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Par Zack Lieberberg  

(2006 - Traduit de langlais par Marcoroz)

Je voudrais attirer l’attention sur deux des innombrables réactions des internautes à la publication du texte « Un peuple disproportionné » [de Yashiko Sagamori - NdT]. L’une est signée de Yulia, une Russe :

Vous êtes le peuple le plus intelligent de la Terre. Vous ne devez pas vous conduire comme des barbares. Vous devriez employer une meilleure méthode, plus efficace et plus humaine, pour combattre ceux qui veulent vous détruire.

L’autre est de M. Walter Murray, de Palo Alto :

Les Juifs devraient regretter la mort de n’importe quel enfant tout autant que celle d’un enfant juif. Si vous n’êtes pas d’accord, c’est peut-être bien là une partie du problème.

La raison pour laquelle j’ai choisi ces deux commentaires, parmi tant d’autres, est que j’y ai trouvé une profondeur qu’on risque de négliger à première vue. Yulia, par exemple, malgré (ou à cause de) sa prétendue infériorité intellectuelle, exprime une conviction intéressante. Elle pense que les Juifs auraient l’obligation d’être plus humains que le reste de l’espèce humaine. Au contraire, dans sa tentative d’analyser les émotions des Juifs et de les remettre dans le droit chemin, M. Murray revendique une supériorité à la fois morale et intellectuelle qu’il choisit de ne pas exprimer de façon explicite, soit par modestie, soit, plus probablement, parce qu’il partage l’aversion courante chez les membres de Mensa vis-à-vis des évidences.

Commençons par le problème de l’humanisme. On aura sans doute remarqué que dans la crise nucléaire iranienne actuelle, la Russie et la Chine font tout ce qu’elles peuvent pour empêcher les Américains de lutter contre le danger que représentent les mollahs enragés. Cela n’est pas surprenant, dans la mesure où l’incapacité évidente des Américains à résoudre cette crise érode le peu qui reste de leur statut de superpuissance et sert donc les intérêts de leurs adversaires. Mais un Iran nucléarisé n’est-il pas aussi dangereux pour la Russie et la Chine que pour les États-Unis ?

Non, et voici pourquoi. Les ayatollahs savent parfaitement que dès que la Russie et la Chine se sentiront réellement menacées par l’Iran, ils survivront exactement le temps qu’il faudra à la première salve de missiles à tête nucléaire russes ou chinois pour atteindre le territoire iranien, c’est-à-dire entre 12 et 37 minutes selon le lieu d’où ces missiles partiront. Ensuite, le pays que nous appelons aujourd’hui l’Iran sera désormais connu sous le nom de Grand désert perse et peuplé exclusivement de cafards mutants.

Au contraire, les États-Unis feront tout ce qui sera en leur pouvoir pour éviter d’en arriver à de telles extrémités, en se conformant à la lettre et à l’esprit du droit international. Le plus probable est qu’une fois de plus, ils soulèveront le problème d’une menace iranienne imminente devant le Conseil de sécurité de l’ONU, qui n’est pas spécialement réputé pour son efficacité quand il s’agit de trouver ou d’appliquer des solutions aux crises internationales. Sachant que les Nations unies sont surtout unies dans leur haine d’Israël et des États-Unis, il n’y a aucune raison d’être optimiste quant à l’effet probable de ce genre de mesure : autant dire que tôt ou tard, un système nucléaire iranien sera testé avec succès sur notre sol.

Malheureusement, le gouvernement américain n’aura jamais le courage de frapper l’Iran avant que celui-ci ait une chance de tuer plusieurs centaines de milliers d’Américains. À en juger d’après l’expérience du 11 septembre, les États-Unis ne réagiront pas non plus de manière appropriée après l’attaque. Le mieux que nous puissions espérer de la part de l’administration la plus va-t-en-guerre qu’il soit possible d’imaginer est qu’elle tente de libérer le fier peuple iranien de la tyrannie des ayatollahs – à condition que l’ONU donne son aval à une mesure si radicale. Dans le meilleur des cas, nous finirons par réussir à plonger l’Iran dans une guerre civile, comme nous l’avons fait avec l’Irak. Autrement, nous subirons encore un gros scandale, ce qui n’est pas vraiment une bien grosse affaire car même une superpuissance ne peut perdre la face qu’une seule fois, et nous sommes sur le point de commémorer le cinquième anniversaire de cet événement. Dans un cas comme dans l’autre, nous apporterons aux musulmans la preuve, une fois de plus, qu’ils peuvent attaquer les États-Unis impunément.

Ainsi donc, des régimes ô combien inhumains comme la Russie et la Chine réussissent brillamment à s’assurer une sécurité pratiquement inviolable sans que cela ne coûte une seule vie humaine d’un côté ou de l’autre de leurs frontières. Cela prouve à coup sûr que la détermination à réduire son ennemi à l’état de cendres radioactives à la plus légère provocation garantit la paix bien mieux que les efforts aboutis de soixante-dix-sept générations de pacifistes.

Tel est le prix de notre humanisme dévoyé. Si le mouvement La paix maintenant avait vraiment voulu parvenir à une paix durable dans un avenir prévisible, il y aurait réussi davantage en infiltrant et en militarisant le mouvement Kach.

Occupons-nous à présent des préoccupations de M. Walter Murray, de Palo Alto. Ce monsieur mérite certainement une réponse soigneusement réfléchie. Cependant, je suis réticent à me plonger dans les sombres profondeurs d’une réaction émotionnelle juive à l’assassinat d’enfants, qu’ils soient juifs ou non. J’aimerais plutôt souligner ceci :

Tout d’abord, M. Murray n’a pas su nous dire pourquoi il attend des Juifs qu’ils réagissent à la mort d’enfants différemment des Ukrainiens par exemple, des Arabes ou, en l’occurrence, des Américains d’origine irlandaise. Pour moi, cette façon de supposer une différence inhérente entre les Juifs et les gens normaux, tout comme le fait Yulia quand elle postule la supériorité de l’intellect juif, pue l’antisémitisme. Bien évidemment, M. Murray n’a rien contre les youpins – tant qu’ils se comportent selon ses attentes. Le grand-père de M. Murray n’avait sans doute rien contre les nègres – tant qu’ils restaient à leur place.

Ne protestez pas, M. Murray : n’allez pas nous dire que vous avez des amis juifs. Si vous n’acceptez pas mon diagnostic, demandez à quelques-uns de vos amis noirs (je suis sûr que vous en avez) s’ils n’ont jamais rencontré un raciste blanc qui ne soupçonnait même pas qu’il puisse être raciste.

En second lieu, M. Murray, je vous conseille vraiment de ne pas déplorer les enfants morts sans faire de discrimination. Vous allez sans doute trouver ce que je vais dire monstrueusement cynique, mais je vais le dire tout de même.

Voyez-vous, la probabilité qu’un enfant arabe devienne un Albert Einstein ou un Sigmund Freud ou même un Alan Greenspan est égale, à la douzième décimale après la virgule près, à la probabilité qu’un enfant juif devienne un combattant du djihad. Bien sûr, tout enfant juif ne devient pas un Einstein, et tout enfant arabe ne choisit pas la brève mais spectaculaire carrière du shahid. Cependant, les enfants juifs, quand vous ne les tuez pas avant qu’il ne soit trop tard, forment des communautés juives, et les communautés juives, non seulement produisent de temps à autre des Einstein, mais sont connues pour avoir toujours apporté la prospérité à toute société leur ayant laissé la possibilité de prospérer : « Je bénirai ceux qui vous béniront. » Contrairement aux Juifs, les Arabes ne forment pas des communautés : ils forment la « rue arabe ». La « rue arabe » n’a jamais produit aucun Einstein et je suis sûr qu’elle n’en produira jamais. Ce qu’elle produit, ce sont des assassins en abondance.

De la manière dont je le vois, le problème ne vient pas de la discrimination que pratiqueraient les Juifs entre les enfants morts. Le problème vient de la façon dont vous-même pratiquez une discrimination entre eux. Plus précisément, si vous aviez pleuré les enfants juifs tués comme vous pleureriez vos propres enfants (Dieu préserve !), il n’y aurait eu aucun problème. Mais ce n’est pas le cas, et c’est ce qui engendre un énorme problème dont vous n’êtes pas conscient car dans votre esprit, ce problème n’existe que pour les Juifs. Ce problème, je vais vous l’expliquer.

Il y a soixante-dix ans, le monde a regardé passivement Hitler préparer la Shoah. Alors que celle-ci était bien avancée, que des milliers de Juifs européens, y compris des enfants, mouraient à toute heure dans les chambres à gaz des camps nazis, les gens comme vous feignaient l’ignorance et prétendaient n’être nullement concernés. En bons chrétiens, vous étiez trop occupés à adorer vos ennemis pendant que vos ennemis nous exterminaient à la cadence maximale que le permettait leur capacité industrielle.

Aujourd’hui, vous faites exactement la même chose. Votre ennemi déclare ouvertement son intention d’exterminer les Juifs. Votre ennemi mène au vu de tous une guerre d’annihilation contre Israël depuis le jour où Israël s’est réinstallé sur une petite partie de sa patrie historique. Votre ennemi tue des Juifs chaque année : par dizaines en période d’accalmie, par centaines en période d’ « Intifada ». Ces Juifs sont pour la plupart des civils. Un certain nombre d’entre eux sont des personnes âgées. Un certain nombre sont des enfants. Tous sont pris pour cibles de façon délibérée. Que faites-vous face à cela ? Invoquez-vous les Conventions de Genève ? Exprimez-vous votre indignation morale ? Non. Vous tancez Israël pour sa réaction disproportionnée, pour avoir tué des civils innocents sans nécessité, pour la poursuite de l’occupation, et par suite, vous désignez Israël comme le principal ennemi du genre humain. Et bien sûr, chaque Juif du monde devient automatiquement complice des crimes d’Israël contre l’humanité.

Quels civils innocents ? Après le 11 septembre, même quelqu’un comme vous devrait comprendre que personne n’est plus innocent : ni vous, ni moi, ni, à coup sûr, ceux qui essaient de nous détruire. Regardez-vous dans une glace : vous n’êtes pas innocent, vous êtes sans défense. Dans cette guerre de civilisations, vous êtes une cible parfaitement légitime, quoi qu’en disent les Conventions de Genève, car vos ennemis ne se sentent pas concernés par les lois des infidèles.

Quels crimes ? Depuis quand est-ce un crime de se défendre contre une agression ? En vertu de quel droit international la victime d’une agression devrait-elle mettre fin à la guerre au moment où l’ennemi dépasse le seuil au-dessous duquel vous vous sentez encore dans une situation confortable ?

Vous dites ? Occupation ? Quelle occupation ? Quel « peuple palestinien » ? Apprenez plutôt l’Histoire, l’Histoire réelle. Le « peuple palestinien » n’est qu’un complot antisémite à côté duquel les sinistres Protocoles des Sages de Sion paraissent presque inoffensifs. Je défie quiconque de citer une seule référence au « peuple palestinien » datant d’avant 1967. Je défie quiconque de citer ne serait-ce qu’un seul document donnant à l’organisation terroriste que l’on appelle le « peuple palestinien » une légitimité sur un seul centimètre carré du territoire d’Israël ou de n’importe quel autre territoire dans le monde.

Si vous pensez – comme moi – que des innocents doivent avoir le droit de vivre là où ils ont toujours vécu sans avoir besoin de l’approbation de l’ONU, il faut que vous me disiez pourquoi vous n’avez jamais protesté contre l’éviction de près d’un million de Juifs de chez eux, dans des pays dans lesquels ils vivaient déjà depuis plusieurs siècles quand ces contrées ont connu l’occupation arabe. Il faudra que vous me disiez aussi ce qu’il advient du droit d’une personne innocente à vivre où elle le désire une fois que cette personne innocente fait exploser un car scolaire rempli d’enfants de ses voisins.

Où était-elle, votre préoccupation pour les enfants morts, quand les Arabes, année après année, décennie après décennie, ne cessaient d’assassiner délibérément des enfants juifs ? Où était votre préoccupation pour les enfants juifs quand le Hezbollah a attaqué Israël ?

Il y a soixante-dix ans, vous nous assassiniez par Allemands interposés. Aujourd’hui, vous nous assassinez par Arabes interposés. Aujourd’hui, comme au début de la Seconde guerre mondiale, dans la sécurité de votre petit confort, vous vous sentez supérieur aussi bien aux agresseurs qu’à leurs victimes. Vous avez tort. Après tout, vous savez sans doute que les six millions de Juifs tués par les nazis représentaient moins de 10 % de l’ensemble des victimes de cette guerre. Mais les Allemands étaient de l’autre côté de l’océan, tandis qu’aujourd’hui, vos ennemis – d’innombrables millions d’entre eux – ont déjà atterri sur vos rivages. Quelle est la distance entre votre domicile confortable et la mosquée la plus proche ?

Et malgré cela, vous continuez de confondre la non-résistance à l’agression avec la paix. C’est à cause des gens de votre espèce, M. Murray, que la Seconde guerre mondiale et la guerre mondiale qui a officiellement atteint les États-Unis le 11 septembre 2001 ont été possibles. Vous êtes un monstre lâche, stupide et immoral.

Comment osez-vous dire aux Juifs ce qu’ils devraient ressentir quand on assassine leurs enfants ?

 

© 2006 – Zack Lieberberg

© 2008 – Marcoroz pour la traduction

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