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Dialogue de sourds


Le 14 juillet dernier, me rendant aux festivités organisées par ma municipalité, j’avais eu une mauvaise surprise : le parc verdoyant choisi pour la circonstance résonnait tout entier du vacarme très rythmé d’une sono. Ayant rencontré le plus haut responsable politique de la ville, je lui avais demandé s’il était vraiment nécessaire de remplir ainsi l’espace de décibels et de vibrations. J’avais alors obtenu cette réponse :
« Il en faut pour tous les goûts ! » Ma compagne ayant cru devoir lui préciser que j’étais féru de musique classique, il avait ajouté : « Vous n’allez jamais au conservatoire ? »

Essayons de comprendre : le brillant énarque tenait-il pour acquis que deux heures de vacarme en prélude aux feux d’artifice étaient ce qu’exigeait le public ? Se souciait-il de satisfaire « tous les goûts » sauf le mien ? Partageait-il lui-même le « goût » qu’il supposait être celui de ses administrés ? Considérait-il que l’espace public appartient aux sourds, et qu’un mélomane aux oreilles sensibles est censé rester cloîtré chez lui cette nuit-là, faute d’un conservatoire ouvert en cette période de l’année ?

(J’ai vérifié, il n’y avait aucun concert au conservatoire ce soir-là : mince alors !)

Bosch (l'Enfer, détail)Il m’avait paru vain d’essayer d’expliquer à notre technocrate que je remettais en cause non pas le style de musique en l’occurrence, le répertoire du groupe était plutôt de bon goût mais l’amplification outrancière. Même Mozart, à ce degré de distorsion, ne serait plus de la musique mais du bruit. Je crois aussi qu’un sondage auprès du public concerné aurait réservé à ce monsieur quelques surprises.
 
Quant aux « goûts » pour lesquels « il en faut », il me semble que le grand public accepte généralement ce qu’on lui donne, la plus belle musique comme la plus mauvaise. Quoi qu’il en soit, il serait certainement plus digne, de la part d’un responsable politique, de préjuger en faveur de la première que de la seconde.
 
En 1749, à Londres, près de douze mille personnes avaient suivi la répétition en plein air de la musique de Haendel pour les feux d'artifice royaux...
 
...Combien de watts, la sono ?
 
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S
<br /> J'avais effectivement lu cet article (nous avions brièvement échangé sur les nuisances sonores)...<br /> oui cette phrase peut être utilisée pour tout et n'importe quoi : en art, architecture, mode, etc... Quand le mauvais gout est ainsi justifié et excusé, c'est effectivement affligeant : la<br /> médiocrité au gout du jour..<br /> <br /> <br />
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E
je m'apercois que ce phenomene decibel a outrance est de main heu pardon d'oreille mise sur toute la planete- En Israel aussi tu ne peux plus sortir avec des amis pour papoter dans un lieu public ou il y a de la "musique" mission impossible assis a ume meme table on ne s'entends pas parler et ceci meme en hurlant! Mes enfants, porte fermee, ecoutent de la musique a longueur de journee a plus que fond la caisse, hurlent pour parler et je ne te raconte pas le son de la tele losqu'ils voient un film. Nous sommes dans un monde ou la communication n'est plus, seul le bruit, les cris, les hurlements se font entendre le chuchotement est un mot banni et la musique doit agresser nos oreilles-revelation du monde social dans lequel nous vivons!!!Agresser pour se faire entendre-valoir---
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M
<br /> <br /> C'est épouvantable ! Entre ceux qui aiment ça (comment est-ce possible, ça me dépasse) et ceux qui entretiennent cette tendance en se disant que c'est ce que "les gens" aiment... les gens sont<br /> sourds et le monde est fou. Autre fléau très lié à celui-là, la recrudescence de machines extrêmement bruyantes et parfois insensées comme les souffleurs à feuilles qui ont remplacé le balai et<br /> le rateau depuis peu.<br /> <br /> Comme tu le rappelles avec à-propos, Esther, c'est une agression. Une agression permanente. C'est d'ailleurs une forme de guerre. L'humanité était déjà en guerre contre la nature, maintenant<br /> elle est aussi en guerre contre le silence et contre la musique - car la vraie musique naît du silence. Qu'on appelle "musique" ce vacarme, c'est aussi le signe d'une grave aliénation... Et<br /> ce faisant, d'une certaine façon, l'humanité est aussi en guerre contre elle-même. <br /> <br /> <br /> <br />
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