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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 14:55

 

Mon jeu des dix propositions n’ayant pas eu le succès escompté, j’avais renoncé à donner la solution. Sachant que les anecdotes en question ont tout de même été appréciées par plusieurs de mes lecteurs, j’en livre maintenant dix autres, mais qui sont toutes vraies :


* * * * *

 

1. Comme je le croisais dans l’escalier du Palais Garnier pendant l’entracte d’un opéra, Jean Rochefort m’a souri. Cela n’a peut-être rien d’extraordinaire, mais j’en aurais un certain nombre d’autres à raconter dans ce genre ; et si on les met bout à bout, cela devient plus intéressant…


2. À lentrée dune boutique près de la Seine, sur la rive gauche, ma mère me suggérait un cadeau pour ma petite amie. « Je ne sais pas si elle aimera », lui répondis-je, et Serge Gainsbourg, qui passait par là juste à ce moment, lança : « Oui, elle aimera. »


3. Un jour que je me promenais seul à Jérusalem, deux jeunes Arabes m’ont emmené dans un sous-sol. Je venais d’avoir des émotions sur le Mont des Oliviers, et il ne me manquait plus que cela. Enfin sorti de ce guêpier, je ne me suis senti pleinement rassuré qu’une fois revenu dans le quartier juif de la vieille ville.

 

4. À l’université de Haïfa, sur l’invitation d’une étudiante, j’avais squatté le dortoir des filles pendant deux nuits. J’y étais le seul homme, entouré de plusieurs jeunes Israéliennes. Personne n’en avait été choqué ni surpris.


5. Dans un village de cent habitants en Haute-Marne, prenant le thé chez une châtelaine jordanienne, j’avais été surpris d’apercevoir dans la grande salle de son château une étoffe ornée d’étoiles de David. Par la suite, j’ai appris qu’elle se passionnait pour Israël et pour l’art juif.


6. À la réception du mariage entre deux enfants de comtes et de comtesses au Pré Catelan, un endroit très chic au milieu du Bois de Boulogne, j’avais été interloqué de constater que le buffet, pourtant signé d’un prestigieux traiteur bien connu, se limitait à des petits morceaux de carottes et de concombres avariés et desséchés. Autre surprise, voir la mariée, devant tout le monde, repousser violemment, avec dégoût, son promis qui venait de lui poser la main sur le bas du dos sans mauvaise intention.


7. Dans la cathédrale de Langres, tenant l’orgue de chœur pour la messe de minuit, je n’ôtais mes gants de ski qu’au moment de jouer, tant il faisait froid. Comme, outre une chorale, javais accompagné une chanteuse soliste dans une musique d’un compositeur local peu connu, de la période post-romantique, l’évêque a déclaré qu’ayant entendu cette œuvre une première fois en 1943, il ne s’était pas attendu à avoir l’occasion de la réentendre avant sa retraite, qui était imminente.


8. Un jour, en Normandie, j’ai déjeuné seul en tête-à-tête avec Wieland Kuijken (ce grand maître belge qui a fait renaître la viole de gambe et qui a formé toute une génération de musiciens, parmi lesquels Jean-Louis Charbonnier et Jordi Savall).


9. Recevant un appel téléphonique d’un homme âgé avec un accent, qui appelait de létranger et demandait à me parler, je lui répondis : « C’est moi-même. » Il me dit alors : « Eh bien… moi aussi, je suis moi-même. Mon nom est Martin Gray. »


10. Comme je passais une semaine de vacances avec une jeune femme dans une maison d’hôtes, dans le Limousin, nous avons sympathisé avec les autres pensionnaires, qui étaient une vingtaine, et nous nous sommes presque tous revus à l’occasion d’un repas organisé à Paris. Depuis le début, ils ont tous cru, et ils croient encore, que nous étions un couple.

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 15:24

Ce dimanche de mai, en début d’après-midi, alors que je viens de quitter momentanément ma famille à la sortie d’un restaurant, et comme je me retourne pour reprendre la direction de mon domicile, une jolie femme, raffinée, élégante et décontractée, en chemisette et blue-jean, sort d’une porte d’immeuble, à quelques mètres devant moi, et se précipite dans ma direction :

 

Mouette« Monsieur... »

 

Je la regarde avec une certaine surprise.

 

« Il faut que je vous dise… »

 

Qu’est-ce qu’une inconnue pourrait donc avoir à me dire, à votre avis ? Qu’elle me doit beaucoup, par exemple, et que j’ai représenté un grand tournant dans sa vie. Rien que cela !

 

Il y a une quinzaine d’années, le temps d’une brève année scolaire, elle m’a eu comme professeur de mathématiques appliquées, dans le cadre d’une préparation de BTS en alternance.

 

Je la dévisage, sans parvenir à la reconnaître. Elle m’explique que c’est moi qui lui ai fait aimer les chiffres, pour la première fois de sa vie, à tel point qu’elle s’est choisi une orientation professionnelle différente de celle qu’elle envisageait alors, et qu’elle m’en est extrêmement reconnaissante.

 

Ce sont des moment où l’on se sent soudain léger comme un oiseau.

 

Je finis par lui demander son nom. Un nom qui était sorti de ma mémoire, comme le reste. Un vague souvenir commence seulement à affleurer lorsqu’elle me rappelle qu’un jour, elle avait été déçue du 19 que je lui avais mis. « Pourquoi pas 20 ? » m’avait-elle demandé.

 

Elle a droit à une nouvelle déception en apprenant que j’ai changé de métier – plus d’une fois, même : elle avait fait partie de mes derniers élèves, car j’avais ensuite tenté, pas bien longtemps, un retour dans le monde de l’entreprise. Je lui explique quel est maintenant mon métier.

 

Quel dommage ! Ce n’est pas possible, m’explique-t-elle : je suis si doué pour cela ! Je ne crois pas utile de lui suggérer que je me débrouille peut-être aussi bien dans mes activités actuelles. Elle m’assure qu’il faut que j’enseigne de nouveau. Il y a tant de jeunes auxquels je pourrais rendre ce même service que je lui ai rendu, chez qui je pourrais susciter une vocation, etc.

 

C’était il y a vingt-quatre heures. J’étais aussi étonné qu’euphorique. Je n’en suis pas encore revenu.

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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 11:54

Sur le blog Touraine Sereine, le sympathique et subtil Chieuvrou formulait dix propositions et défiait ses amis de trouver laquelle était fausse. Je me permets de lui emprunter ce jeu et de lancer à mon tour ce défi à mes lecteurs, identifier celle des dix propositions suivantes qui nest pas vraie :

 

* * * * *

 

1. Au cours d’un récital d’Arturo Benedetti Michelangeli, salle Pleyel, dans les années soixante-dix, j’étais assis dans une loge entre deux autres géants du piano, Arthur Rubinstein et Lazar Berman.

 

2. En plein cœur de Belgrade, à côté du palais présidentiel, du temps de Tito, un policier avait arrêté la circulation pour permettre à la voiture dans laquelle je me trouvais d’emprunter un sens interdit.

 

3. Il y a une dizaine d’années, la réparation de mon lecteur de CD audio m’avait coûté plus cher que le montant de mon loyer, et si c’était à refaire, je referais cette dépense sans hésitation.

 

4. Lors d’une fête médiévale, j’étais dans l’église, revêtu d’une bure, la tête encapuchonnée, une corde en guise de ceinture, et on m’a demandé très sérieusement si j’étais un vrai moine.

 

5. Une présentation d’un appareil exceptionnel, unique en France, a été organisée rien que pour moi, une semaine avant que le même honneur soit réservé au Président de la République.

 

6. À moi seul, à distance et sans utiliser le téléphone, j’ai fait perdre plus de mille heures de travail à une entreprise en faisant évacuer son siège pendant plusieurs heures et déplacer divers véhicules.

 

7. Boulevard Saint-Germain, à Paris, en marge d’une manifestation étudiante, j’ai incendié un café, puis cassé du mobilier urbain à coups de barre de fer, sous l’œil impavide d’un bataillon de CRS.

 

8. Sept mois après qu’on m’ait retiré des broches de la main, suite à une fracture, j’ai joué un programme d’une demi-heure sur un instrument à clavier et décroché un prix de conservatoire.

 

9. Alors que se préparait en France le procès de Klaus Barbie, j’ai fait la connaissance de ses amis et d’un de ses associés dans la Cordillière des Andes, à 3 600 mètres d’altitude.

 

10. Venant d’entrer dans le salon de coiffure où sa fille se faisait couper les cheveux en même temps que la mienne, Patrick Sébastien est venu me voir en croyant que j’étais le patron.

 

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 13:37

 

(le profil d'Emil Jellinek sur le site JONJ, traduit de l’anglais par Marcoroz)

 

Nous connaissons des Juifs qui n’achèteraient jamais une voiture allemande. Qu’il s’agisse d’une Volkswagen, d’une BMW, d’une Audi ou surtout d’une Mercedes, ils secoueraient la tête, ils évoqueraient toutes les horreurs que les Allemands ont infligées aux Juifs, ils affirmeraient qu’ils ne soutiendront jamais une entreprise allemande, etc., etc. Ce genre de diatribe peut souvent se prolonger pendant des heures.

 

Ce n’est pas nous qui essaierons de dissuader quelqu’un de ne pas aimer les Allemands. C’est bien d’une histoire terrible qu’il s’agit. Cependant, aussi étonnant que cela puisse être, cette marque la plus détestée, Mercedes, n’était pas seulement allemande : c’était une marque juive.

 

EmilJelinek.jpgNous sommes nombreux à avoir entendu dire que cette marque était le nom d’une fille, mais peu de gens savent que cette fille, Adriana Jellinek, surnommée Mercédès, était juive. L’homme d’affaires Emil Jellinek (1853-1918) fut à l’origine d’une voiture à laquelle il donna le nom de sa fille. Son père, à lui, était Adolph Jellinek, un très fameux rabbin austro-hongrois.

 

Emil a été un vrai pionnier de l’automobile. Il a conçu une voiture avec un empattement élargi, un centre de gravité abaissé et plusieurs autres améliorations qui nous échappent, nous qui sommes novices en la matière. Ce que nous pouvons dire, c’est qu’il a grandement contribué à faire, d’un chariot automobile instable et inadapté, un merveilleux engin moderne et confortable. Il est aussi à l’origine d’une des marques les plus fameuses de tous les temps.

 

Alors, peut-être serait-il temps, chez nous autres Juifs, de cesser de haïr Mercedes ? Ce sont de belles voitures, après tout.

 

Source : Jew Or Not Jew, http://www.jewornotjew.com/profile.jsp?ID=1007

 

© 2011 – JONJ (jewornotjew.com)
© 2011 - Marcoroz pour la traduction

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 09:40

 

Par une matinée de 2006 que je voulais studieuse, je me retrouve inévitablement déconcentré, pris au dépourvu par l’effroyable vacarme d’un souffleur sous mes fenêtres.

 

Mes lecteurs habituels savent ce que je pense de ces engins de mort et de ceux qui les ont conçus, les fabriquent ou les utilisent. Ils se doutent que dans ces moments, il me vient des envies de meurtre.

 

Ce jour là, je ne passe pas à l’acte. Je ne me sens pas en position de force, faute d’un soutien suffisant au sein de la société.

 

À ce propos, je me perds en conjectures. Est-ce que personne d’autre ne travaille ? Le pâté d’immeuble serait-il déserté ? Ou bien, est-ce que je vis dans un monde de sourds ?

 

Se peut-il que je sois le seul, dans ce pays de soixante millions d’habitants, à être dérangé par le bruit et les vapeurs d’essence ?

 

Pour en avoir le cœur net, je lance une requête sur Google. Parmi les premiers résultats, je découvre un article fort bien documenté, publié sur un forum, expliquant l’inanité de ces engins et leurs nuisances.

 

J’ignore qui est l’auteur de cet article (je n’ai pas remarqué son pseudo, pourtant affiché dans la partie droite de l’écran), mais s’il réside en France, nous sommes donc au moins deux. Je me sens un peu moins seul. Je lui écris un petit mot d’encouragement.

 

Un peu plus tard dans la journée, je reçois un e-mail de mon frère, dans lequel il s’amuse à me vouvoyer à son tour.

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 20:20

 

Le siège de PSA (Peugeot-Citroën), avenue de la Grande-Armée, à Paris, fut le lieu d’une de mes premières expériences du monde des entreprises. Là, j’étais dans un environnement tout gris, entouré d’hommes en gris et de femmes qui faisaient généralement grise mine. Heureusement, il y avait dans un bureau voisin la présence intermittente de Marie-Hélène, une jeune femme de mon âge. Sa simplicité, sa bonne humeur et son rire formaient un contraste détonnant dans ce paysage guindé.

 

Un jour, il me semble que c'était pour nous rendre ensemble à l’Automobile Club, Marie-Hélène m’avait fait monter dans sa 104 Z. Plus exactement, c’était la voiture de son frère, m’avait-elle précisé. Nous sortons du parking, et roulez, jeunesse !

 

MHP-2010Nous gagnons la place de l’Étoile, relativement encombrée. Au beau milieu de ce champ de bataille, en bordure du terre-plein central et alors que nous sommes quasiment immobilisés, un chauffard nous percute à l’arrière. Nous sortons tous deux pour aller constater les dégâts éventuels. 

 

Le maladroit a visiblement esquinté son pare-choc et sa calandre, mais il n’est peut-être pas à cela près. Heureusement, la 104 Z est intacte. Ma conductrice se contente de moucher élégamment l’importun, qui de son côté n’a rien de très intéressant à nous raconter.

 

L’incident est clos. La contemplation des victoires napoléoniennes, ce ne sera pas pour cette fois. Cependant, avant de remonter en voiture, je remarque le slogan collé au bas de la lunette arrière de la 104 Z : « Peugeot c’est costaud ».

  

C’est sans doute plus amusant encore si j’ajoute une précision, car j’ai gardé le meilleur pour la fin : la sympathique collègue qui me véhiculait ce jour là n’était autre que Marie-Hélène Peugeot, la fille du directeur général.

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 10:17

Il y a une bonne dizaine d’années, j’avais participé à une journée de protestation pacifique contre l’enfouissement des déchets nucléaires sur le site de Bure, aux confins de la Meuse et de la Haute-Marne. Plusieurs associations, entre autres Greenpeace, étaient parties prenantes.

Des stands avaient été installés sur une terre desséchée, cruellement déboisée et parsemée d’herbes sauvages : un paysage plutôt austère, surtout par contraste avec les forêts environnantes, mais en même temps dépaysant par ce temps d’été : pour un peu, je me serais cru sur un autre continent.

Bure.jpgUn restaurant végétalien de campagne avait été installé. Tout y était conçu pour une efficacité maximum. Chacun, à son tour, prenait un plateau sur une pile, trouvait les couverts à portée de main, faisait ensuite un ou deux pas pour se servir dans les hors-d’œuvre, puis, en continuant, arrivait aux plats chauds, etc. Après le repas, on rapportait son plateau et on lavait sa propre vaisselle dans trois bacs successifs : le premier bac servait à nettoyer grossièrement la vaisselle, le deuxième bac permettait de la nettoyer plus complètement, et le troisième, de la rincer. On rangeait ensuite les assiettes et les couverts lavés sur un égouttoir situé dans le prolongement des trois bacs et qui jouxtait la réserve de couverts à la disposition des nouveaux arrivants, et la boucle était bouclée. Naturellement, les déchets étaient triés et recyclés. Tout cela était réglé comme du papier à musique. C’est bien évidemment à une équipe de jeunes Allemands qu’on devait cette organisation admirable.

Dans l’après-midi, une marche avait été organisée jusqu’au village voisin.

Sur le chemin du retour, tout en marchant, j’avais soudain entendu derrière moi des voix qui chantaient Osseh shalom (un chant juif bien connu, tiré de la liturgie). J’avais alors ralenti le pas.

C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de ............., un Juif champenois dont la famille était originaire du midi. Nous avons naturellement parlé de nos préoccupations communes, et ............. m’a appris quelques détails concernant la campagne mondiale de haine alors orchestrée contre le Premier ministre israélien Ariel Sharon, et à travers lui, contre la nation juive.

J’avais renoncé depuis longtemps déjà à lire la presse et à suivre les « informations » à la télévision et à la radio, mais je n’étais pas encore un adepte de l’Internet, et ce jour là, grâce à ............., j’ai pris davantage conscience de la gravité de la situation. Ce moment à Bure aura sans doute été un des déclics à l’origine de mon militantisme actuel pour la défense d’Israël.

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