Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 16:00

 

Trois mois sans publier un seul article ! Pour me rattraper, voici quelques-unes de mes propres réflexions sur différents sujets, telles que je les ai publiées lors de discussions sur divers blogs au cours de ces dernières années :

 

 

Sur l’abattage rituel :

 

Jusqu’ici, il semble que l’abattage industriel et les élevages en batterie, dont la similitude avec les camps nazis a été justement évoquée, trouvent leur place dans la « civilisation occidentale » ; de même que la chasse, sous ses différentes formes (plus cruelle l’une que l’autre), la pêche, sous ses différentes formes (plus cruelle l’une que l’autre), la destruction des écosystèmes et du cycle de l’eau, les spectacles d’animaux exotiques et les parcs à dauphins, la corrida, et j’en passe. Dans ces conditions, montrer du doigt l’abattage « rituel », halal ou cachère, en évoquant la souffrance des animaux, est pour le moins suspect.

 

 

Sur les chiens, les chats et les trottoirs :

 

Pourquoi devrions nous accepter des animaux ce que nous n’accepterions pas des gens ? Ou plus exactement, pourquoi devrions-nous accepter sur nos trottoirs des étrons et de la pisse quand cela vient des chiens, et pas quand cela vient des humains ?

 

Les chats ne sont pas plus propres que les chiens. La différence, c’est que le maître du chat l’habitue à une litière à la maison, tandis que le maître du chien habitue son chien au trottoir. Si c’était le contraire, les trottoirs seraient jonchés de crottes de chats et ce ne serait pas plus ragoûtant.

 

 

Sur les centres d’intérêt des gens :

 

Il y a quelque temps, j’avais évoqué l’affaire Al-Dura dans ma propre famille. Mes interlocuteurs ne voyaient pas de quoi il s’agissait. Ce nom ne leur disait pas grand chose. Un matin, je parlais de Charles Enderlin à un ami qui habite en région parisienne, qui est juif et qui passe chaque année ses vacances d’été en Israël. Il ne voyait pas qui c’était. Parfois j’ai l’impression que je vis dans un autre monde que tous ces gens qui m’entourent. Et alors, je m’étonne un peu moins qu’ils croient tous, par exemple, qu’il y aurait deux peuples sur une terre, qu’il faut faire la paix, un tas de bêtises

 

Et pourtant, ceux dont je parle ont fait des études supérieures, ont un métier scientifique ou autre, ont des activités culturelles, lisent des livres, sont abonnés à des magazines. Il est vrai que je suis le premier à relativiser tout cela, surtout en ce qui concerne ce dernier point…

 

Je remarque que lorsque nous recevons des amis ou quand nous sommes reçus, on ne discute jamais de ces problèmes. On parlera des enfants, des parents, des vacances, de tel ou tel magasin qui fait des promos, de tel ou tel restaurant… En famille, c’est la même chose.

 

C’est pour cela, je pense, que nous nous retrouvons sur certains blogs, pour des discussions intéressantes que nous n’avons pas avec les gens qui nous entourent, pas même avec nos amis et nos proches. En tout cas, c’est ainsi en ce qui me concerne.

 

Et, en effet, comment les « jeunes des banlieues », par exemple, pourraient-ils réfléchir aux grands problèmes du monde, si même ceux qui, en raison de leur éducation, de leurs études, de leur métier, de leurs hobbies, croient appartenir à une certaine élite, en sont eux-mêmes incapables ? Comment les voyous incultes des zones bétonnées où règnent les gangs pourraient-ils exprimer autre chose que des vieux clichés ridicules, si seules les personnes qui fréquentent certains blogs particuliers échappent à ce prêt-à-penser ?

 

 

Sur l’affaire Al-Dura :

 

Même si l’imposture Al-Dura n’en avait pas été une, même si le garçon avait vraiment été tué, et même s’il avait été tué par des soldats israéliens, et même si ces derniers s’étaient réellement amusés pendant 45 mn à essayer de le dégommer (comme l’ont affirmé Enderlin et son caméraman), eh bien, la diffusion de ce « reportage » n’en aurait pas moins eu les effets dévastateurs qu’elle a eus. Je veux dire que même dans cette hypothèse absurde où il se serait agi d’un fait authentique, Enderlin et France Télévisions, en rapportant ce fait à leur manière, se seraient rendus coupables d’incitation à la haine antisémite et au meurtre. Daniel Pearl et les autres n’en auraient pas moins été torturés et tués à cause de cela. Mais on dirait que personne autour de nous n’en a l’idée.

 

Or, la réalité est pire encore, puisque tout ce déferlement de haine, de violence et de meurtres, qui est loin de se tarir, a été provoqué par une mystification totale, un « bidonnage » dont on n’en revient pas qu’il ait si bien marché, alors qu’il était pourtant si mal ficelé, et que, dans cette histoire telle qu’Enderlin et ses comparses nous l’ont présentée, rien ne tient la route.

 

 

Sur l’avortement :

 

Ceux qui dénoncent la légalisation de l’avortement ont tendance à préférer jouer sur l’émotion plutôt que d’utiliser les arguments rationnels qui, sans doute, leur font défaut. Primo Levi disait qu’il faut se méfier de ceux qui veulent nous convaincre par d’autres voies que la raison. Quelqu’un m’écrit que c’est d’un enfant qu’il faut parler, non pas d’un fœtus ou d’un embryon. Je lui réponds que les mots fœtus et embryon désignent le fœtus ou l’embryon, comme le mot téléphone sert à désigner le téléphone et comme le mot écureuil sert à désigner l’écureuil. Un enfant est un enfant, un embryon est un embryon. Vous reprochez aux gens de gauche de pervertir le sens des mots, lui dis-je, mais vous faites la même chose.

 

Par ailleurs, je suis bien persuadé qu’un certain nombre de sexagénaires et de septuagénaires qui se sont opposés à la légalisation de l’IVG dans les années soixante-dix ne s’étaient pas montrés aussi acharnés à défendre « la vie » trente ou trente-cinq ans plus tôt, quand on déportait les Juifs y compris les enfants et les femmes enceintes.

 

 

Sur la corrida :

 

Je pense que les rares fois où l’homme est blessé par le taureau, cela procure aux spectateurs la même jouissance que lorsque c’est le taureau qui est blessé. Et sur ce point, ce ne sont pas ceux qui prétendent, contre toute évidence, qu’il s’agirait d’un combat loyal, d’une sorte de duel, qui pourront me contredire. Dans les deux cas, le sang dont la vue les émoustille tant est de la même couleur.

Repost 0
Published by Marcoroz - dans Drôle de société
commenter cet article
25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 11:53


En entrant dans la première salle de l’exposition que la ville de Boulogne-Billancourt a consacrée à Brigitte Bardot (en 2010), le visiteur tombe d’abord sur une affiche évoquant l’intervention de l’actrice en faveur des Rosenberg.

Dans les années soixante-dix, la télévision française avait diffusé sous forme d’une série d’épisodes un téléfilm poignant de Stellio Lorenzi, « Les Rosenberg ne doivent pas mourir ». Je me souviens de cette réplique de Marie-José Nat incarnant Ethel Rosenberg : « nous sommes les premières victimes du fascisme américain ». Il me semble que seul le sinistre journal Minute avait remis en question l’innocence de ce couple. Or, on sait aujourd’hui que Julius et Ethel Rosenberg étaient vraiment coupables, et qu’ils avaient mérité leur peine. J’ajouterai que le monde n’a pas fini de payer leur crime.

On ne peut évidemment pas reprocher à « B.B. » d’avoir pris leur défense, au début des années cinquante, comme tant de célébrités au premier rang desquelles Albert Einstein. Au contraire, c’était tout à son honneur. Mais ce que je voudrais souligner ici, c’est qu’à l’époque, la jeune star s’engageait déjà dans les causes humaines les plus nobles. Elle n’avait alors pas plus de dix-huit ans.

BB.jpgQuant aux animaux, ils ont toujours beaucoup compté pour elle, dès son enfance, et son engagement en leur faveur est connu dès 1962. Honte à tous ceux qui ont cru pouvoir affirmer que l’actrice s’était tournée sur le tard vers la cause des animaux pour telle ou telle raison opportuniste.

Dans le cadre de son combat pour les animaux, certains ont pu reprocher à Brigitte Bardot quelques bourdes, et je reconnais avoir été de ce nombre. Aujourd’hui, même si je me sens plus proche d’autres associations de défense des animaux, je ne peux que saluer avec respect le travail de la Fondation Brigitte Bardot et le mérite de sa fondatrice.

À cette exposition, il y avait un dessin de Sempé représentant des personnes agglutinées sur un trottoir et formulant des critiques à l’encontre de Brigitte Bardot : quelqu’un relativise sa beauté, un autre son talent, un troisième doute de sa postérité, etc. Quand le visiteur, après avoir lu toutes les bulles, contemple le dessin dans sa globalité, il s’aperçoit que toute cette foule fait la queue pour aller contempler l’intéressée dans une grande salle de spectacle.

Je songe aussi aux crétins qui prétendent comparer la beauté d’une femme de soixante-quinze ans passés à celle d’une jeune femme de vingt ans.

On pourrait dire que Brigitte Bardot, première femme à avoir incarné Marianne, est à la France ce que la reine Élisabeth II est à l’Angleterre. Seulement, les Français, un jour, ont coupé la tête de leur roi, et je crois qu’ils n’en sont toujours pas guéris.

Je regrette bien évidemment que cette unique figure emblématique de notre pays ait fini par lier son destin à celui d’un membre du parti que l’on sait, et surtout, qu’elle n’ait pas su se démarquer sans ambiguïté de l’appartenance politique de son mari. Cependant, je ne crois pas que ce soit la véritable raison pour laquelle elle est devenue une cible de choix pour ceux dont la spécialité est de tout désacraliser.

Finalement, peut-être doit-on retenir surtout le message que suggère Sempé : il est de bon ton, en France, de critiquer et de désavouer les héros et les stars les plus adulés.

Pour ma part, j’ai voulu prolonger sur ce blog l’hommage que je rends à Brigitte Bardot à l’occasion de ma visite de cette exposition, laquelle exposition a été prolongée, elle aussi, en raison de son succès.

Repost 0
Published by Marcoroz - dans Drôle de société
commenter cet article
25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 23:15

 
Quelques-unes de mes photos coquines prises ce mois d'août sur la plage de Deauville...

Repost 0
Published by Marcoroz - dans Drôle de société
commenter cet article
19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 22:09

 

Pourquoi le métro parisien, malgré des efforts de nettoyage considérables, est-il toujours sale ? Pourquoi est-on si souvent incommodé par de mauvaises odeurs, dans les rames comme dans les couloirs ? Clochards, vomi, urine, etc. (ne pas négliger le « etc. »), comme je plains ceux qui subissent cela tous les jours, la cohue en plus !

Quand on croit y échapper, c’est pour subir les vociférations de quêteurs vindicatifs et plus ou moins agressifs ou le vacarme de joueurs d’accordéon et autres musiciens médiocres voire très mauvais, souvent même honteusement « sonorisés ». Le plus désespérant est peut-être que tout cela se déroule juste au-dessous d’une affichette rappelant un règlement, déjà bien ancien mais toujours en vigueur, qui interdit formellement de troubler la tranquillité des voyageurs.

Je me demande le pourquoi de cette différence avec le métro de Prague, dont j’ai déjà parlé. Faut-il croire que les Tchèques ont gardé des habitudes prises sous la botte d’un régime totalitaire, celle d’être « réglo » et disciplinés par exemple ?

Autre différence entre Paris et Prague, l’absence dans la capitale tchèque de manifestations anti-israéliennes suite aux événements de Gaza.

À croire que la population tchèque n’a jamais gobé les mensonges de la propagande communiste…

Si le métro de Prague est propre, serait-ce grâce au communisme ?

Si la propagande anti-israélienne ne prend pas à Prague, serait-ce malgré le communisme ? Ou peut-être, justement, grâce à lui ?

Ou bien, peut-être la réponse à ces deux questions n’a-t-elle rien à voir avec le communisme ?

Qui sait ?

Repost 0
Published by Marcoroz - dans Drôle de société
commenter cet article
16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 13:50


Le romancier J.M.G. Le Clézio vient de se voir décerner le prix Nobel de littérature. Parler des livres qu’on n’a pas lus est à mon avis un des arts les plus respectables, mais Le Clézio, pour moi, c’est d’abord « La Guerre », un de ses premiers romans. Qu’il me pardonne, et j’espère que mes lecteurs, eux aussi, me pardonneront de ne parler ici que du seul livre que j’aie lu de cet auteur – mais j’ai une excuse, c’était il y a plus de trente ans !

nullD’ailleurs, faute d’avoir présentement l’ouvrage à portée de main, je citerai de mémoire.

Ma rencontre avec Le Clézio remonte en effet à la classe de troisième. Deux textes de cet auteur figuraient dans mon manuel scolaire de français. Le premier décrivait Hyperpolis, le supermarché imaginé dans « Les Géants ». Le Clézio évoquait « ces hommes pour qui les hommes sont des insectes ». Le second texte était un extrait de « La Guerre ». Dans l’un et l’autre, on retrouvait le même cri de révolte contre le monde artificiel d’aujourd’hui. Pour le gamin de treize ans que j’étais, déjà sensibilisé à la destruction de l’environnement, et pour qui le monde humain, en dehors de la famille, était généralement hostile, ce fut quasiment un choc.

Devant préparer un exposé, j’avais naturellement porté mon choix sur « La Guerre » de J.M.G. Le Clézio.

nullAu passage, je n’ai jamais compris l’intérêt de faire préparer et présenter un « exposé » à des collégiens sans jamais leur enseigner le moindre rudiment des méthodes de travail ni des techniques de communication permettant d’intéresser un auditoire et de faire passer des messages.

« La nuit est plus blanche que le jour, éclairée par des millions de volts. »

Dans « La Guerre », J.M.G. Le Clézio présentait une vision personnelle du monde actuel à travers le parcours initiatique d’une jeune fille. D’autres auteurs ont utilisé cette ficelle d’écrivain
avec plus ou moins de talent.

« La jeune fille qui s’appelait Bea B. marchait dans une vallée creusée par des dizaines de milliers d’années d’eau et de vent, ou bien par des centaines d’heures de bulldozer. »

La guerre, expliquait Le Clézio, c’est 220 km/h, c’est Mach 2, c’est 110 mètres haie en 13’31, c’est 4 000 tours/minute…

Quand ma mère, dans son enfance, entendait les sirènes retentir, elle savait qu’il fallait se cacher. C’était la guerre. Quand je perçois les vibrations d’un Diesel dans la rue, quand retentit le vacarme des marteaux-piqueurs, d’un souffleur à feuilles ou d’un scooter trafiqué, je sais que je n’ai pas besoin de me cacher ; mais c’est à Le Clézio que je pense alors, et l’idée qui me vient à l’esprit, tout en me précipitant pour fermer mes fenêtres, c’est que, dehors, « c’est la guerre ».

La course à la performance, le bruit des machines, les gaz d’échappement, le gigantisme et l’arrogance de l’ère industrielle que Le Clézio évoquait aussi à travers une allusion au « Titanic », tout cela, c’est la guerre, et d’une certain manière,
c’est la même guerre : la guerre que l’homme a déclarée à la nature, il y a longtemps déjà, mais qui s’est intensifiée de façon spectaculaire depuis quelques décennies (en 1988, Guy Debord écrivait que l’économie, désormais, était aussi en guerre contre les humains).

On pourrait ajouter que plus de 40 milliards de poulets abattus chaque année dans le monde, 60 000 porcs abattus chaque jour, c’est aussi la guerre. Tolstoï disait que tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille. Les abattoirs et les champs de bataille, ce sont deux façons de détruire le monde. Il n’est pas dit que la seconde soit de loin la pire.

Repost 0
Published by Marcoroz - dans Drôle de société
commenter cet article
4 juin 2008 3 04 /06 /juin /2008 10:38


nullJe reviens de Prague, capitale de la Tchéquie, où j’ai passé quelques jours de détente avec ma compagne.

Je pourrais évoquer le magnifique patrimoine architectural de cette ville et publier de belles photos, mais mon blog n’a pas vocation à ressembler à un carnet de voyage ni à un guide touristique. Je vous propose donc un autre style d’aperçu de cette remarquable cité.

 

Prague, c’est une ville où les employés municipaux balayent les feuilles mortes à l’aide d’un outil silencieux et qui ne dégage aucun gaz nocif : une sorte de large brosse surmontée d’un long manche, je ne sais pas si vous voyez...

...et où certains jours, quand il commence à faire chaud, un camion-citerne répand une bruine pour rafraîchir les passants ! J’ai aussi apprécié l’effort de la municipalité en matière de tri sélectif.

Il paraît que l’air est nettement plus pollué à Prague qu’à Paris. C’est possible. Difficile à dire. Plus de sulfates, moins de nitrates ? La vue était plutôt bien dégagée : pas de smog visible en cette fin de mai.

Prague, c’est aussi une capitale où un musée juif n’a pas besoin de sas de sécurité ni de portique de détection. C’est une ville où il n’est pas nécessaire d’interdire le stationnement devant les synagogues, ni d’y poster des policiers.

C
est là qu’on voit qu’en « République française », il y a vraiment quelque chose qui ne va pas.

Paradoxalement, la seule influence islamique que nous ayons pu constater se limite à la décoration de deux synagogues de style mauresque (pourtant construites par des Juifs ashkénazes).

Quant aux rares femmes en hijab que nous avons pu croiser, c’étaient des touristes.

D’ailleurs, s’il est une chose qui nous a choqués, c’est le comportement de certains touristes. Il y a ceux qui prennent la pose pour la photo souvenir dans le fameux cimetière juif, une main appuyée sur une pierre tombale et le sourire idiot aux lèvres. Il faut vraiment n’avoir aucun sens du sacré. Pire encore, ceux qui ne se gênent pas, malgré l’interdiction signalée à l’entrée, pour prendre des photos (au flash) dans l’ancienne synagogue Pinkas, transformée en mémorial de la Shoah (les murs sont recouverts des noms de près de 80 000 Juifs de Bohême et de Moravie morts à Terezin et à Auschwitz).

J’ai renoncé à aller visiter Terezin : l’excursion durait cinq heures. Or, manger sur place me paraissait inconvenant (surtout si c’était pour voir d’autres touristes se croire à Eurodisney et savourer leur sandwich ou siroter leur soda entre deux photos-souvenirs) ; d’un autre côté, en revenir à 14h30 sans avoir déjeuné n’était pas non plus pour moi une perspective envisageable. En ce moment, j’ai besoin de me nourrir...

La capitale de la Bohême, on y mange remarquablement bien, et pour pas très cher. Même en choisissant un restaurant ou une brasserie au hasard, nous n’avons jamais eu de mauvaise surprise. Essayez donc de faire de même à Paris, pour voir !

Le premier jour, nous avons déjeuné au Radost FX, un établissement à vocation multiple : c’est un bar, une boîte de nuit (réputée pour ses soirées de gays et de lesbiennes) mais c’est aussi un restaurant végétarien ! Avec des sièges spacieux à souhait et un décor très rococo. Et si je vous dis que nous avons été servis par deux jolies jeunes femmes en tenue très sexy ? Mmmmm...

J’ai constaté qu’à toute heure, chaque jour de la semaine, le trafic était fluide. Automobiles particulières, taxis, motos, autobus et tramways se croisent harmonieusement. Qu’est-ce que j’ai oublié ? Les piétons ? Nous en étions, et nous avons trouvé les automobilistes plutôt civils dans l’ensemble. Pourquoi une telle différence avec Paris, par exemple ?

Quant au métro, que nous avons pris à différentes heures de la journée, en semaine comme le week-end, il est très rapide et agréable, parfaitement propre et sans mauvaises odeurs. Pas de mendiants, pas d’importuns, personne pour vous casser les pieds ou les oreilles toutes les trois stations. Pas non plus d’immenses affiches publicitaires provocantes. Et vous savez quoi ? Les Tchèques, avant de monter dans le wagon, laissent d’abord les autres passagers descendre !

Repost 0
Published by Marcoroz - dans Drôle de société
commenter cet article
22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 12:38


Il y a quelques années, un éleveur de la Haute-Marne m’expliquait qu’il envoyait ses moutons aux abattoirs de Gap où on lui en offrait un prix plus intéressant qu’à Chaumont. Il me faisait remarquer que les éleveurs du midi, pour leur part, trouvaient rentable d’envoyer leurs moutons aux abattoirs de Chaumont. Des camions chargés de moutons se croisaient donc sur l’autoroute, parcourant 800 km dans un sens et dans l’autre.

Selon les critères de ce que l’on appelle « l’économie », et plus particulièrement selon son principal instrument à l’échelle d’un pays, la comptabilité nationale, une telle situation est sans doute excellente. Tant pis pour le bien-être des animaux, dont le voyage est un enfer. Tant pis pour tout le gazole brûlé dans l’atmosphère. Tant pis pour le bon sens. Selon la logique qui a cours aujourd’hui, plus les trajets seront importants, plus on paiera les camionneurs, plus les camionneurs achèteront des repas, des sandwichs, des boissons, plus les autoroutes encaisseront, plus les marchands de camions vendront des véhicules, plus les stations-service vendront du carburant, plus les garagistes vendront des pneus… plus le PIB de la France sera élevé, autrement dit, plus la croissance sera forte !

Autre exemple de cette absurdité, le rôle de la Coface jusqu’en 1994, lorsqu’elle fonctionnait sur fonds publics. En cas de défaut de paiement, les entreprises françaises y trouvaient leur compte, puisqu’elles étaient indemnisées. L’acheteur étranger y trouvait son compte, puisqu’il recevait la marchandise sans nécessairement la payer. Le gouvernement y trouvait son compte, puisqu’il pouvait annoncer au public des chiffres encourageants en matière de commerce extérieur. Quant au contribuable français, il était cocu, battu et content.

Citons Guy Debord :

On entend dire que la science est maintenant soumise à des impératifs de rentabilité économique ; cela a toujours été vrai. Ce qui est nouveau, c’est que l’économie en soit venue à faire ouvertement la guerre aux humains ; non plus seulement aux possibilités de leur vie, mais à celles de leur survie. (…)

Ce que Debord nous suggère, c’est que l’économie est complètement mensongère :

Plus profondément, dans ce monde officiellement si plein de respect pour toutes les nécessités économiques, personne ne sait jamais ce que coûte véritablement n’importe quelle chose produite : en effet, la part la plus importante du coût réel
n’est jamais calculée ; et le reste est tenu secret.

Tout indique que le « Grenelle de l’environnement » risque de n’être qu’une duperie de plus. On n’a jamais autant parlé de l’environnement qu’aujourd’hui, mais on n’en continue pas moins de privilégier la croissance et l’emploi. Or, la croissance est un concept absurde et le développement durable est un oxymore.

Un célèbre économiste l’a dit : il est profitable pour une économie de payer des ouvriers à creuser des trous et à les reboucher. En fait, le marteau-piqueur n’est pas une étape ni un remède, il est le mode permanent de fonctionnement d’une société qui ne cesse de démolir sous prétexte de construire et qui n’aura donc jamais fini de construire et jamais fini de démolir.

Face aux problèmes du chômage et de la perte du pouvoir d’achat, certains disent : « L’économie est malade ». Ils se trompent. L’économie, c’est la maladie.

Et l’on n’aura sans doute jamais autant gaspillé que depuis l’avènement de l’économie.

Repost 0
Published by Marcoroz - dans Drôle de société
commenter cet article
31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 16:50


Simone Veil, il y a quelques mois, expliquait à un public de gynécologues que son combat pour l’émancipation de la femme n’était pas terminé et quelle devait le continuer même à la maison, son mari n’ayant pas encore complètement perdu l’habitude, en rentrant le soir, de lui demander ce qu’il y avait à dîner.

 
Eve (Van Eyck)Au même moment, une certaine Fanny Truchelut était condamnée par un tribunal à quatre mois de prison avec sursis et à verser plus de huit mille euros pour avoir demandé à une cliente (en réalité, une militante islamiste en service commandé) de bien vouloir ôter son hijab dans les parties communes de sa maison dhôte (le « Gîte des Vosges »). Dans cette histoire, Fanny se voyait par la même occasion contrainte de dire adieu à sa maison d’hôte ainsi quà sa vie de couple. Enfin, depuis le début de l’affaire, elle avait été et continuait d’être insultée et traînée dans la boue, en salle daudience comme dans la presse, par toute une meute d’aboyeurs pétris de bonne conscience militante « de gauche », « antiraciste », etc.
 
Dès la prononciation du verdict, une certaine Caroline Fourest publiait un article pour approuver la décision du tribunal. Par la suite, sur un plateau de télévision, elle sen est justifiée en expliquant quil importait davoir une jurisprudence interdisant aux propriétaires de gîtes, maisons d’hôte et autres lieux daccueil de refuser une cliente voilée, faute de quoi certains pourraient tout aussi bien refuser, demain, daccueillir un couple d’homosexuel(le)s.
 
Je suis un peu perplexe de voir présenter un peu partout comme « militante féministe » un garçon manqué qui, dans le souci de pouvoir en tout lieu afficher ostensiblement sa préférence sexuelle (une préférence pas vraiment typique dune femme), cautionne le lynchage verbal d’une femme (seule) par les tenants d’une idéologie hyper-sexiste et leurs étranges séides (en majorité des hommes). Voilà qui ne correspond pas à lidée que je me fais dune militante de la cause féminine.

Caroline Fourest est une militante homosexuelle. Une militante féministe, ce serait plutôt Simone Veil, dont la contribution à lémancipation des femmes est autrement plus tangible. Même si elle porte un manteau de fourrure (beurk !) et même si elle a un homme d’affaires de mari qui aime mettre les pieds sous la table.
Repost 0
Published by Marcoroz - dans Drôle de société
commenter cet article
19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 00:15

Le 14 juillet dernier, me rendant aux festivités organisées par ma municipalité, j’avais eu une mauvaise surprise : le parc verdoyant choisi pour la circonstance résonnait tout entier du vacarme très rythmé d’une sono. Ayant rencontré le plus haut responsable politique de la ville, je lui avais demandé s’il était vraiment nécessaire de remplir ainsi l’espace de décibels et de vibrations. J’avais alors obtenu cette réponse :
« Il en faut pour tous les goûts ! » Ma compagne ayant cru devoir lui préciser que j’étais féru de musique classique, il avait ajouté : « Vous n’allez jamais au conservatoire ? »

Essayons de comprendre : le brillant énarque tenait-il pour acquis que deux heures de vacarme en prélude aux feux d’artifice étaient ce qu’exigeait le public ? Se souciait-il de satisfaire « tous les goûts » sauf le mien ? Partageait-il lui-même le « goût » qu’il supposait être celui de ses administrés ? Considérait-il que l’espace public appartient aux sourds, et qu’un mélomane aux oreilles sensibles est censé rester cloîtré chez lui cette nuit-là, faute d’un conservatoire ouvert en cette période de l’année ?

(J’ai vérifié, il n’y avait aucun concert au conservatoire ce soir-là : mince alors !)

Bosch (l'Enfer, détail)Il m’avait paru vain d’essayer d’expliquer à notre technocrate que je remettais en cause non pas le style de musique en l’occurrence, le répertoire du groupe était plutôt de bon goût mais l’amplification outrancière. Même Mozart, à ce degré de distorsion, ne serait plus de la musique mais du bruit. Je crois aussi qu’un sondage auprès du public concerné aurait réservé à ce monsieur quelques surprises.
 
Quant aux « goûts » pour lesquels « il en faut », il me semble que le grand public accepte généralement ce qu’on lui donne, la plus belle musique comme la plus mauvaise. Quoi qu’il en soit, il serait certainement plus digne, de la part d’un responsable politique, de préjuger en faveur de la première que de la seconde.
 
En 1749, à Londres, près de douze mille personnes avaient suivi la répétition en plein air de la musique de Haendel pour les feux d'artifice royaux...
 
...Combien de watts, la sono ?
 
Repost 0
Published by Marcoroz - dans Drôle de société
commenter cet article
12 janvier 2008 6 12 /01 /janvier /2008 17:34

... ou comment (ne pas) se faire avoir par les banques dans les deux sens

Si jamais vous envisagez de recourir prochainement à un prêt immobilier, il ne serait point sage que, pour obtenir votre crédit, vous fonciez… tête baissée – même si l’organisme prêteur est réputé dans ce domaine, et même si c’est sur la recommandation de votre banquier, de votre assureur, de votre curé ou de votre meilleur ami.

Ne faites pas confiance au « conseiller » (tiens, pourquoi appellent-ils ainsi leurs commerciaux ?) qui vous vante – donc vous vend – le contrat. Surtout s’il s’agit d’un prêt à taux révisable. Vous risqueriez de faire bientôt partie des cohortes qui rejoignent le « Collectif des clients trompés par XX XXXXXX XXXXXXXXX ».

En général, dès le contrat signé, fini le contact personnalisé. Désormais, votre contact s’appelle "Service clientèle" et il est purement téléphonique (et à 0,XX euros la minute).

CF-LMNE.jpgSi vous avez de l’argent à placer, soyez prudent aussi. On se souvient d’un certain produit d’épargne, il y a quelques années, proposé à grand renfort de publicité très alléchante par une institution qui inspirait d’autant plus confiance qu’elle était censée être, de par sa nature même, au service du public. Le moins qu’on puisse dire est que les épargnants n’ont pas été épargnés ; ou si l’on préfère, que l’opération ne leur a pas été aussi… bénéfique que ce qu’on leur avait fait miroiter.

Dans ces deux affaires, ce qui me frappe, c’est surtout le cynisme avec lequel, face à de simples particuliers, un organisme privé ou même public peut exploiter un rapport de forces qui lui est extrêmement avantageux. Je ne veux pas parler seulement de la tromperie initiale, mais aussi de l’attitude de ses représentants vis-à-vis des clients abusés.

Je ne citerai pas de noms.
Repost 0
Published by Marcoroz - dans Drôle de société
commenter cet article

Le Blog De Marcoroz

  • : Le blog de Marcoroz
  • Le blog de Marcoroz
  • : Un blog ... d'excellente tenue, tant sur le fond que sur la forme ... (Menahem) - Un des meilleurs blogs ... vos articles m'enchantent à chaque fois. (Pascal) - ... une belle plume, une vraie réflexion ... (Feenix) - ... rigueur, concision, et pas de langue de bois. (Spqr) - ... une œuvre de salubrité publique ... (Stella) - ... des idées et une approche intéressantes ... (Roland) - Beau, frais, lumineux comme ces rayons de soleil au matin ... (Pierre)
  • Contact

Libérez Pollard !

 Jonathan Pollard

Archives

עם ישראל חי

POUR SION JE NE ME TAIRAI PAS !
POUR JÉRUSALEM JE NE RESTERAI PAS SILENCIEUX ! (Isaïe 62:1)

Marcoroz