis que l’on trouve exclusivement dans certains magasins bio. Les seuls comprimés de vitamine C que je connaisse qui ne contiennent aucun colorant ni autre additif chimique sont ceux que j’achète dans les magasins bio. Naturellement, ils ont la même teneur en produit actif, et donc la même efficacité, les éventuels effets secondaires en moins.

Chez mon distributeur bio habituel, j’achète des produits de vaisselle concentrés qui sont non seulement moins polluants que les autres et moins agressifs pour la peau, mais aussi plus économiques : un flacon coûtant trois ou quatre euros me permet de faire ma vaisselle pendant huit mois. J’y trouve aussi d’excellents pains, qui durcissent sûrement moins vite que ceux que vous achetez chez votre boulanger.

Il y a aussi toutes ces préparations riches en protéines qui servent de substitut à la viande, bien plus variées et généralement meilleures que les rares produits équivalents que l’on peut trouver dans les grandes surfaces.

Les détracteurs de la filière bio affirment aussi que les produits sont trop chers ?

Figues fraîches-1Hier (23 septembre 2011), les courgettes (d’Espagne), chez le marchand de primeurs le plus proche de chez moi, étaient à 4,99 euros le kg. Le prix des mêmes courgettes (mais de France) dans mon magasin bio : 2,95 euros le kg.

De même pour les tomates en grappe : 5,90 euros le kg chez le marchand de primeurs, et les mêmes à 2,99 euros le kg dans mon magasin bio. Les figues fraîches : 14,80 euros le kg, contre 11,99 euros au « bio ».

Et tout cela, sans même aborder l’aspect éthique de la chose.

Alors, mes amis, il faudrait peut-être arrêter de dire et d’écrire n’importe quoi.

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