Vider les océans pour manger du porc et du poulet de batterie
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Ce 26 septembre 2009, du côté des Halles, à Paris, se tenait un rassemblement à l’initiative de plusieurs associations de défense des animaux. Une allocution du capitaine Paul Watson, fondateur de la Sea Shepherd Conservation Society, a couronné la manifestation.
« Un végétalien qui roule en 4x4 occasionne moins de dégâts à la planète qu’un mangeur de viande qui roule à vélo ! » Chacune des phrases du marin canadien, aussitôt traduite en français par la présidente de Sea Shepherd France, Lamya Essemlali, sonne comme une formule choc. Aucun slogan démagogique, pourtant, mais des vérités étayées par des chiffres. Quatre-vingt-dix pour cent des gros poissons des océans ont déjà disparu. On tue actuellement plus de cent millions de requins par an. Au Danemark, les poulets mangent du poisson et les macareux ne trouvent plus leur nourriture. En raison des pratiques actuelles en matière d’élevage intensif, une plus grande quantité de poisson est consommée par les porcs que par les requins. Le porc est ainsi devenu le plus grand prédateur de poissons du monde ! Les poulets des élevages industriels mangent davantage de poissons que les phoques. Nous vidons la mer, non pas pour manger du poisson, mais pour manger de la viande ! Ce faisant, nous sommes en train de tuer littéralement les océans. Or, si les océans meurent, nous mourrons aussi.
Au nom de la non-violence, l’organisation Greenpeace, dont il fut le co-fondateur, voue aux gémonies ce « berger des mers » qui défonce la coque des navires de pêche et baleiniers illégaux à l’aide d’un éperon télescopique. Mais qui est le plus « non-violent » ? Un mangeur de viande qui étend des banderoles, ou un végétalien qui sabote une activité meurtrière illégale ? Qui est le plus cohérent dans son combat contre la violence et la destruction ? « En trente ans de lutte, nous n’avons jamais occasionné la moindre blessure à personne. » L’inverse n’est pas vrai : lui-même a survécu de justesse à une balle reçue au niveau de la poitrine. Paul Watson ne manque pas de rappeler que l’industrie de la viande est aujourd’hui la plus grave menace qui pèse sur la survie des espèces et de la planète, et que les équipages de sa flotte sont vegan, ce qui signifie qu’ils ne consomment aucune nourriture d’origine animale et ne portent pas de cuir sur eux.
Paul Watson entreprend actuellement de donner à l’industrie baleinière japonaise assez de fil à retordre pour que cette activité cesse d’être rentable. Il s’agit de parler à ces assassins le seul langage qu’ils comprennent, celui des pertes et des profits. Couler les navires n’est malheureusement pas envisageable ici, mais notre sympathique pirate a d’autres tours dans son sac. Ensuite, il déploiera ses efforts en Méditerranée pour faire cesser la pêche au thon rouge, et pour obtenir que l’on fasse de la mer Méditerranée un sanctuaire.
L’attitude du nouveau gouvernement japonais ne présage rien de bon. Plus que jamais, en affrontant l’industrie baleinière japonaise, Paul Watson et ses coéquipiers risquent leur vie. Ils le savent, et ils assument. Paul Watson, on l’aura compris, est pour moi un héros. C’est un héros d’autant plus admirable que le combat qu’il mène, dans ce monde de fous, est le plus grand et le plus juste de tous : le combat pour la survie de la planète et de toute la vie qu’elle porte.
