Banana split
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Nos scientifiques et nos hommes politiques découvrent tout d’un coup, du jour au lendemain, ce que tout le monde savait depuis longtemps : que la situation est « très grave » aux Antilles, que la Martinique et la Guadeloupe ont été « empoisonnées » par des pesticides et qu’il s’agit d’un « désastre sanitaire ».
Selon un cancérologue éminent, « le taux des cancers de la prostate est "majeur" aux Antilles » mais les scientifiques n’ont « pas encore la preuve épidémiologique » que le phénomène serait lié au chlordécone, un produit que la France « a interdit en 1990 sur son territoire, sauf... aux Antilles ».
Le traitement au chlordécone (un nom prédestiné), même s’il est réservé aux habitants de ces lointaines îles, n’est donc pas exactement un traitement de faveur.
Quelle belle illustration du cynisme de nos dirigeants politiques successifs et de nos industriels, et de leur mépris pour la population - surtout quand il s’agit des DOM-TOM !
Remarquons au passage que certains, face à l’évidence et face aux preuves statistiques, attendent encore « la preuve épidémiologique ». La statistique est une chose, mais la médecine, monsieur, la médecine... Il faut savoir aussi que les producteurs de bananes ont le culot de trouver le rapport du cancérologue « pas assez scientifique » !
Quand tout le monde sera mort, on disposera peut-être enfin de preuves assez formelles pour décider qu’il y a urgence…
Terminons par une bonne nouvelle : le ministre de l’Agriculture propose « d’aller vers la banane zéro pesticide ». C’est à croire qu’un vent nouveau souffle sur la rue de Varenne…
