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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 08:52

« En France du moins, l’occupation allemande n’a pas été particulièrement inhumaine, même s'il y eut des bavures, inévitables (…) »

Qui a tenu ces propos ? Quelles ont été les réactions et les conséquences ?

« La politique d’occupation allemande était (…) une politique relativement inoffensive, si l’on fait abstraction d’éléments d’exception (…) »

Mêmes questions (ici, quand on lit l’intégralité des propos, c’est encore plus abject).

Quiconque n’aura pas reconnu les auteurs respectifs de ces deux phrases pourra facilement les identifier à l’aide de son moteur de recherche préféré.

Dans le premier cas, il y a eu des poursuites, qui se sont terminées par une sanction confirmée en appel : trois mois de prison avec sursis et dix mille euros d’amende.

Dans le second cas, en revanche, il n’y a eu aucune poursuite, et aucune condamnation. Aucune condamnation morale non plus, de la part des grands médias français.

hollande-hessel-600x360Parmi ceux qui ont poussé des cris d’orfraie dans le premier cas, nombreux sont ceux qui ont cru devoir suggérer, dans le second cas, qu’il n’y avait pas de quoi fouetter un chat.

L’auteur de la première phrase est censé se situer très à droite sur l’échiquier politique, tandis que l’auteur de la seconde phrase est réputé se situer à gauche. Mais cela n’a sans doute aucun rapport avec la différence de traitement constatée.

Nicolas Sarkozy n’entretient aucun lien avec l’un ou l’autre ; François Hollande, quant à lui, affiche ouvertement son amitié avec l’un de ces deux brillants causeurs.

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 22:22

J’ai regardé le documentaire « Apocalypse », d’Isabelle Clarke et Daniel Costelle (il s’agissait en fait du troisième et du quatrième épisodes), qui était suivi d’une interview des auteurs. J’ai certes relevé deux ou trois petits détails discutables dans le film, mais dans l’ensemble, je dois reconnaître qu’il était remarquable (P.S.: bof, pas tant que cela, finalement).

Je m’imaginais que la discussion aussi serait intéressante. Mon illusion s’est rapidement dissipée. Je n’aurais pas pensé que deux personnes ayant réalisé une production de cette qualité pouvaient, sur un plateau de télévision, se montrer incapables d’ouvrir la bouche sans proférer une énormité.

C’est d’abord Isabelle Clarke qui a expliqué qu’Hitler était peut-être juif, sachant que l’identité de son grand-père paternel ne pouvait pas être connue.

Selon les lois de Nuremberg, la présence dans l’ascendance d’un seul parent ou grand-parent juif suffisait à établir le caractère non-aryen de la personne considérée (Wikipedia). Non-aryen ne voulait cependant pas dire juif.

Dans le « statut des Juifs » de Pétain, était « regardé comme juif [sic] toute personne issue de trois grands-parents de race juive ou de deux grands-parents de la même race, si son conjoint lui-même est juif ». Mais pour Isabelle Clarke, comme pour les imbéciles qui affirment que Nicolas Sarkozy est juif, un grand-parent, même inconnu, suffit.

Si j’écrivais qu’une personne élevée dans la religion catholique par deux parents catholiques doit être considérée comme protestante, dès lors qu’un de ses deux grands-pères l’était, je suis sûr qu’on commencerait à douter de ma santé mentale.

Si j’affirmais qu’un homme ayant au moins trois grands-parents noirs est peut-être un Blanc, tant qu’on n’est pas en mesure de prouver que son quatrième grand-parent n’était pas blanc, j’imagine qu’on me croirait fou (il est vrai qu’il semble généralement admis, si je me réfère à quelques exemples d’actualité, qu’un homme ayant autant d’ancêtres blancs que d’ancêtres noirs est un Noir).

Mais tout indique que dans ce domaine aussi, il y a deux poids et deux mesures dès que c’est des Juifs qu’on parle. C’est d’ailleurs ce qui explique, au moins pour une grande part, les curieuses réactions que suscite ma liste de non-juifs.

L’identité juive serait donc un gène que l’on pourrait avoir hérité, par exemple, d’un grand-père biologique inconnu ? Voilà qui renvoie à la théorie racialiste des nazis, mais même selon cette théorie, un grand-parent ne suffisait pas.

Et puis, enfin, définir la judéité de cette manière, se rend-on compte de ce que cela suppose de mépris pour toute la dimension religieuse, spirituelle, culturelle, historique et morale du judaïsme ?

Quand Daniel Costelle a pris à son tour la parole, il a commencé par assimiler le nationalisme à Hitler (ou le contraire, peu importe). C’est là que j’ai éteint la télé.

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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 16:51

Du côté des défenseurs de la civilisation (je veux parler de ceux qui dénoncent l’islamisation rampante de l’Occident et la tartuferie des gauchistes, altermondialistes et autres bobos), on a tendance à condamner d’un bloc tout ce qui est écologique. C’est sans doute par réaction contre les partis prétendument écologistes, qui sont plus rouges que verts. Mais c’est tout de même agaçant.

 Sur certains blogs et forums de cette tendance, on lit que le tri sélectif et d’autres mesures de ce genre seraient inefficaces, voire contraires au bon sens, que le changement climatique serait un mythe, que la filière des produits « bio » serait une arnaque, etc. 

 Le « bio », une arnaque ? Pour faire un sort à ce genre de ragot infondé, je peux tout simplement me référer à mon expérience personnelle.

Tomates-grappe.jpgMes problèmes de cuir chevelu ont disparu depuis que j’utilise des shampoings « bio ». Je ne suis plus enrhumé pendant une grande partie de l’hiver depuis que je consomme un produit à base de propolis que l’on trouve exclusivement dans certains magasins bio. Les seuls comprimés de vitamine C que je connaisse qui ne contiennent aucun colorant ni autre additif chimique sont ceux que j’achète dans les magasins bio. Naturellement, ils ont la même teneur en produit actif, et donc la même efficacité, les éventuels effets secondaires en moins.

Chez mon distributeur bio habituel, j’achète des produits de vaisselle concentrés qui sont non seulement moins polluants que les autres et moins agressifs pour la peau, mais aussi plus économiques : un flacon coûtant trois ou quatre euros me permet de faire ma vaisselle pendant huit mois. J’y trouve aussi d’excellents pains, qui durcissent sûrement moins vite que ceux que vous achetez chez votre boulanger.

Il y a aussi toutes ces préparations riches en protéines qui servent de substitut à la viande, bien plus variées et généralement meilleures que les rares produits équivalents que l’on peut trouver dans les grandes surfaces.

Les détracteurs de la filière bio affirment aussi que les produits sont trop chers ?

Figues fraîches-1Hier (23 septembre 2011), les courgettes (d’Espagne), chez le marchand de primeurs le plus proche de chez moi, étaient à 4,99 euros le kg. Le prix des mêmes courgettes (mais de France) dans mon magasin bio : 2,95 euros le kg.

De même pour les tomates en grappe : 5,90 euros le kg chez le marchand de primeurs, et les mêmes à 2,99 euros le kg dans mon magasin bio. Les figues fraîches : 14,80 euros le kg, contre 11,99 euros au « bio ».

Et tout cela, sans même aborder l’aspect éthique de la chose.

Alors, mes amis, il faudrait peut-être arrêter de dire et d’écrire n’importe quoi.

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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 15:50

 

Kauffmann et Seurat. Carton et Fontaine. Chesnot et Malbrunot. Et maintenant, Ghesquière et Taponier. Comme le fait remarquer une internaute de mes relations, ça marche toujours par deux. J’ajouterai que c’est à chaque fois un peu plus débile que la fois précédente.

 

Une petite fille de quatre ans n’a plus de père. Ce père, militaire en mission en Afghanistan, est mort des suites de ses blessures, pendant que se déroulait le rapatriement de deux crétins irresponsables. En ce 14 juillet endeuillé, je repense à la joie indécente avec laquelle les deux journalistes ont été accueillis à leur retour.

 

10-07-14-030.jpgBien évidemment, mes propos choqueront ceux qui ont gobé le mensonge répété par la télévision, selon lequel les deux fouille-merde étaient en reportage au moment de leur séquestration.

 

En réalité, ils n’étaient plus du tout en reportage, mais au lieu de rentrer, ils avaient décidé de leur propre chef, et contre toute raison, d’aller embrasser sur la bouche ces messagers de la civilisation et de l’humanisme qu’ils adulent et qui font la renommée de l’Afghanistan.

 

L’attitude corporatiste de la presse est regrettable, mais que dire de tous les ballots qui réservent, eux aussi, une sympathie et une solidarité particulières à ces pseudo héros de l’ère de « l’information » ?

 

Je préfèrerais, à tout prendre, que ce soient des journalistes qui meurent plutôt que des militaires. Le militaire, lui, ne ment pas. Il ne trompe pas sur son rôle. Il ne prétend pas être indépendant. Il ne dissimule pas son obéissance à une hiérarchie. Le militaire, en principe, se bat pour moi, pour que je puisse continuer à vivre libre.

 

Le journaliste, j’ai parfois des difficultés à comprendre à quoi il sert. Qu’on ne me parle pas d’information. L’information, le militaire sait ce que c’est, et il le sait sans doute mieux que le journaliste : car son métier consiste à rassembler l’information dont il peut disposer et à en faire le meilleur usage possible ; c’est même parfois, pour lui, une question de vie ou de mort.

 

Je veux bien croire que nos soldats savent pourquoi ils risquent leur vie en Afghanistan. Je peux envisager qu’il y ait une bonne raison. Mais ce n’est sans doute pas sur les journalistes que je pourrais compter pour me la dire.

 

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 11:42

Même s’il y a davantage d’exactitude factuelle dans mon blog que dans n’importe quel organe de presse dit « d’actualité » ou « d’information », je suis loin d’être infaillible. Il ne faut cependant pas perdre de vue que je publie des billets d’humeur, pas des articles scientifiques. J’attends de mes lecteurs subtils qu’ils comprennent le sens de mes propos plutôt que de les prendre au pied de la lettre. Mais je dois l’avouer, il m’arrive de me tromper carrément et d’écrire des sottises.

American_Colony_Hotel.jpgAinsi, dans une de mes protestations, j’avais un jour cru pouvoir écrire que « l’AFP maintient davantage d’envoyés permanents en Israël et en Judée-Samarie que sur l’ensemble du continent africain ». Un lecteur attentif m’avait signalé mon erreur. La réalité était que les pays occidentaux, et non pas l’AFP, envoient davantage de journalistes (et de correspondants permanents) en Israël et en Judée-Samarie que dans tout le continent africain. Il est vrai qu’avec un correspondant comme Charles Enderlin, l’AFP n’a pas besoin de maintenir de gros effectifs sur place pour pouvoir servir ses maîtres comme il se doit. Mea culpa.

Une autre fois, j’avais écrit qu’à ma connaissance, quand le parti des Verts publiait un communiqué concernant l’étranger, il s’agissait toujours d’Israël. On m’a fait remarquer mon erreur. Il est déjà arrivé aux Verts de publier un communiqué concernant un autre pays. Une fois, entre deux communiqués condamnant Israël, un communiqué sur l’Iran. Une autre fois, entre deux communiqués condamnant Israël, un communiqué sur la Tunisie... Une autre fois, entre deux communiqués condamnant Israël, ... etc.

Autre exemple, suite à mon précédent billet, j’ai reçu un message d’Ivan Alexandre, qui me demande si je pense sincèrement que « même dans un organe de fêlés anti-tout », quelqu’un serait capable aujourd’hui de publier une « critique enthousiaste » du journal de Gœbbels. En attendant de remettre la main sur le numéro 536 du magazine Diapason, daté de mai 2006, je retire déjà l’expression « critique enthousiaste », qui ne lui semble pas « tenable », « honnête » ni même « légale » et que je reconnais avoir employée de façon inconsidérée.

Grand-Palace-Hotel.jpgCela dit, quand Ivan Alexandre me demande si d’après moi, c’est « plausible », j’ai envie de répondre à sa question par une autre question et de lui demander s’il est plausible, d’après lui, qu’un magazine critique de disques classiques et de haute-fidélité publie un beau jour, sur six pages illustrées, un reportage sur Gaza réalisé par une pigiste minable, ignorante et débordante de parti pris. J’ai envie de lui demander s’il est plausible qu’une publication spécialisée, dans laquelle il a des responsabilités et probablement la possibilité d’exercer une certaine influence, s’éloigne tout à coup de sa compétence pour faire dans le reportage et tenter d’émouvoir son lectorat, à grand renfort de mensonges et de photos, sur le sort des malheureux enfants et adolescents gazaouites privés de musique depuis 1948 à cause des méchants sionistes et bombardés aujourd’hui sans pitié par Israël, ce pays diabolique.

M. Alexandre me demande si « de telles calomnies » (la façon dont j’ai cru pouvoir qualifier son intérêt pour le journal de Gœbbels) ne me coupent ni l’appétit ni le sommeil : là encore, je pourrais lui retourner la question et lui demander si le fait que le magazine dans lequel il officie diffuse un morceau de propagande tout à fait digne de Gœbbels, même s’il n’en est lui-même ni l’auteur ni le responsable de la publication, ne lui coupe ni l’appétit ni le sommeil.

Gaza-1.jpgEnfin, en guise d’argument ultime, Ivan A. Alexandre me gratifie d’une confidence concernant son état civil. J’aurais préféré qu’il m’explique ce qu’il a fait pour tenter de s’opposer à la publication de cet immonde papier (je parle du reportage sur Gaza), et n’y étant pas parvenu, ce qu’il a entrepris pour se désolidariser de cette initiative abominable.

Ici comme pour le reste, je reconnais avoir forcé la dose. L’équipe de ce magazine n’est évidemment pas constituée de nostalgiques du nazisme, je n’ai jamais eu cette idée et ce n’est pas ce que j’ai voulu suggérer. J’ai surtout trouvé subtil de faire un rapprochement, certes un peu arbitraire, entre plusieurs dérapages successifs du magazine (le dernier en date étant à mes yeux particulièrement impardonnable).

Les relations entre dictature et musique sont également présentes sous la plume d’Ivan A. Alexandre, qui consacre sa chronique à la publication du journal de Gœbbels. (ResMusica, à propos du numéro de Diapason de mai 2006) 

Si, dans le numéro de mai 2006, M. Alexandre avait consacré sa chronique à la publication du journal de Gœbbels, c’était sans doute à contrecœur et pour en regretter la parution. Je le précise à l’attention de ceux qui, comme moi, s’y seraient trompés. Là encore, mea culpa.

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 10:56

 

1. Le magazine Diapason, des chambres à gaz à Gaza

 

Pour revenir sur ma lettre à la revue Diapason, restée sans réponse comme on s’en doute, je confirme que jamais auparavant cette revue n’avait publié le moindre reportage sur une entité politique ni sur un lieu géographique déterminé, et qu’elle ne l’a pas refait depuis. Le moins qu’on puisse dire est que ce journal a réservé un traitement exceptionnel à Gaza autrement dit, à Israël.

drapeau-nazi.jpgPar ailleurs, il m’est revenu en mémoire que peu de temps après l’arrivée d’Yves Petit de Voize à sa direction, ce magazine avait publié sans vergogne, et sans aucun commentaire, les propos nauséabonds d’un lecteur affirmant qu’on entendait trop la musique de Mahler : « la mahlérite [sic] se propage comme la peste dans notre pays, écrivait ce triste sire, tout cela à cause de certains responsables politiques dont la sensibilité culturelle n’est pas spécifiquement française ». Le ministre de la Culture était Jack Lang. Il n’était pas difficile de comprendre l’allusion.

Quelques années plus tard (Jean-Marie Piel ayant remplacé Yves Petit de Voize, si je ne m’abuse), Diapason récidivait en publiant, toujours sans y trouver à redire, une lettre d’un lecteur faisant l’apologie d’Hitler et de ses bons goûts musicaux. 

Plus récemment, c’était Ivan Alexandre qui se réjouissait dans sa tribune de la parution du journal de Gœbbels. Il ajoutait qu’il attendait la suite.

On comprend mieux, ainsi, les motivations de ces gens-là à profiter de l’air du temps (déjà bien vicié) pour publier tout à coup un reportage (mensonger) sur Gaza.

 

P.S.: J’ai apporté un petit correctif à ce billet d’humeur : voir mon billet suivant.

  

 

2. Liszt, Arcadelt et la symphonie « avec orgue » de Saint-Saëns

 

Dans un récent billet, j’avais affirmé que le matériau thématique de la symphonie n°3 de Saint-Saëns provenait d’une pièce d’orgue de Liszt. Cela m’avait valu un petit échange avec Jacques Bonnaure, auteur d’un ouvrage consacré au compositeur (Saint-Saëns, Actes Sud, 2010).

Dies-IraeSelon M. Bonnaure, Saint-Saëns se serait inspiré du Dies Irae (XIIIe s., attribué à Thomas de Celano) pour écrire sa symphonie, de la même manière que Berlioz s’en est inspiré pour composer [le Songe d’une nuit de sabbat de] sa Symphonie fantastique.

Je dois reconnaître que ma mémoire m’a trompé dans le sens où la pièce d’orgue en question n’était qu’une simple adaptation par Liszt d’un Ave Maria attribué à Jacques Arcadelt (XVIe s.), sans rapport avec les nombreuses transcriptions, paraphrases et autres réminiscences tellement plus belles, plus riches et plus intéressantes que l’on doit à Liszt. 

Il n’empêche, je persiste et signe, au risque de contrarier M. Bonnaure.

Dans la Symphonie fantastique, Berlioz cite le Dies Irae note pour note :

 Dies-Irae-Fantastique 

Rien de tel dans la symphonie de Saint-Saëns. Le motif qui revient à maintes reprises sous différentes formes chez Saint-Saëns est toujours constitué des six (et même des sept) premières notes de l’Ave Maria d’Arcadelt :

 Saint-Saens 

Comparons avec l’Ave Maria d’Arcadelt (on remarquera aussi que l’harmonie est identique) :

  D-I-Arcadelt.jpg 

L’Ave Maria d’Arcadelt est vaguement inspiré du Dies Irae, mais Saint-Saëns s’est très visiblement inspiré de l’Ave Maria d’Arcadelt (plutôt que de Liszt comme je l’avais suggéré). Mais je suis sûr que c’est après avoir entendu cet Ave Maria dans la version pour orgue de Liszt quoi qu’en disent certains messieurs apparemment très compétents en la matière.

 

P.S.: L’Ave Maria d’Arcadelt a été composé en réalité durant la première moitié du XIXe siècle par Pierre Dietsch, qui a paraphrasé une chanson d’Arcadelt (voir ici). Ce qui ne change pas grand chose à ma thèse. Et puis, on se trompe moins en attribuant l’Ave Maria d’Arcadelt à Arcadelt qu’en attribuant l’Adagio d’Albinoni à Albinoni.

 

 N’en déplaise à tous les musicologues du monde, il semble que je sois le premier (en toute modestie) à avoir fait ce lien. J’invite tout lecteur musicien à en juger par lui-même.

 

P.S.: Un lecteur m’informe qu’il avait déjà fait ce rapprochement il y a une soixantaine d’années. Je ne suis donc pas le premier. Jusqu’à preuve du contraire, je reste tout de même le premier... à l’avoir fait par écrit.

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 21:39

La première fois que j’ai entendu ce terme, je devais avoir douze ans. Je me suis demandé pourquoi on parlait d’un tas. Bien évidemment, l’autre partie du mot m’a rendu tout aussi perplexe : je m’imaginais confusément que l’effroyable barbarie avait dû inclure ce genre de pratique, mais la référence me semblait inopportune et pernicieuse.

Perfusion.jpgIl me semble que l’avortement, la peine de mort et l’euthanasie forment une sorte de trilogie, celle des sujets explosifs. J’ai déjà traité les deux premiers, il fallait bien que j’aborde aussi, un jour ou l’autre, le troisième.

Certes, comme sujet explosif, il y a aussi les Juifs et Israël. Soit dit en passant, pour moi, les Juifs et Israël c’est le même sujet. Et ce sujet, je ne crois pas l’avoir négligé.

Donc, cette fois-ci, c’est « le tas nazi ». Mais il n’y aura pas d’argumentation ni de développement. Je n’ai pas grand chose à dire. Suis-je « pour » ? Suis-je « contre » ? Je n’en sais rien au juste.

Intuitivement, je serais plutôt « pour ». Il faudrait, bien sûr, définir soigneusement les conditions dans lesquelles cette pratique pourrait trouver un cadre légal.

Récemment, une dame atteinte d’une horrible maladie a attiré l’attention du public sur ce sujet difficile. Pourtant, elle avait les moyens de s’euthanasier elle-même sans risque d’encourir un procès et de se retrouver en prison. C’est bien ce qu’elle a fini par faire. Alors, pourquoi ce tapage au préalable ?

Si je ne m’abuse, les adversaires de l’avortement et de l’abolition de la peine de mort sont généralement « contre » : je devrais donc plutôt être « pour », non ?

Être pour la peine de mort et contre l’euthanasie, est-ce cohérent ? Il est vrai que les partisans du rétablissement de la peine de mort ne sont généralement pas cohérents.

Berlioz.jpgÀ ce propos, je suis tombé l’autre jour sur cette perle en visitant un blog : quelqu’un qui argumentait en faveur de la peine de mort parce que « humainement, pour le condamné, [il] trouv[ait] l’exécution préférable à la certitude de passer le reste de sa vie entre quatre murs […] » !

La peine de mort comme forme d’euthanasie, finalement !

En ce qui me concerne, je n’ai pas de compassion pour les assassins, et donc, logiquement, je suis contre la peine de mort.

Mais revenons à notre sujet.

Dans ses Mémoires (un ouvrage passionnant), parlant de la maladie de sa sœur, Berlioz se déclare partisan de l’euthanasier (même sans son consentement ?). Je me demande si, dans une situation analogue, je pourrais adopter la même position. Je n’en sais rien.

Cette fois, au moins, on ne pourra pas me reprocher d’avoir une position trop catégorique. Na !

Mais j’en connais qui me feront le reproche inverse. Zut...

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 15:36

La censure par l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) d’une affiche contre l’abattage rituel fait actuellement l’objet d’une polémique bien curieuse.

Il s’agit d’une campagne à laquelle participent huit associations de protection des animaux. Cette campagne pose effectivement un problème, aussi bien en raison du procédé qu’elle utilise que de la confusion des genres qui la caractérise.

 

L’image d’un enfant pour défendre une cause 

Le procédé qui consiste à émouvoir le public en faisant intervenir hors de propos l’image d’un enfant pour défendre une cause est tristement connu. Un exemple particulièrement condamnable est celui de la vieille accusation de crime rituel dirigée contre les Juifs au Moyen-âge en Europe, mais aussi au XIXe siècle dans le monde arabe et à nouveau en Europe et dans le monde entier depuis une dizaine d’années avec l’affaire Al-Dura.

abattagerituelhalalcashLa campagne que je dénonce ici n’a certes pas de rapport* avec ce genre de menée criminelle, mais elle joue sur le même ressort : apitoyer le public sur le sort d’un enfant comme moyen détourné d’obtenir son adhésion à une cause. Dans la mesure où les promoteurs de cette campagne sont censés défendre la cause des animaux et non pas celle des enfants (sans parler de lutter contre l’islamisation de la société), le moins qu’on puisse dire est que le procédé est extrêmement douteux.

 

Imposer à un enfant, qu’est-ce à dire ?

L’idée qu’on « imposerait » à des enfants une nourriture halal ou cachère (cette orthographe est plus légitime que « casher » car nous sommes en France) est absurde. L’enfant ne choisit pas lui-même sa nourriture, ni à la maison ni dans un contexte collectif comme la cantine. Il mange ce que ses parents ou la cantine lui donnent, le choix est fait pour lui. En général, il ne choisit pas non plus la marque de ses couches ni de ses sous-vêtements. Pour le vacciner, on ne lui demande pas non plus son avis. 

A fortiori, l’enfant n’a pas la maîtrise des processus par lesquels la viande arrive dans son assiette. D’ailleurs  tout indique que si l’occasion leur était donnée de découvrir ces processus, la plupart des enfants refuseraient dorénavant d’en manger. Je ne parle pas de la viande halal, mais de la viande en général.

Il est exact que de plus en plus de cantines scolaires servent de la viande halal, mais la viande cachère n’est servie nulle part ailleurs que dans les écoles juives. Certaines parties des animaux abattus selon le rite judaïque se retrouvent sur le marché traditionnel de la viande (dont elles représentent une part négligeable), mais parler de « casher » n’est pas approprié : cette viande ne sort de la filière cachère que parce qu’elle ne l’est pas.

Par ailleurs, dire qu’on « impose » à des enfants du halal ou du cachère, c’est un peu comme si je disais qu’au cours de mon enfance, on m’a « imposé » le calendrier chrétien et des fêtes qui ne correspondaient pas à ma religion.

 

Ce qui est condamnable

09-09-12 011J’ai surtout souvenir que, dans mon enfance, on m’ « imposait » non seulement certaines viandes que je n’aimais pas, mais aussi le concombre et la betterave, alors que je ne supportais ni l’un ni l’autre. Bizarrement, des gens qui affirment que l’homme est omnivore ont du mal à comprendre que la variété de ce régime est précisément ce qui doit permettre à l’individu de choisir en fonction de ses propres attirances. Obliger un enfant à manger ce qu’il n’aime pas, voilà ce qui est surtout condamnable.

Dans la campagne en question, il me semble que l’idée de départ est de lutter contre une forme d’abattage réputée cruelle, celle qui consiste à égorger l’animal sans étourdissement préalable. L’étourdissement préalable se révélant incompatible avec les prescriptions du judaïsme et de l’islam, les associations de protection des animaux sont amenées à demander l’interdiction des abattages rituels. Ce faisant, elles sont confrontées à deux écueils.

 

Deux écueils pour les défenseurs des animaux

D’une part, faire campagne contre l’abattage rituel parce qu’il serait particulièrement cruel revient à admettre que du point de vue de la protection des animaux, l’abattage non rituel, avec étourdissement préalable, est acceptable. Une telle campagne signifie qu’on lutte contre certaines exceptions ou certaines dérives au sein de l’industrie de la viande, plutôt que contre cette industrie même ou contre ses pratiques courantes.

Rappelons, au passage, que l’abattage rituel musulman aussi bien que l’abattage rituel juif ont été conçus pour épargner la souffrance à l’animal, en des temps où l’étourdissement préalable n’existait pas.

Or, des enquêtes menées par One Voice montrent que l’abattage non rituel est également cruel en pratique. Si l’on veut lutter contre la cruauté, il faut s’abstenir de consommer de la viande… et des laitages (selon Gary Francione, il y aurait encore plus de souffrance animale dans un verre de lait que dans 500 g de steack).

D’autre part, en adoptant une telle démarche, les défenseurs des animaux risquent de se retrouver sur le terrain du militantisme anti-religieux, et qui plus est, de viser une ou deux religions en particulier. Dès lors, ces associations ne sont plus à leur place. On se souvient de certaines déclarations pas toujours bien inspirées de Brigitte Bardot, et si j’ai tenu à lui rendre hommage dernièrement, je ne peux aujourd’hui que dénoncer cette nouvelle dérive à laquelle elle est associée.

 

Des motivations troubles 

09-26-Animaux-001b.jpgCette campagne met en évidence les motivations troubles de certains militants et de certaines associations de protection des animaux. À ce propos, il convient de distinguer les protecteurs des animaux et les promoteurs des droits de l’animal. Les premiers se soucient, en principe, du bien-être des animaux, mais ils ne remettent généralement pas en question le statut que notre société leur réserve car ils croient à la supériorité de l’espèce humaine. Au contraire, les promoteurs des droits de l’animal, ou pour faire simple les antispécistes (parmi eux, Gary Francione et des associations comme One Voice ou Sea Shepherd, et l’auteur de ces lignes), considèrent que les humains n’ont aucun droit sur les animaux. Les initiateurs de la campagne dont il est question ici, entre autres la Fondation Brigitte Bardot, appartiennent essentiellement à la première catégorie et non à la seconde.

Quant on contemple l'affiche incriminée, on se demande si cette campagne dénonce la cruauté envers les animaux ou la pénétration de l’islam dans notre société. Le moins qu’on puisse dire est qu’on mélange les genres. Il existe en ce moment une campagne contre la généralisation de la nourriture halal dans les cantines des écoles publiques et ailleurs, mais elle ne devrait pas concerner les défenseurs des animaux.

 

Une incitation à la haine

Dans un restaurant comme dans une institution publique, généraliser le halal, c’est introduire une religion. Il est donc normal que les défenseurs de la laïcité protestent. Mais pour ne pas faire trop anti-musulman on mentionne aussi le cachère.

Les promoteurs de cette campagne font de même. C’est ainsi que l’association Stéphane Lamart, par exemple, dénonce « la généralisation, en France, de l’abattage rituel (Halal et Casher) ». Or l’abattage halal et l’abattage cachère sont toujours séparés et il n’y a aucune généralisation en France de l’abattage cachère.

Et tout cela aboutit à une affiche qui est propre à attiser la haine contre les musulmans et les Juifs.

 

De qui se moque-t-on ?

Il n’est donc pas surprenant que cette campagne soit récupérée par l’extrême droite. Je me désole de constater qu’elle est récupérée également par les néoconservateurs et par les chefs de file de la défense de la laïcité et des valeurs de la République.

Faut-il le rappeler, c’est du côté de l’extrême droite mais aussi du côté des souverainistes et des néoconservateurs que se concentrent généralement les plus ardents défenseurs des traditions les plus barbares de notre société, comme la chasse – et notamment la chasse à courre – et la corrida.

Promouvoir la viande de porc, servir une « soupe au cochon », organiser ou participer à des apéros géants avec du saucisson, alors que les conditions de vie des porcs, élevés en batterie dans un enfer permanent, sont particulièrement cruelles...

...et après cela, oser dénoncer la cruauté de l’abattage rituel ?

Quel culot !

Et ce sont les mêmes qui vont s’empiffrer de foie gras à Noël !

Quelle hypocrisie !

 

* Au temps pour moi, il y a un rapport : De l'enfant Al Doura aux animaux... (Shmuel Trigano)  

 

P.S.: Pour un excellent complément à mon article, voir aussi :

 Des animaux maltraités et bien mal défendus... (Florence Bergeaud-Blackler) 

 La Fondation Brigitte Bardot est malhonnête (Mendel Samama)

 De l’enfant Al Doura aux animaux... (Shmuel Trigano)

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 10:09

 

Quand j’ai critiqué ceux qui réclamaient le rétablissement de la peine de mort, certains en ont déduit que je faisais partie des gens (certes, il en existe) qui montrent plus de compassion pour les criminels que pour leurs victimes.

Quand j’ai critiqué le lynchage verbal dont Roman Polanski faisait l’objet suite à son arrestation, certains en ont conclu que je niais le caractère criminel de son acte et que je plaidais son acquittement.

PotQuand j’ai publié ma liste de personnalités considérées à tort comme juives par la rumeur publique, certains se sont focalisés sur deux ou trois noms et ont semblé croire que je prétendais dire qui est juif et qui ne l’est pas en défendant pour cela une règle contre une autre.

Quand, sur un autre blog, j’ai suggéré que l’assassinat d’Itzhak Rabin n’avait peut-être pas eu des conséquences politiques aussi importantes que ce que certains semblaient croire, quelqu’un en a tiré la conclusion que j’approuvais ce meurtre.

Au moment du séisme en Haïti, j’ai protesté contre les mensonges du pouvoir et de la presse française qui faisaient croire au public que les principaux secours provenaient de la France ou des États-Unis et qui ne disaient pas un mot sur les Israéliens, alors même que les journalistes qui étaient sur les lieux entendaient parler l’hébreu tout autour d’eux, voyaient des insignes de Tsahal et ne pouvaient pas ignorer que l’hôpital de campagne était israélien. Certains de mes lecteurs n’ont pas compris que je parlais d’un déni d’information et quelqu’un est même allé me reprocher de critiquer les Français en général.

Sur un blog de tendance néoconservatrice, un participant m'a pris pour un marxiste, un autre pour un islamiste. Je me suis aussi fait traiter de gauchiste. Sur un blog juif, un participant a semblé croire que j’étais au FN. Pour les uns, je serais un athée, tandis que pour d’autres je serais un religieux intégriste.  

C’est peut-être moi qui ne sais pas m’exprimer clairement ?

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29 juillet 2010 4 29 /07 /juillet /2010 22:08

 

Cela m’agace, quand j’entends ce poncif tant rebattu, « les trois grandes religions » ! 

 

Est-ce à dire que le bouddhisme et l’hindouisme seraient des « petites » religions ?  

 

Selon quel critère le judaïsme, le christianisme et l’islam seraient-ils « les trois grandes religions » ?

 

Même l’expression « les trois religions abrahamiques » est douteuse.  

 

Moncussé-DupouletDéjà, l’islam serait plutôt « ibrahimique »...

 

Mais « les trois grandes religions » ?  

 

Certainement pas par le nombre d’adeptes : l’hindouisme, par exemple, l’emporte de loin sur le judaïsme.

 

Pas davantage par l’ancienneté : l’islam fait figure de petit dernier, ou presque.   

 

Grandeur morale ? Profondeur spirituelle ? Hum, hum… on ne dira pas de noms, pour ne fâcher personne.  

  

Alors, certains me disent que par « les trois grandes religions », il faudrait entendre que le judaïsme, le christianisme et l’islam sont les trois religions monothéistes.

 

Ah oui ? Et la religion bahaïe ? Elle n’est pas monothéiste, peut-être ?  

 

Je lis aussi dans Wikipedia que selon le point de vue du judaïsme et de l’islam, la Trinité chrétienne est une forme de polythéisme. Ajoutons à cela le culte de la Vierge et des saints chez les catholiques, et j’aimerais qu’on m’explique en quoi l’hindouisme serait moins monothéiste.  

 

En vérité, « les trois grandes religions », c’est encore un de ces lieux communs que tant d’entre nous emploient (ou plutôt répètent) sans réfléchir. Surtout ceux qui ne savent compter que jusqu’à trois, je présume.  

 

 

Me rendant à l’hôtel,
Aurais-je omis celle
Qui me disait : Hé, pitre !
Ève, en gilet, m’éprouvait :
Je te teste, amant !
Disait-elle, mais là,
Je lui fis, là, t’auras
Rien d’autre…

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