Il m’arrive d’oublier un moment que la guerre est partout, mais il ne faut généralement pas longtemps pour que quelqu’un se charge de me le rappeler.

Cette fois, comme j’arpentais le champ de bataille, c’est-à-dire le monde qui entoure ma résidence, ce furent le bruit et le vent d’une sorte de projectile fusant au ras de mes cheveux et s’écrasant sur le macadam. Je me retournai pour en avoir le cœur net : c’était un ignoble crachat, dont j’épargnerai au lecteur la description. Je levai les yeux. Un ouvrier se tenait debout sur le rebord d’une fenêtre, au second étage du bâtiment devant lequel j’avais eu l’honneur de passer. Il n’y avait que deux possibilités : soit le dégoûtant m’avait visé, et raté de très peu, soit, et c’était tout de même le plus probable (je ne suis pas si parano), il n’avait même pas regardé si la voie était libre avant de donner libre cours à sa dépravation. Dans un langage très cru et compréhensible du vulgaire, je lui criai que son geste trahissait un certain manque de propreté.

« Et comment voulez-vous que je fasse ? », telle fut la subtile réponse de ce disgracieux, sûr de son bon droit, avec son accent du sud-ouest… de la mer Méditerranée (quelques années de moins, et c’était le portrait tout craché de la racaille qu’il faudrait nettoyer au… cracheur, c’est ça ?). C’est tout juste si ce n’était pas à moi de m’excuser.

Nombreux sont les sportifs, en particulier les adeptes du jogging, qui semblent eux aussi considérer cette horreur comme un besoin impérieux. Cependant, avez-vous remarqué, seuls les hommes crachent (et le plus souvent, ont dirait qu’ils préparent leur forfait dès qu’ils vous aperçoivent pour l’accomplir juste au moment où ils vous croisent).

Les femmes ne crachent pas, même quand elles font du jogging. Comment font-elles ?

Eh bien, moi non plus. Comment je fais ? Je ne fais pas, c'est tout. Pourquoi le ferais-je ? A quoi cela peut-il bien servir ?

Si cette habitude répugnante est exclusivement masculine, c’est sans doute qu’elle fait partie de ce qu’un grand nombre d’abrutis considèrent comme des attributs virils, tout comme les grossièretés, les rots, les souffleurs à feuilles, etc. En ce qui me concerne, je ne fréquente pas ce monde-là. Je fais partie de ceux qui ont le bon goût de placer leur virilité ailleurs.

Un ami me fait remarquer que le crachat masculin est aussi une tradition dans certaines « cultures ». Devinez lesquelles. Quand j’entends parler de « cultures », surtout au pluriel... (vous pouvez compléter vous-même)... 

Plus intéressant et plus sympathique, mais un peu dans la même trempe (si j’ose dire), ma regrettée grand-mère comptait parmi ses meilleurs amis un éminent professeur de philosophie de la Sorbonne, dont les travaux faisaient autorité et qui maîtrisait une bonne huitaine de langues parmi lesquelles le latin, le grec ancien, l’hébreu et l’araméen. Il se trouvait que cet homme, nonobstant ce curriculum, était affublé d’une curieuse tare : il bavait de façon intempestive, et surtout, il semblait ne pas s’en rendre compte.

Le pire était évidemment lorsqu’il mangeait. Parce que, de surcroît, il parlait la bouche pleine. Pour que le tableau soit complet, ajoutons qu’il n’était plus tout jeune et que ses dents avaient oublié depuis longtemps d'être d’un blanc uniforme. Or, c’était précisément lors d’événements familiaux, autant dire en pleine orgie de gâteaux, que je me retrouvais – parfois contre mon gré – à lui tenir le crachoir, c’est le cas de le dire. De temps à autre, sa femme s’approchait pour lui essuyer maternellement le tour de la bouche. Quant à moi, c’est en vain que je tentais de maintenir entre nous une distance plus grande que le saut du postillon. Loi de Murphy oblige, l’éminent professeur se sentait obligé d’entretenir avec son interlocuteur une proximité spatiale toute particulière.

Avez-vous remarqué ? Cette tendance à abolir la distance est typique des postillonneurs, ainsi que des gens qui semblent n’avoir jamais appris de toute leur vie qu’on ne doit pas parler la bouche pleine. Elle est typique également des individus atteints de mauvaise haleine chronique. Bien entendu, on la retrouve aussi, immanquablement, chez ceux qui cumulent ces trois tares. La loi de Murphy, vous dis-je.

Je ne saurais oublier la façon dont ce maître de philosophie nous avait expliqué, avec une détermination presque rageuse, son intention de vote aux élections présidentielles de 1981. Il avait calculé, j’ignore comment, que le montant de sa retraite serait moins élevé si c’était Mitterrand qui l’emportait. Selon ses propres dires, il allait voter Giscard d’Estaing sur ce critère, point à la ligne.

J’avais été surpris d’entendre un homme ayant consacré sa carrière à l’étude et l’enseignement de la philosophie fonder sur une considération aussi bassement matérielle ce qui m’apparaissait encore, avec les illusions qu’on peut avoir à vingt ans, comme un choix de société. Il faut dire que ce qui me portait à voir en lui, autre illusion peut-être, un homme quelque peu détaché des choses les plus triviales de l’existence, c’était sans doute aussi, pour partie, cette bave dont il n’avait cure.




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A l’occasion de la publication du numéro 11 de la revue Controverses, « Post colonialisme et sionisme », une conférence-débat s’est tenue le 9 juin dans l’arrière-salle d’un café, à Paris. Je me propose de présenter ici un compte-rendu des idées qui ont été exprimées par les trois orateurs, Shmuel Trigano (directeur de la publication), Jean-Pierre Bensimon (rédacteur-en-chef) et Me Sydney Touati, en y mêlant mes propres réflexions.

Shmuel Trigano a rappelé l’objectif premier de la revue, tenter de comprendre la mutation en cours qui accompagne cet inquiétant courant de pensée, né en France et développé aux États-Unis d’où il nous revient, qu’est le post-modernisme, avec ses avatars (post-colonialisme et autres « post-quelque chose »). Dans l’actualité des dernières semaines, trois manifestations de ce courant sont emblématiques : les déclarations du pape au cours de son voyage en Israël, le discours prononcé par le président Obama au Caire, et le livre de Shlomo Sand « Comment le peuple juif fut inventé ».
 

La « Sainte Famille » fuyant le Massacre des Innocents

Il existe en effet une convergence remarquable entre le voyage du pape en Terre d’Israël et le discours du nouveau président américain au Caire. Benoît XVI et Barack Obama réduisent l’un comme l’autre le destin juif à la Shoah, en même temps qu’ils transfèrent aux Arabes dits « palestiniens » les attributs historiques du peuple juif et d’Israël.

Le pape centre symboliquement sur Yad Vashem sa visite aux Israéliens. A Bethléem, dans son adresse aux Arabes, l’homme à la kippa blanche recourt au registre du religieux, notamment lorsqu’il compare ses auditeurs à la « Sainte Famille » fuyant le Massacre des Innocents. Dès lors, les Juifs sont revêtus de l’habit d’Hérode, l’assassin d’enfants. Les Arabes palestiniens, frustrés de la terre de « leurs ancêtres », deviennent le peuple autochtone chassé de chez lui. De la part d’un pape qui affirmait vouloir dialoguer avec les Juifs, une pareille falsification est bien singulière. On est loin du message de son prédécesseur aux « frères aînés ». Quiconque souhaite nourrir son intellect d’autre chose que les commentaires débiles que nous propose la presse française politiquement correcte, pourra découvrir avec intérêt l’analyse de Shmuel Trigano ainsi que celles de Michel Darmon et de Michel Gurfinkiel.

Dans ce discours du pape comme ailleurs, c’est le signe juif, sans cesse invoqué, le destin juif pris comme référence. Les Juifs sont « mis au centre », mais pour disparaître complètement au bénéfice des autres – en l’occurrence, des « Palestiniens » que l’on cherche aujourd’hui à substituer aux Juifs. On retrouve précisément ce phénomène à l’œuvre dans les propos délirants d’un sémiologue bobo que j’ai récemment analysés (mon article du 4 avril dernier) en faisant remarquer que leur publication au sein même de la revue Controverses était incongrue.
 

Du Caire à Buchenwald

De même, dans son discours du Caire, Obama assimilera le destin juif et Israël à la Shoah (par ailleurs, la symbolique d’un voyage présidentiel « du Caire à Buchenwald » laisse perplexe) pour évoquer immédiatement après ce qui apparaîtra dès lors comme l’équivalent pour les « Palestiniens » : la souffrance en « quête d’un territoire », la « douleur de la dislocation » et « l’occupation » (il ira même jusqu’à qualifier leur terrorisme de « résistance »).

Au plan géopolitique, Obama définit lui-même « le monde musulman » en tant qu’interlocuteur de l’Amérique et de l’Occident, lui conférant ainsi un statut inédit. Par ses références historiques douteuses et erronées, il adopte pleinement le point de vue arabe. En faisant suivre le nom de Mahomet de l’expression consacrée « que la paix soit sur lui », il parle en musulman. La Dawa semble d’ailleurs imprégner son discours d’un bout à l’autre.

Comme l’a fait remarquer Jean-Pierre Bensimon, le président Obama prétend imposer à Israël des réalisations dont son administration et lui-même ne peuvent ignorer qu’elles sont impossibles : stopper la croissance naturelle des implantations juives, permettre la création d’un État arabe en Judée-Samarie et adhérer au Traité de (non-)prolifération nucléaire. Dès lors, la question se pose de savoir pourquoi l’administration américaine fixe des objectifs non atteignables. Que veulent réellement les Américains ? S’il s’agit de faire tomber le gouvernement de coalition de Benyamin Netanyahu, on peut se demander dans quel but, puisque cela ne changerait rien à cette impossibilité. S’il s’agit de faire plaisir aux dirigeants arabes, c’est pour mieux les décevoir sous peu. Autre hypothèse, Obama sait qu’il aura besoin d’un coupable à désigner au moment où, d’ici quelques mois, il devra se justifier de n’avoir pas empêché l’Iran de devenir une puissance nucléaire.

A propos du discours du Caire, on trouvera des analyses autrement plus intéressantes que celles de la presse française dans les articles de Guy Millière, de Charles Krauthammer, de Caroline Glick et d’Anne Bayefsky.
 

« Les Juifs n’existent pas »

Le troisième phénomène emblématique de l’idéologie du post-modernisme est la thèse de Shlomo Sand selon laquelle « les Juifs n’existent pas ». Ce livre a reçu le prix des journalistes français (le Prix Aujourd’hui), ce qui montre le degré actuel de dépravation morale de la presse française.

Si Shlomo Sand nie le peuple juif, c’est naturellement pour pouvoir nier Israël. La négation du Juif comme peuple est ce qui permet d’en faire l’ennemi des peuples, et par-dessus tout l’ennemi de ce dont on veut faire le modèle en termes de peuple, le peuple par excellence : les « Palestiniens », qui deviennent chez Sand (comme chez Benoît XVI mais de façon plus explicite encore) les véritables descendants des Hébreux ! On n’arrête pas le progrès dans l’ignominie. 

Shlomo Sand relève d’un phénomène analysé dans le n°4 de Controverses, « Les alterjuifs ». Un « alterjuif », c’est un Juif qui bâtit sa carrière et son succès sur le discrédit qu’il jette publiquement sur sa minorité d’appartenance, tout en adoptant cette posture « en tant que juif », au nom de ce qui serait « une autre voix juive ». L’émergence d’intellectuels israéliens adoptant une posture analogue comme Shlomo Sand, pourtant issus d’une majorité dominante et non d’une minorité dominée, apparaît à Shmuel Trigano comme énigme.

Et si les Juifs israéliens se voyaient non pas comme une majorité dans leur pays, mais plutôt comme une minorité au sein d’un univers à plus grande échelle ? L’Israélien, contrairement au Français ou à l’Américain par exemple, n’a pas un seul jour la possibilité d’oublier que le monde ne s’arrête pas aux frontières de son pays (à peine plus de vingt mille kilomètres carrés, dont la moitié est désertique). Dès lors, la condition du Juif israélien, avec tout ce qu’elle peut inspirer comme déviations, ne serait pas fondamentalement différente de la condition du Juif en diaspora (là, c’est ma propre réflexion).
 

Le Juif, un obstacle à la bonne marche du monde ?

Aujourd’hui, la reconnaissance de ce que les Juifs ont subi est précisément ce qui permet de les nier en tant que peuple ayant droit à sa terre et à son État. Les Juifs se sont sans doute trop souvent laissé enfermer dans cette commémoration quasi universelle de la Shoah, dont la surenchère leur échappe et leur est en même temps reprochée. Plus généralement, les notables juifs et les organisations juives ne véhiculent pas une définition positive de la judéité. Tout se passe comme si les Juifs n’étaient juifs qu’à cause d’Hitler et s’en excusaient. Aujourd’hui, le monde aime les Juifs victimes du nazisme, c’est-à-dire les Juifs morts, alors qu’Israël est tout ce qui reste d’un destin positif et non tragique (Trigano).

Le président Chirac a été l’exemple même d’une personnalité qui rendait aux victimes de la Shoah un hommage d’autant plus appuyé qu’il se sentait autorisé, d’un autre côté, à cracher sa haine à la face des Israéliens en maintes occasions et à encourager les mystifications les plus abjectes. Quand Chirac a honoré les Justes, on pouvait dès lors se demander ce qui allait suivre (Bensimon). De même, quand Obama rend hommage aux victimes de la Shoah, il éprouve le besoin, pour la suite des événements, de montrer qu’il a « les mains blanches ». Concernant ladite suite, on peut donc s’attendre au pire.

Se demandant pourquoi Israël « dérange » autant, Sidney Touati a mis l’accent sur une probable mutation en cours des structures de pouvoir dans la société humaine, qui expliquerait que le Juif revienne au centre des débats. Pourquoi Israël dérange-t-il par exemple l’Algérie ou le Soudan ? Ce qui est en jeu, c’est le système de pouvoir : la religion n’est convoquée que pour asseoir la domination des féodaux arabes.

La souveraineté de l’individu, apport de la Révolution française, s’est trouvée remise en question au moment de l’émergence du fascisme. Or, la responsabilité de l’individu est un concept qui vient du judaïsme. Ce n’est pas par hasard si, à l’époque du fascisme et du nazisme, c’est bien le Juif qui a été désigné comme le gêneur, comme l’obstacle à la bonne marche du monde. Le taux d’abstention record des dernières élections européennes inspire à Sidney Touati cette idée que le pouvoir, ne pouvant plus asseoir sa légitimité sur les individus, rechercherait désormais cette légitimité auprès des groupes, des communautés, des ethnies. C’est dans ce contexte que s’expliquerait le phénomène actuel de communautarisation que le président Sarkozy, par exemple, semble promouvoir au lieu de le combattre. A l’échelle internationale, nous assistons aussi à l’émergence des ONG comme « machines à gouverner ».

En ce qui concerne l’attitude des gouvernants américains face aux Juifs et à Israël, il convient de dénoncer le mythe de leur bonne disposition à l’égard des Juifs – qui fait bon marché du refus de bombarder les accès des camps d’extermination – et celui de la grande amitié des États-Unis pour Israël. Jean-Pierre Bensimon rappelle que George W. Bush, jusqu’au 11 septembre 2001, avait interdit la livraison à Israël de pièces de rechange pour ses hélicoptères, sous le prétexte des éliminations ciblées. C’est le même G.W. Bush qui, en 2006, a légitimé implicitement le Hamas en faisant en sorte que celui-ci puisse participer à des élections organisées en application d’accords que ce même Hamas ne reconnaissait pas. Israël s’est aussi retrouvé à la fin de la liste des priorités de l’OTAN pour la livraison d’avions de combat. Peut-on s’attendre à ce que les Américains, ayant privilégié les enjeux stratégiques d’une politique arabe, entérinent la disparition d’Israël ? Selon J.-P. Bensimon, les États-Unis ne peuvent cependant pas « se payer ce luxe ». On peut craindre cependant que l’objectif de la nouvelle administration soit de parvenir à faire d’Israël un bouc émissaire tout en ménageant l’opinion publique américaine.


La génétique au secours de la raison

La parole ayant été proposée à la salle, un auditeur est intervenu pour défendre le livre de Shlomo Sand, avec deux arguments aussi lamentables que lui : tout d’abord, ce livre était agréable à lire. On conviendra qu’à ce compte, un certain nombre de fables et de mystifications devraient être prises pour argent comptant. L’autre argument était que les Juifs ne sont pas une race. Dans le n°11 de la revue, G.-E.Sarfati explique que cet argument trahit une conception essentialiste et que les Juifs sont un peuple précisément parce qu’ils ne sont pas une race. Mais surtout, c’était compter sans la présence dans la salle du généticien Marc Fellous, qui a complété la réponse de Shmuel Trigano en rendant compte de ses propres travaux. Ayant procédé à une étude comparative des gènes des quatre groupes ethniques présents sur l’île de Djerba, Noirs, Arabes, Berbères et Juifs, Fellous a constaté que les Juifs, contrairement aux Arabes et aux Berbères, ne s’étaient pas mélangés au reste de la population. Mais surtout, comparant leur ADN à celui des Juifs d’Europe, il a établi que d’un point de vue statistique, les Juifs de Djerba étaient génétiquement plus proches des Ashkénazes que des Berbères. C’est la preuve que les Juifs proviennent bien d’une source commune extérieure à leurs pays de résidence, ce qui infirme la thèse malhonnête de Shlomo Sand. On ne sera qu’à moitié surpris d’apprendre qu’à ce jour, aucun journal français n’a accepté de publier l’article de Fellous (en revanche, l’infâme ouvrage de Sand est un best-seller).

Les autres interventions du public n’ont guère été brillantes. Certes, c’est aux imbéciles que l’humilité fait défaut, mais pourquoi des imbéciles viennent-ils écouter des orateurs de ce calibre ? Je me suis dit qu’une conférence-débat, finalement, c’était un peu comme un concert à la fin duquel les musiciens proposeraient aux auditeurs qui le désirent de venir compléter le programme (on imagine le désastre).




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Une liste « antisioniste » aux prochaines élections européennes, c’est la résurgence sur la scène politique française et européenne, pour la première fois depuis des temps que l’on croyait révolus, d’un antisémitisme affiché et racoleur.
Impossible de ne pas penser à l’affiche électorale d’un certain Adolphe Willette, « candidat antisémite » à Paris en 1889.

Nos responsables politiques se sont apparemment posé la question de savoir s’il était possible d’interdire une telle liste. Plus qu’apparemment, ils ont conclu par la négative. C’est déjà consternant.

Il y a, bien entendu, ce refus d’admettre que le vocable « antisionisme » ne recouvre rien d’autre que la haine des Juifs et que l’emploi de ce terme ne sert qu’à contourner les dispositions juridiques censées en interdire l’expression.

Observons l’affiche électorale de cette liste nauséabonde. Il ne peut échapper à personne que le personnage de gauche, avec sa barbe et son chapeau noir, est censé être un rabbin. Au premier abord, on peut penser que le triste sire qui dirige cette liste, un certain M’Bala (bis), y a placé un Juif, et qui plus est un rabbin, pour qu’on ne puisse pas dire que cette liste est antisémite ni que le judaïsme est visé.

Ce « rabbin », est le seul des quatre personnages à ne pas avoir son nom inscrit sur l’affiche. Quatre hommes sur la photo, trois noms seulement en légende. En d’autres termes, le « Juif » subit un traitement particulier, un traitement qui lui est réservé.

L’antisémitisme, c’est très exactement cela : réserver au Juif un traitement particulier. A qui chercherait encore une preuve d’antisémitisme, en voici une belle.

En ce qui me concerne, je doute que, dans la conception de cette affiche, l’on ait simplement voulu inclure un « rabbin » qui se proclame « antisioniste » pour signifier qu’on est « antisioniste et pas antisémite ». Observons bien la photo : l’homme sans nom est tout de même en retrait par rapport aux trois autres personnes.

Une autre interprétation peut donc être envisagée. Nous avons au premier plan trois candidats dont le programme est présenté comme la lutte contre un ennemi. Et cet ennemi, c’est le personnage situé pour ainsi dire à l’arrière-plan.

En 1889, M. Willette avait écrit sur son affiche : « (…) Il n’est pas question de religion, le Juif est d’une race différente et ennemie de la nôtre. Le judaïsme, voilà l’ennemi ! »

Ici, c’est le « sionisme » qui est censé être l’ennemi.

Ici non plus, « il n’est pas question de religion. »

Vraiment ?

Mais, au fond, qu’importe ? Vraiment, quelle différence ? 

Il s’agit d’une affiche officielle, qui figurera devant tous les bureaux de vote. Ce qui signifie, bien entendu, qu’elle est agréée par les autorités gouvernementales. Cela se passe en France, en 2009.




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par Phyllis Chesler (traduit de l'anglais par Marcoroz)

Article paru sur le site Pajamas Media le 18 mai 2009

http://pajamasmedia.com/phyllischesler/2009/05/18/the-blood-libels-at-national-geographic-magazine-the-planet-friendly-purveyer-of-anti-christian-anti-american-and-anti-israeli-biases/


Les menaçantes manifestations de rue contre Israël, les résolutions anti-israéliennes rageuses de l’ONU, les appels obsessionnels au boycott d’Israël dans les universités occidentales, la succession incessante des gros titres condamnant Israël dans les médias du monde entier font maintenant partie d’un train-train habituel auquel participent surtout les jeunes et les fanatiques. La plupart des citoyens y font à peine attention. Ils se préoccupent plutôt de leurs emplois, de leurs prestations sociales, des frais de scolarité de leurs enfants – ou bien de l’ascension et de la disgrâce des stars dont la vie décadente les distrait de leurs propres petites misères ordinaires.

Ce qui m’inquiète davantage, ce sont les spectacles qui influencent insidieusement et inexorablement l’opinion publique, les films qui présentent les dictateurs et les terroristes arabes sous des traits séduisants et qui diabolisent les soldats, les “colons” et les hommes politiques israéliens. Progressivement, de façon presque imperceptible, l’homme de la rue a ainsi fini par croire que le monde musulman est pacifique, accueillant et sûr, que ses aspects « rudes » s’expliquent par le fait qu’il s’agit de peuples ayant été opprimés par les Européens, que le terrorisme islamique a sans doute été provoqué par l’invasion de l’Afghanistan, de l’Irak et du Pakistan par les États-Unis, qu’une grande partie de tout cela est la faute d’Israël – ou plus exactement, que la plupart de ces problèmes pourraient être résolus aujourd’hui si seulement l’Amérique sacrifiait Israël au nom de la paix mondiale et de sa propre survie.

Prenons le fameux magazine National Geographic, qui fait la promotion de la protection de la planète et qui revendique près de huit millions de lecteurs. Par suite d’un abonnement cadeau, je le reçois régulièrement. Parfois je l’ouvre, souvent je ne l’ouvre pas. Tant de belles photos brillantes, si peu de temps. Mais le dernier numéro a attiré tout de suite mon attention, à cause du titre en couverture « L’Exode chrétien de la Terre Sainte ». Par exemple, me suis-je dit, ce magazine ami des animaux a « compris un truc » ! Un espoir s’éveillant en moi, je suis allée lire l’article intitulé « Les fidèles oubliés : les chrétiens arabes. »

Voici ce que dit cet article : pour l’essentiel, il rend les croisés, les chrétiens américains et Israël (!) responsables de la persécution et de la disparition des chrétiens arabes au Proche-Orient. Je n’aurais pas pu l’inventer. Les mensonges, les omissions, le parti-pris, tantôt insidieux tantôt manifestes, y sont stupéfiants. Par exemple, cet article, rédigé par Don Belt, n’explique pas pourquoi il y a eu des croisades – à savoir, pour empêcher que les Arabes chrétiens soient assassinés ou convertis de force par les musulmans. Toujours est-il que selon Belt, « l’ironie est que c’est pendant les croisades (1095-1291) que les chrétiens arabes, assassinés par les croisés en même temps que les musulmans et pris entre les tirs croisés de l’Islam et de l’Occident chrétien, ont commencé ce long et progressif déclin vers le statut de minorité. »

Là, il y a quelque chose qui ne va pas. Comment Belt en arrive-t-il à occulter la conquête arabo-musulmane d’un Orient chrétien et juif ? Selon l’éminente spécialiste Bat Ye’or, par exemple (citée par Andrew Bostom dans son excellent ouvrage The Legacy of Jihad),

« Abou Bakr entreprit l’invasion de la Syrie (Syro-Palestine) que Mohammed avait déjà envisagée (…) la région de Gaza tout entière, jusqu’à Césarée, fut mise à sac et dévastée durant la campagne de 634. Quatre mille paysans juifs, chrétiens et samaritains qui tentaient de défendre leurs terres furent massacrés. Les villages du Néguev furent pillés par Amr B. al As (…) dans son sermon de Noël de l’an 634, le patriarche de Jérusalem, Sophronius, se plaignit de l’impossibilité de se rendre en pèlerinage à Bethlehem (…) Sophronius, dans son sermon du jour de l’Épiphanie de l’an 636, déplora la destruction des églises et des monastères, le pillage des villes, les champs dévastés (…) des milliers de gens périrent en 639, victimes de la famine provoquée par ces destructions. Selon le chroniqueur musulman Baladhuri (m. en 892 ap. J-C), 40 000 Juifs vivaient dans la seule ville de Césarée au temps de la conquête arabe, après laquelle toute trace d’eux fut perdue. »

Se fondant sur des sources savantes, Bostom raconte de façon méthodique et exhaustive le pillage systématique, par les musulmans arabes, de l’ensemble du Proche-Orient accompagné de l’asservissement et de l’assassinat des chrétiens et des Juifs. Ce que Don Belt oublie de mentionner, même de façon subsidiaire, c’est que la persécution des chrétiens par les musulmans arabes pendant plus de quatre siècles est précisément ce qui a entraîné les croisades.

Certes, certains califes se montrèrent parfois cléments envers leurs populations dhimmies ; un gouverneur égyptien accorda l’asile au grand savant et philosophe juif Maïmonide, lequel n’en fuyait pas moins les musulmans d’Espagne. Maïmonide devint son médecin particulier. Le Sultan turc accorda l’asile à Donna Gracia HaNasi, cette femme fabuleusement riche qui fuyait les persécutions perpétrées par les catholiques en Espagne et au Portugal. Mais pour l’essentiel, les Juifs menèrent une existence extrêmement misérable et précaire et ils furent régulièrement assassinés, emprisonnés et rançonnés ou exilés et virent leurs biens confisqués. La plus grande histoire de réfugiés du Proche-Orient, jamais racontée à ce jour, est celle des Juifs des pays arabes fuyant les persécutions dont ils étaient victimes de la part des musulmans.

Aujourd’hui même [le 18 mai 2009], M. Naguib Gibraeel, président de l’Union égyptienne de l’Organisation des droits de l’Homme (EUHRO), a écrit à la première dame d’Egypte pour exiger une intervention d’urgence « afin de sauver les chrétiens d’Egypte de l’islamisation forcée ».

Mais continuons. Après avoir reproché aux croisés (!) d’avoir assassiné les Arabes chrétiens par mégarde, Belt poursuit en accusant l’Israël actuel (!) de persécuter les chrétiens. Sans jamais mentionner le fait que les terroristes palestiniens aient pris l’habitude de transformer les églises les plus sacrées en W.C., d’y entreposer des armes et d’y séquestrer des otages, Belt cite un chrétien arabe de Bethléem attribuant la responsabilité de ses malheurs au « mur géant (israélien) » et à une bureaucratie israélienne lui interdisant de vivre avec sa femme, citoyenne israélienne, à Jérusalem.

Cela ressemble à l’apartheid en Afrique du Sud, non ? Ce qui est totalement occulté, c’est l’épouvantable réalité du terrorisme et des fabriques de propagande et d’incitation à la haine qui existent dans les villes et les villages de toute la Judée-Samarie – des villes et des villages qui sont entièrement « judenrein ». Les Juifs ne peuvent pas s’y rendre alors même qu’ils y ont des lieux saints et les chrétiens ne peuvent plus se rendre sans risque sur les leurs, ces lieux de culte étant sous domination musulmane. Ce n’est donc que pour des raisons de sécurité que les autorités israéliennes, si décriées, imposent des restrictions aux voyageurs. Ces restrictions n’ont rien à voir avec la couleur de peau ni avec la religion. Le gouvernement israélien a d’ailleurs laissé au Waqf islamique le contrôle total du Mont du Temple et du Dôme du Rocher à Jérusalem. Aucun gouvernement arabe ni palestinien n’a jamais laissé aux chrétiens ni aux juifs le contrôle total des lieux saints chrétiens et juifs. Au contraire, ils ont pillé et détruit ces lieux, ils ont parfois construit des mosquées par-dessus, ils ont interdit aux chrétiens et aux juifs de prier dans les ruines et dans les bâtiments laissés intacts, ou leur ont parfois permis d’y prier mais à leurs risques et périls.

Les autorités israéliennes privent-elles d’eau, réellement, un quartier arabe chrétien ? D’après mes sources, il n’existe même pas de quartier arabe chrétien à Jérusalem et l’eau n’y est jamais coupée pour être redirigée vers « les implantations » : qu’est-ce donc que cet appel au meurtre auquel Belt se livre ? Bien sûr, selon l’informateur de Belt, ces barbares d’Israéliens couperaient l’eau exprès le dimanche de Pâques dans un secteur non précisé afin que « Marc » (ce n’est pas son vrai nom, mais l’information qu’il donne n’est pas davantage vraie) ne puisse pas laver sa voiture avant d’emmener sa famille à l’église.

Après les croisés et les Israéliens, le troisième groupe que Belt rend responsable de la disparition des chrétiens arabes de la Terre Sainte, ce sont… les chrétiens américains ! Belt cite Razek Siriani, qui travaille pour le Conseil des Églises du Moyen-Orient à Alep, en Syrie. Voici ce que déclare Siriani, (sous la contrainte, pourrais-je ajouter) :

« Nous sommes complètement dépassés et submergés de protestations », déclare-t-il. « Les chrétiens occidentaux ont aggravé la situation », affirme-t-il, se faisant l’écho d’un sentiment exprimé par un bon nombre de chrétiens arabes. « C’est à cause de ce que les chrétiens en Occident, menés par les Etats-Unis, font en Orient », ajoute-t-il, dénonçant les guerres en Irak et en Afghanistan, le soutien américain à Israël et les menaces de « changement de régime » de l’administration Bush. « Pour beaucoup de musulmans, et surtout pour les fanatiques, cela ressemble à une répétition des croisades partout, à une guerre contre l’islam menée par la chrétienté. Du fait que nous sommes chrétiens, ils nous voient aussi comme leur ennemi. Nous sommes coupables par association. »

Apparemment, aussi bien Don Belt que Razek Siriani semblent totalement ignorer que dans ces régions, le djihad, le génocide et l’apartheid religieux ont toujours été la spécialité de l’islam et la marque d’un impérialisme musulman caractérisé par l’esclavage, le vol et le pillage.

Belt trouve donc le moyen de condamner les croisés, puis les Israéliens, puis les chrétiens américains qui sont pro-israéliens et qui, de façon bien compréhensible, seraient considérés par les musulmans, gens tout à fait pacifiques et amicaux, comme les nouveaux croisés. Belt va plus loin. Il rend les chrétiens libanais, qui se sont défendus contre les gangsters et terroristes palestiniens, responsables de la recrudescence des attitudes antichrétiennes dans le monde musulman. Il présente les chrétiens libanais comme de dangereux hommes en armes, or on ne voit aucune photo des hommes du Hezbollah et de l’OLP, bien mieux armés encore et ô combien plus dangereux, qui ont terrorisé le Liban et qui l’ont occupé.

Belt va plus loin encore : il nous montre une foule de fidèles chrétiens rassemblés le dimanche de Pâques à Jérusalem, à l’Église de Toutes les Nations, près du jardin de Gethsémani, en train de piétiner quasiment Nadia, une mère chrétienne arabe israélienne (la femme de ‘Marc’) et son bébé dans sa poussette, comme des barbares. Ces pèlerins étrangers (venus d’Europe, des États-Unis, d’Amérique du Sud et d’Afrique) n’ont tout simplement pas vu qu’il y avait un bébé dans une poussette et ils se sont mis à se pousser avec acharnement vers ce qu’ils croyaient être un espace laissé vacant. Quand Nadia a tenté de se sortir de là, ces mêmes affreux chrétiens « n’ont pas su réagir en voyant cette frêle femme arabe se diriger dans la mauvaise direction (…) » Nadia s’exclame : « Vous voyez comment c’est ? (…) c’est chez nous. Et c’est comme si nous n’existions même pas. »

Est-ce que ni Belt ni Nadia n’ont jamais entendu parler de la façon dont les pèlerins musulmans piétinent à mort leurs semblables quand ils tournent autour de la Kaaba, à la Mecque ? Pourquoi ce quasi piétinement impliquerait-il un complot chrétien ou israélien ?

Quels sont les seuls à ne pas être « accusés » ni rendus responsables, ou si peu, de la persécution des chrétiens hier et aujourd’hui, une persécution ayant provoqué une diminution considérable du nombre de chrétiens au Moyen-Orient ?

Les musulmans, bien sûr, qui selon Belt auraient toujours vécu en paix avec les chrétiens et les juifs au Moyen-Orient. Belt nous montre même des scènes touchantes de musulmans priant sur des lieux de pèlerinage chrétiens pour que se produisent des miracles. En Syrie, Belt cite une mère, Miriam, dont la famille « était chrétienne » (on se demande pourquoi ils se sont convertis) et qui, aujourd’hui, déclare : « Je crois en les prophètes : musulmans, juifs et chrétiens. Je crois en Marie, je suis venue ici pour que mon fils guérisse. » Belt présente les conversions forcées à l’islam comme des choix anodins et libres, pour des raisons en partie économiques et souvent « pour avoir un lien plus personnel avec Dieu » par opposition à un lien possible uniquement via une médiation en raison des « hiérarchies oppressives de l’Église byzantine. »

Le magazine National Geographic serait-il passé sous la dépendance juridique ou financière de l’Arabie saoudite ou de l’Iran ? Je me pose cette question parce que, de façon frappante, sa ligne politique en ce qui concerne le Moyen-Orient semble similaire à celle de ces deux régimes.

Alors, vais-je adresser un courrier de protestation à National Geographic ? Non, car CAMERA (Committee for Accuracy in Middle East Reporting in America) s’en charge depuis 1996. Je ne le savais pas, mais ayant lu l’article de Belt, j’ai commencé à rechercher les articles que National Geographic avait déjà publiés sur le Moyen-Orient. J’ai ainsi appris que CAMERA avait analysé les partis-pris de ce magazine et avait déjà demandé à ses responsables de reconnaître que leurs travaux étaient incorrects, faux, très tendancieux et carrément bourrés de mensonges. CAMERA leur a indiqué les articles et les passages en question, et à chaque fois, ils ont maintenu leur version des faits et ont refusé d’y apporter le moindre changement, de se remettre un tant soit peu en question, de s’excuser et d’écrire des articles ne comportant pas un parti-pris anti-israélien flagrant.

Toutefois, j’espère que mes lecteurs, avant de renoncer à leur abonnement, écriront au magazine pour protester contre ces appels au meurtre et contre cet article incroyablement anti-américain, antichrétien et anti-israélien de Belt.

Un courrier peut être envoyé à l’adresse suivante :

Chris Johns, Editor in Chief
National Geographic
711 5th Ave.
New York, NY 10022, États-Unis
ngsforum@ngm.com



Phyllis Chesler est professeur émérite en Psychologie, en Etudes Féminines et en Psychothérapie à la City University of New York, expert près les tribunaux et auteur d'une douzaine d'ouvrages dont le best-seller mondial
Les femmes et la folie (Payot, 1975, rééd. 2006) et Le nouvel antisémitisme
(Eska, 2005).


Avec l'aimable autorisation de l'auteur

© 2009 - Phyllis Chesler
 
© 2009 - Marcoroz pour la traduction

 


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Extraits des Commentaires...


Comme vous l'écrivez dans votre premier article : rigueur, concision et pas de langue de bois. Bravo. (Spqr)

Toujours très pertinent. (HerbeDeProvence)

Beau, frais, lumineux comme ces rayons de soleil au matin pour nos yeux. Merci. (Pierre)

Ton site présentant une information dure et l’autre plus légère, le tout avec un solide sens éthique, est très agréable à parcourir. Bravo. (Gilles F.)

Cela te ressemble, comme toujours. Mots justes, finesse et perspicacité. (L'étoile)

Je lis toujours avec intérêt tes articles. (Finipe)

Un blog parmi d’autres, mais d'excellente tenue, tant sur le fond que sur la forme : ton juste, sans emphase, sans complexe non plus. Et ferme défenseur d’Israël, ce qui ne gâche rien. (Menahem Macina)

Marcoroz merci mille fois de nous avoir fait decouvrir Yashiko. (Esther)

Impeccable ton blog. (Trumpeldor)

 

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